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Les pays de l'Europe du Sud font flancher l'euro


La Commission européenne va placer la Grèce sous haute surveillance budgétaire. L'objectif aujourd'hui est bien de préserver la zone euro alors que l'endettement et les déficits de l'Espagne, la Grèce, le Portugal ou encore l'Italie plombent l'Union monétaire qui fait face à sa première grosse crise depuis la mise en place de la monnaie unique en 1999.


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La Grèce doit faire pénitence et réussir sa cure d'austérité (photo F.Dubessy)
La Grèce doit faire pénitence et réussir sa cure d'austérité (photo F.Dubessy)
GRECE / EUROPE. Officiellement, c’est ce mercredi 3 février 2010 que la Commission européenne doit livrer ses recommandations sur le programme d’austérité du gouvernement grec destiné à réduire son déficit de 12,7% du Produit intérieur brut (PIB) à moins de 3% en 2012.

Mais on sait déjà que Bruxelles va mettre en place un processus de surveillance budgétaire exceptionnel afin de s’assurer que le programme est respecté, quitte à demander des mesures supplémentaires afin  de réduire plus fortement les dépenses. Le gouvernement de Georges Papandréou devra ainsi adresser un compte rendu des premiers résultats obtenus le 16 mars 2010, puis un autre en avril et ensuite chaque trimestre.

La Commission, qui n’acceptera aucun retard dans le processus d’assainissement, va également ouvrir une procédure en infraction contre la Grèce, pour lui avoir transmis des statistiques erronées.

Une procédure similaire avait été ouverte en 2004 puis clôturée trois ans plus tard, un peu rapidement au vu de l’explosion de la dette grecque, réévaluée à la hausse fin 2009 pour atteindre 300 mds€ (113% du PIB).

L'euro touché

Cette fois Bruxelles sera d’autant plus vigilant que le problème de l’endettement grec va bien au-delà de son poids économique - la Grèce ne représente que 3% du PIB européen - et fait peser une véritable menace sur l’ensemble de la zone euro.

Les incertitudes sur la capacité de redressement de la Grèce et de ses capacités de remboursement ont fait chuter la monnaie européenne la semaine dernière face au dollar. Et les marchés financiers sont de plus en plus inquiets comme en témoigne l’écart de rendement entre la dette allemande considérée comme la plus sûre de la zone euro et celui de la dette grecque, qui a dépassé 400 points de base la semaine dernière alors que celui du Portugal atteignait 123 points.  

« C’est un sujet économique mais aussi très politique. Au-delà du soutien à la Grèce et plus largement à l’Espagne, l’Italie et le Portugal - autrement dit tous les pays dont la dette est supérieure à 100% du PIB et le déficit budgétaire atteint 7 à 8% - on peut aussi choisir d’aller à marche forcée vers une plus grande union politique européenne qui donnerait enfin un vrai corps à l’Europe et garantirait son union économique et monétaire », remarque Patrice Henri, président du directoire de la Banque Martin Maurel.

Des sacrifices inéluctables

En fin de semaine dernière, José Luis Rodriguez Zapatero, président du gouvernement espagnol, a annoncé un plan d’austérité visant à économiser 50 mds€ d’ici à 2013 sur les dépenses de l’Etat et celles des collectivités. Il veut également proposer de porter de 65 à 67 ans l’âge légal du départ à la retraite. 

De son côté, le Portugal a annoncé que son déficit budgétaire sur 2009 avait dépassé toutes les prévisions pour atteindre finalement 9,3% du PIB. Le gouvernement veut le réduire à 8,3% en 2010 et affirme qu’il parviendra à repasser sous la barre des 3% en 2013.

Ces problèmes budgétaires ravivent les critiques des eurosceptiques qui doutaient il y a dix ans de la capacité de l’Union monétaire à résister face à un gros choc récessif et s’inquiétaient de l’intégration des pays de l’Europe du sud dans la zone euro.

Désormais, le traité de Lisbonne permet à ces pays de sortir de la zone euro s’ils le souhaitent, et de revenir aux bons vieux principes des dévaluations pour regagner de la compétitivité. Mais les risques – avec notamment un renchérissement des taux d’intérêt et une explosion des prix des importations – semblent difficiles aujourd’hui à assumer. Même si le maintien dans la zone euro et le soutien des institutions financières impliqueront des sacrifices considérables pour les gouvernements et les populations concernés.
 
La zone euro compte 16 pays (en rouge) soit 325 millons d'habitants
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Fanny Llorca
Mardi 2 Février 2010

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