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Les fonds pour l'innovation compensent une stratégie incomplète de l'État marocain

Spécial 15e FEMIP




Le Maroc a complètement manqué les objectifs qu’il avait fixé en 2009 à sa Stratégie Maroc Innovation. Les porteurs de projets innovants peinent à trouver des financements en particulier aux premiers stades de leur entreprise.


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En juin 2015, l'association marocaine Start Up Your Life a organisé l'évènement Level Up Morocco où de jeunes start-upers marocains ont rencontré des mentors du monde arabe. (photo: SYL)
En juin 2015, l'association marocaine Start Up Your Life a organisé l'évènement Level Up Morocco où de jeunes start-upers marocains ont rencontré des mentors du monde arabe. (photo: SYL)
MAROC. « Près de 80% des entreprises marocaines recourent à l’autofinancement pour développer leurs projets de R&D », affirme Françoise de Donder, déléguée générale de l’AMIC (Association Marocaine des Investisseurs en Capital) s'appuyant sur son rapport 2012 sur l’Etat des lieux du financement de l’innovation au Maroc.
Lancée en juin 2009, la Stratégie Maroc Innovation devait produire 1 000 brevets marocains et permettre la création de 200 start-up innovantes à l’horizon 2014. L'an dernier, seuls 207 brevets ont été déposés à l’Office Marocain de la Propriété Industrielle et Commerciale (OMPIC), autant qu’en 2007.
Entre 2012 et 2014, le royaume a tout de même gagné dix places et trois points sur l’indice de l’innovation réalisé par l’Office Mondial de la Propriété Intellectuelle (OMPI), pour atteindre la 78e place.
 
Fortement critiqué pour sa gestion trop administrative des prêts à l’innovation, le Centre Marocain de l’Innovation a suspendu ses activités depuis près d’un an après n'avoir financé qu'une cinquantaine de sociétés. L'association Réseau Entreprendre Maroc demeure désormais la seule, hors système bancaire, à offrir des prêts aux créateurs d'entreprises.

Dans ce contexte, financer une innovation reste une opération difficile. En dehors de Maroc Numeric Fund (MNF), détenu à 35% par l'Etat et dédié aux start-ups technologiques qui innovent dans les NTIC, les financements publics vont exclusivement aux innovations scientifiques et industrielles. Le Réseau Maroc Incubation et Essaimage offre un appui financier pouvant atteindre 230 000 dirhams (20 980 €) pour l’élaboration de l’innovation. Les porteurs de projets opérant dans le secteur des énergies renouvelables peuvent recourir à l'Institut de Recherche en Energie Solaire et Énergies Nouvelles. L'Iresen gère en 2015 un budget de 50 millions de dirhams (4,5 M€) dédié aux projets associant université et entreprise industrielle.

Les start-ups se tournent vers les acteurs régionaux

Les start-ups du secteur des NTIC, qui font flores actuellement au Maroc, doivent faire preuve d'imagination (love money, crowdfunding...) car seuls les fonds MNF et Oiffa (fonds pour l'agriculture porté par l'Office chérifien des phosphates) sont réellement axés sur l’innovation. « MNF a changé sa stratégie et n’investit plus que dans des sociétés qui ont déjà plusieurs années et qui ont fait leurs preuves », précise cependant Aline, fondatrice de Blue House, espace de coworking pour start-upers près d'Agadir. Eirène4Impact, créé en 2014, et quelques rares business angels marocains complètent ce panorama.

A moyen terme, les acteurs régionaux de soutien aux start-ups pourraient pallier en partie ce manque de financement local. Flat6Labs, Oasis 500, Cairo Angels, Sawari Ventures et Wamda Capital ont déjà manifesté leur intérêt pour le marché marocain. « Nous avons passé deux mois en Jordanie, au sein de Oasis500 où nous avons rencontré des investisseurs. Nous sommes maintenant en phase de discussion », précisait en juillet Yassine Ziad co-fondateur de Sheaply, application facilitant la livraison de colis entre particuliers.
 
Associé du fonds d’investissement hispano-marocain en capital-développement Mediterrania Capital Partners (McapitalP), Hatim Ben Ahmed a investi 100 M€ dans des PME maghrébines depuis 2008, grâce aux financements des grands bailleurs de fonds internationaux. « Lorsque nous avons investi au capital de Cash Plus, le deuxième opérateur marocain de transfert d’argent, nous avons par exemple demandé à des consultants de concevoir un système informatique unique, adapté à la société », explique Hatim Ben Ahmed.

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Lundi 26 Octobre 2015

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