Econostrum | Toute l'actualité économique en Méditerranée


            Partager Partager

Les indépendantistes catalans graciés par le pouvoir central, mais pas amnistiés


Le Président du gouvernement espagnol a décidé de gracier les neuf indépendantistes catalans en prison depuis octobre 2019 pour tentative de sédition. Un premier pas vers une réconciliation. English version



Dans son intervention à Barcelone, Pedro Sánchez a fait un premier pas vers la réconciliation entre les Catalans et le gouvernement central (photo : Moncloa)
Dans son intervention à Barcelone, Pedro Sánchez a fait un premier pas vers la réconciliation entre les Catalans et le gouvernement central (photo : Moncloa)
ESPAGNE. Incarcérés depuis octobre 2019 pour tentative de sédition, neuf indépendantistes catalans* vont pouvoir sortir de prison.
Durant l'automne 2017, ils avaient, avec le gouverneur régional Carles Puigdemont, participé à l'organisation d'un référendum d'autodétermination interdit par la justice, puis proclamé l'indépendance de la Catalogne transformée en une République. Le gouvernement de droite d'alors avait alors destitué le gouvernement régional et mis la région autonome sous tutelle.

Pedro Sánchez, Président du gouvernement espagnol, leur a accordé une grâce, mardi 22 juin 2021 en Conseil des ministres. Une annonce dévoilée la veille lors d'un discours à Barcelone. "Le gouvernement a choisi d'ouvrir la voie à la réconciliation et aux retrouvailles", indiquait-il. Condamnés à des peines de neuf à treize ans d'enfermement, les neuf indépendantistes vont donc être exemptés du reste de leur peine. Ils n'en sont pas pour autant amnistiés. Pour connaître leur date de libération, ils devront attendre que la Cour Suprême - auteure de la sentence - recalcule les peines purgées et restantes en fonction des délits graciés.

"La grâce est une mesure pleinement légale et constitutionnelle que la loi autorise pour des raisons d'équité, de justice et d'utilité publique.", précise le Président du gouvernement espagnol. "Pour parvenir à un accord, il faut que quelqu'un fasse le premier pas (...) Je suis convaincu que la sortie de prison de ces neuf personnes, qui représentent des milliers de Catalans, et un message retentissant de la volonté d'harmonie et de coexistence de la démocratie espagnole (...) les attentes de l'avenir l'emportent sur les griefs du passé", assure-t-il.

Rencontre prochaine entre Pedro Sánchez et Pere Aragonès

Les séparatistes continuent de réclamer une amnistie totale. Et ils l'ont fait savoir plusieurs fois en perturbant l'intervention de Pedro Sánchez au Grand Théâtre du Liceu (Gran Teatre del Liceu).

Pour le président de la Generalitat espagnole, Pere Aragonès, "cette décision n'apporte pas de solution à la cause générale ouverte pour l'indépendantisme. C'est une mesure partielle et incomplète." Exigeant une loi d'amnistie et un référendum d'autodétermination à partir de 2023 comme "solution fondamentale au conflit", il n'était pas présent, à l'image de l'ensemble des membres de ses ministres régionaux, lors du discours du Président du gouvernement espagnol. Pere Aragonès conclut cependant de cette allocution que le gouvernement espagnol admet que "défendre et travailler pour que la Catalogne puisse décider librement de sa liberté ne peut jamais être un crime."

Si le Parti socialiste catalan (affilié au parti au pouvoir le PSOE) a remporté les élections anticipées régionales de février 2021ce scrutin avec 23% des suffrages, les indépendantistes catalans ont renforcé leur présence dans l'exécutif régional. Et porté l'un d'entre eux, Pere Aragonès, à sa présidence.

Dans les prochaines semaines, il rencontrera officiellement Pedro Sánchez à la Moncla, siège du gouvernement à Madrid. "Nous n'attendons pas de ceux qui défendent l'indépendance qu'ils abandonnent leurs idéaux, car ceux qui défendent l'union n'abandonneront jamais les leurs non plus. La seule chose que nous demandons est de respecter le pacte constitutionnel. En dehors de la loyauté et de la légalité démocratique, il n'existe pas de place pour la politique", insistait le président du gouvernement espagnol au Gran Teatre del Liceu.

