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Les énergies renouvelables réunissent les deux rives de la Méditerranée



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Alaa Ezz (ASCAME) à la tribune lors du « Forum Solaire Méditerranéen » (photo : F. Matéo)
Alaa Ezz (ASCAME) à la tribune lors du « Forum Solaire Méditerranéen » (photo : F. Matéo)
ESPAGNE. Le thème des énergies renouvelables reste finalement très consensuel. D'abord parce que tout le monde s'accorde sur la nécessité de trouver des alternatives aux énergies fossiles, dans la logique des accords de Kyoto, et dans l'optique du sommet sur le changement climatique prévu en 2015 à Paris. L’unanimité sur l'importance de cette question tient par ailleurs à la complémentarité des pays de la Méditerranée sur ce sujet, entre la technologie des pays du nord et les ressources de la rive sud.

C'est dire l'enjeu du « Forum Solaire Méditerranéen », animé par l'Ascame (Association des Chambres de commerce méditerranéenne) dans le cadre de la Semaine méditerranéenne des leaders économiques de Barcelone. Le vice-président de la Banque Européenne d’Investissement (BEI), Philippe de Fontaine Vive, a pu présenter à cette occasion un troisième point de consensus, et pas des moindres : « Ce ne sont pas les financements qui posent problème pour le développement des énergies renouvelables, car tous les bailleurs de fonds concernés son prêts à s'engager sur ce genre de dossier, à commencer par la BEI et la Communauté Européenne, en synergie avec l'Union pour la Méditerranée. » Le représentant de la BEI plaide en revanche pour des législations plus favorables, en appelant de ses vœux l'émergence de projets viables : « Les bailleurs sont à disposition pour assurer le financement des meilleurs options » . Avis aux candidats…

Le Maroc montre l'exemple

Philippe de Fontaine Vive, vice-président de BEI : « Le financement n'est pas un problème » (photo : F. Matéo)
Philippe de Fontaine Vive, vice-président de BEI : « Le financement n'est pas un problème » (photo : F. Matéo)
Ce message plaît à Giles Dickson, vice-président du secteur « Environnement » du groupe Alstom : « La base de notre savoir-faire, c’est évidemment la technologie, mais un projet ne peut aboutir sans aussi un véritable partenariat pour mobiliser les capitaux, et un bon financement, impliquant si possible les États comme garants auprès des bailleurs. » C'est grâce à cette formule que le groupe industriel inaugurera en 2017 la nouvelle centrale solaire d'Ashalim (Israël), dans le désert du Néguev.

Le groupe espagnol Abengoa applique la même "recette" en tant que leader mondial de la technologie CSP (énergie solaire thermique à concentration), du moins lorsque le cadre réglementaire en laisse l'opportunité. « L'existence d'un marché libre est une nécessité vitale pour lancer ce genre de chantier, afin d'assurer une planification à long terme », commente Mariano Vizcaino, chef de projet d'Abengoa Solar. En ce sens, le Maroc montre l'exemple à travers son plan énergétique visant à faire passer la part des énergies renouvelables (solaire et éolienne) de 5 à 12 % en 2020, et d'approcher -voire d'atteindre- 30 % en 2030. Grâce notamment aux cinq grands sites solaires couvrant une surface de 10 000 m², dont celui de Ouarzazate, le premier projet de ce type mis en œuvre en Afrique du Nord. « C'est aussi pour nous une opportunité de créer de nouveaux métiers à haute valeur ajoutée », note Omar Moro, président de la Chambre de Commerce de Tanger. Et également un moyen d'améliorer la balance commerciale à travers les deux lignes dédiées à l'exportation d'électricité qui relient le Maroc et l'Espagne, via le détroit de Gibraltar.  

L’Algérie finance ses énergies renouvelables… avec son pétrole

Mariano Vizcaino (Abengoa) : « L'existence d'un marché libre est une nécessité vitale » (photo : F. Matéo)
Mariano Vizcaino (Abengoa) : « L'existence d'un marché libre est une nécessité vitale » (photo : F. Matéo)
La dépendance aux énergies fossiles reste cependant un frein au développement des énergies renouvelables. Même si l'Algérie a mis en œuvre un programme de développement des énergies renouvelables financé par le prélèvement de 1 % sur… la redevance pétrolière ! Le pays pourra ainsi disposer d'une soixantaine de centrales solaires en 2020. Une politique ambitieuse prévoyant la production de 22 000 MW d'ici 2030, pour couvrir alors 40 % de la consommation d'énergie par des sources renouvelables.


Car, les contingences environnementales obligent à évoluer, comme le note Teresa Ribeiro, en charge de ce thème à l'Union pour la Méditerranée (UpM) : « Le changement énergétique et la sécurité climatique sont des enjeux cruciaux, et si l'on prend conscience des bénéfices des énergies renouvelables, tant pour les pays consommateurs que pour les pays exportateurs, la nécessité d'une coopération renforcée devient une évidence ; le mot-clé, c'est l'interdépendance ». L'UpM entend d'ailleurs être le référent de cette coopération.


Dans ce « nouveau partenariat », également souhaité par Philippe de Fontaine Vive, les pays de la rive sud de la Méditerranée sont voués à devenir de gros producteurs -et exportateurs- d'énergie à la faveur de leur richesse naturelle. Un potentiel résumé en une phrase par Alaa Ezz, de l'Ascame : « Les déserts du Maghreb reçoivent tous les jours autant d'énergie solaire que le monde en consomme en un an ! »

Reste à résoudre le problème des réseaux, car « si l'énergie est dans le désert, les consommateurs sont au Caire et à Barcelone », répond Xavier Vallvé, directeur de la société de conseil catalane Trama TecnoAmbiental ; « Peut-être que la meilleure solution, c'est d'installer des panneaux solaires sur les toits de ces villes plutôt que de transporter l'énergie au risque des perturbations géopolitiques. » Même si, évidemment, une option n'empêche pas l'autre : « Et c'est tout l'avantage des énergies solaires, simples à appliquer et modulables à tous types de projets. » Trama TecnoAmbiental s'intéresse particulièrement aux « mini-réseaux », qui peuvent en ce sens répondre à des besoins spécifiques. Une solution solaire appliquée concrètement pour produire de l'énergie dans un petit village isolé du Maroc, à Akane, jusque là privé d’électricité à cause des coûts trop élevés de raccordement.  


Mardi 2 Décembre 2014

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