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Les pays du Maghreb face au changement climatique


Confrontés à des crises économiques, les pays méditerranéens de la rive Sud ont réagi différemment à la problématique du réchauffement climatique. À l'occasion des 7e rencontres internationales de Cybèle organisées par l’association Euromed-IHEDN, deux spécialistes détaillent les stratégies des États.


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Henry Marty-Gauquier et Farid Yaker demandent aux politiques de s'impliquer dans le changement climatique (photo F.Dubessy)
Henry Marty-Gauquier et Farid Yaker demandent aux politiques de s'impliquer dans le changement climatique (photo F.Dubessy)
MAGHREB. "Le positionnement en matière d'énergies renouvelables diffère dans chaque pays " précise Farid Yaker, administrateur d'un programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), lors des 7ème rencontres internationales de Cybèle organisées par l’association Euromed-IHEDN, jeudi 9 juin 2016 à Marseille.

Leur réaction face au changement climatique se différencie par la nature même des économies de ces pays. L’Algérie est un pays mono-exportateur, le pétrole représente 97% de ses exportations tandis que la Tunisie se tourne davantage vers le monde agricole avec une culture de l'olivier pesant 40% du PIB agricole. Quant au Maroc, il a su diversifier son économie avec notamment l’agriculture, le tourisme, mais aussi le phosphate. 

L’Algérie et la Tunisie affrontent des crises économiques importantes avec les réserves de devises algériennes qui fondent et l'augmentation de la température de 2° qui menace de détruire 50% des champs d’oliviers tunisiens.

Faire face aux changements climatiques

Jean-François Coustillière, président de l'Association Euromed IHEDN et organisateur des 7e rencontres de Cybèle (photo F.Dubessy)
Jean-François Coustillière, président de l'Association Euromed IHEDN et organisateur des 7e rencontres de Cybèle (photo F.Dubessy)
Le Maroc a pris conscience du problème plus tôt que ses voisins. "Les énergies renouvelables deviennent moins chères que l’énergie fossile, le solaire devient de plus en plus compétitif. Cela va avantager le Maroc qui s’inscrit dans des dispositifs de coopération dans les énergies renouvelables " détaille Farid Yaker. Pour Henry Marty-Gauquié, directeur honoraire de la BEI (Banque européenne d’investissement), "il faut réviser toutes les politiques : publiques, énergétiques, industrielles, d'aménagement du territoire et agricoles. Le seul pays du Sud de la Méditerranée à avoir eu cette vision d'ensemble c'est le Maroc. "
 
L’ONEE (Office nationale de l’électricité et de l’eau potable au Maroc) a mis en oeuvre, en juillet 2015, un programme « Engineering procurement and construction » qui prévoit la création de trois centrales photovoltaïques. En février 2016, une usine Siemens s’implantait dans le pays avec la volonté de construire cinq centrales éoliennes. 
 
L’Algérie et la Tunisie ont commencé depuis peu à réfléchir au réchauffement climatique. Le président algérien Abdelaziz Bouteflika annonçait en février 2016 que le pays plaçait en priorité nationale les énergies renouvelables. En cause, la chute du prix du pétrole et de 70% des recettes de devises. "L’Algérie doit être capable de produire autre chose que des hydrocarbures, mais cela risque de prendre une dizaine d’années avant que le pays ne puisse diversifier son économie " affirme Farid Yaker. "Le gaz et les hydrocarbures sont très subventionnés, ceci retarde le renouvelable. "

Besoins croissants en énergie

"Les besoins croissants en énergie inquiètent les pays du Maghreb " explique Henry Marty-Gauquié. "Moins ils auront d’énergie, moins ils seront capables de lutter face à l’urbanisation qui ne cesse d’augmenter, moins ils auront la possibilité d’agir sur le réchauffement climatique."
 
Du côté de la rive sud de la Méditerranée, la transition climatique va "mobiliser 400 mrds € dans les vingt cinq prochaines années, dont 100 mrds € pour l’énergie " expose Henry Marty-Gauquié. "Alors que pour l’Europe, ce chiffre s'élève à 3 000 mrds €" relativise-t-il.
 
Egalement administrateur de l’OCEMO (Office de coopération économique pour la Méditerranée et l’Orient), il précise que la situation s'avère "préoccupante" dans cette zone. "Ces pays sont peu résistants à la pauvreté, ce qui entraîne un développement de l’économie souterraine, des radicalisations religieuses et une forte mobilité. "

Lire aussi : "N'oublions jamais que les produits du sol dépendent du ciel"
"L’Afrique ne pourra subvenir qu’à 13% de ses besoins alimentaires en 2050"

Ludivine Tur

Lundi 13 Juin 2016

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