Oppositions à droite et à gauche

De son côté, le président de l'exécutif de Murcie, Fernando López Miras, reproche au gouvernement cette annonce. "Il n'est pas possible que Pedro Sánchez sape la séparation des pouvoirs et affaiblisse l'État de droit simplement pour son intérêt personnel et politique", juge le membre du Parti Populaire (PP - Conservateurs). L'abstention des indépendantistes de l'ERC (gauche républicaine de Catalogne) avait permis au Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) de conserver le pouvoir, lors du vote de confiance en janvier 2020 obtenu de seulement deux voix.

Membre du Parti Populaire (PP- Conservateurs), Fernando López Miras indique d'ailleurs qu'"il n'est pas possible que Pedro Sánchez et le gouvernement central aillent gracier des criminels qui ont essayé de casser, qui ont attaqué l'unité de l'Espagne et qui ont détourné des fonds publics."

En Galicie, Néstor Rego, député du Bloc nationaliste galicien (BGN - Gauche revendiquant l'autonomie) évoque un "geste clairement insuffisant." Selon lui, "l'exercice d'un droit démocratique, tel que le résultat des urnes, ne peut être considéré comme un crime." Néstor Rego en appelle d'ailleurs au respect de "la volonté démocratique du peuple, y compris dans l'exercice du droit au référendum et du droit à l'autodétermination."

Maddalen Iriarte, porte-parole du parti Euskal Herria Bildu (EH Bildu - gauche patriotique) au Parlement basque, se veut plus mesurée, qualifiant les grâces accordés aux indépendantistes catalans d'"étape supplémentaire." Elle affirme n'avoir "aucun doute" que "les Catalans pourront décider de leur avenir librement et démocratiquement."

Dans son discours barcelonais, Pedro Sánchez concluait : "Je ne peux pas concevoir une nouvelle Espagne sans une nouvelle Catalogne au premier plan. Je ne peux pas concevoir l'Espagne sans la Catalogne. La Catalogne ne peut pas non plus être comprise sans le reste de l'Espagne. C'est mon engagement le plus ferme, que j'ai l'honneur de représenter ici aujourd'hui devant la société civile catalane."

* Oriol Junqueras (ex-vice-président de la Catalogne et ancien ministre régional de l'économie et des finances), Raül Romeva (ministre des affaires étrangères et des relations institutionnelles de la Generalitat de Catalogne), Jordi Turull (ministre de la présidence et porte-parole de la Generalitat), Dolors Bassa (ministre du travail et des affaires sociales de Catalogne), Carme Forcadell (ex-présidente du Parlement de Catalogne), Joaquin Forn (ex-ministre de l'Intérieur de la Generalitat), Josep Rull (ex-ministre du territoire et de la durabilité de la Generalitat), Jordi Sánchez (ex-président de l'Assemblée nationale  catalane), Jordi Cuixart (ex-dirigeant de l'ONG Òmnium Cultural).

Mardi 22 Juin 2021

Lu 1411 fois




Dans la même rubrique :
< >

Mercredi 1 Décembre 2021 - 12:35 La Méditerranée confrontée à l'inflation


Droits d'auteur et/ou Droits sur les Dessins et Modèles
Le présent site constitue une œuvre dont Econostrum.info est l'auteur au sens des articles L. 111.1 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. La conception et le développement dudit site ont été assurés par la société Econostrum.info. Les photographies, textes, slogans, dessins, images, vidéos, séquences animées sonores ou non ainsi que toutes œuvres intégrées dans le site sont la propriété d'Econostrum.info. Les reproductions, sur un support papier ou informatique, du dit site et des œuvres qui y sont reproduits sont interdites sauf autorisation expresse d'Econostrum.info.



grand angle

DES TALENTS AU SERVICE D'UNE NOUVELLE ÉCONOMIE


Les IDE de plus en plus sensibles aux ODD


Grand angle






Actus par pays

Voir en plein écran




Suivez-nous
Facebook
Twitter
YouTube
Newsletter



Actus par zones

Algérie Bosnie-Herzégovine Égypte Espagne France Grèce Israël Italie Jordanie Liban Libye Maroc Portugal Syrie Tunisie Turquie Europe MENA




Guide de l'économie 2021



À propos d'Econostrum.info


Econostrum.info est un média indépendant qui traite au quotidien l'actualité économique des pays riverains de la Méditerranée. Coopération économique, actualité des entreprises par secteur (Industrie, Services, Transport, Environnement, Finances), dossiers thématiques, actualité des aéroports, compagnies aériennes et maritimes (nouvelles destinations)... sont traités et analysés par une équipe de journalistes présents dans le bassin méditerranéen.