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Les bornes Qista partent à l'assaut des moustiques


La borne anti-moustiques Qista de la société aixoise Techno Bam permet d'éliminer les moustiques dans un rayon de soixante mètres en imitant la respiration d'un être humain. Elle s'exporte désormais sur le continent américain.


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La borne Qista protège des moustiques dans un rayon de 60 mètres (photo : Techno Bam)
La borne Qista protège des moustiques dans un rayon de 60 mètres (photo : Techno Bam)
En 2012, Pierre Bellagambi et son futur associé Simon Lillamand lisent une étude concernant le traitement des moustiques de Camargue à partir de larvicides. "Ce produit présenté comme biologique ne devait toucher que les moustiques mais son impact allait jusqu'à la faune insectivore (oiseaux, poissons) avec une chute du taux de natalité jusqu'à 75% sur certaines espèces", commente Pierre Bellagambi. Germe alors l'idée d'un concept : démoustiquer seulement là où le moustique est source de nuisance pour les êtres humains et le laisser tranquille ailleurs pour maintenir la chaîne alimentaire. Restait à concevoir l'outil.

Après des études comportementales sur l'insecte piqueur, "un chasseur hors pair qui vise sa proie en détectant sa respiration et sa transpiration", les deux associés inventent une borne simulant le tout avec des leurres olfactifs et du dioxyde de carbone. L'insecte s'approche, croit piquer mais se trouve aspiré par une cheminée et stocké dans un filet de récolte.

A partir de 2015, un test dans le Parc naturel régional de Camargue, avec le soutien du Conseil régional Provence-Alpes-Côte d'Azur et du Centre de recherche de la Tour du Valat, valide l'instrument baptisé Techno Bam. L'installation de seize bornes anti-moustiques (Bam) au rayon d'action de soixante mètres, dans le village de Sambuc se traduit par une baisse de 88% de la nuisance des moustiques, "nous sommes passés de 15,4 piqûres toutes les 10 mn à 1,7", précise Pierre Bellagambi. Il prouve la sélectivité du dispositif (99,3% des insectes retirés des filets étaient des moustiques). La comparaison entre des nichées de chauves-souris et d'hirondelles dans la zone traitée et sur une autre non traitée, montre également un taux de natalité identique. 

Cap vers l'international

Pierre Bellagambi et Simon Lillamand partent à la conquête des moustiques (photo : Techno Bam)
Pierre Bellagambi et Simon Lillamand partent à la conquête des moustiques (photo : Techno Bam)
Les premiers chiffres d'affaires arrivent : 75 K€ en 2015 et 356 K€ en 2016. Jusqu'en juillet 2016, l'entreprise du Technopole de l'Environnement Arbois Méditerranée près d'Aix-en-Provence, s'auto-finance. Puis, en mars 2017, deux investisseurs industriels participent à une levée de fonds de 500 K€ et entrent dans le capital à hauteur de 12,5%, valorisant la société à 4 M€. L'effet levier de l'arrivée de la Bpi et du ministère de l'Environnement pour 500 K€ vient consolider le développement. Aujourd'hui l'équipe compte six salariés et prévoit un effectif de quarante-cinq salariés dans les cinq ans.

"Nous espérons un chiffre d'affaires de 1,2 M€ en 2017", dévoile Pierre Bellagambi. "Après un peu d'export en Nouvelle-Calédonie et à Tahiti en 2016, nous visons désormais le continent américain - avec un premier contrat signé dans la région de Québec et un autre en prévision à Miami en novembre prochain - mais aussi l'Italie et plus généralement l'Europe", poursuit-il. Le début de l'internationalisation induit un changement de nom pour la borne. "La société reste Techno Bam mais nous communiquons depuis 2017 sur notre nouvelle marque : Qista."

La start-up s'adresse aux particuliers comme aux installations collectives. Les premiers peuvent acheter la borne sur le site de l'entreprise pour 990,90 € avec un "starter kit" comprenant des consommables pour un mois (coût ensuite de 75€ par mois pendant la saison à risque). Le prix pour la BAM destinée notamment aux professionnels du tourisme (hôtels, restaurants, camping) ou de la 3D (Dératisation, Désinfection, Désinsectisation) démarre à 2 500 € et dépend du périmètre à couvrir. "Le marché des collectivités publiques reste plus long à ouvrir. Nous commençons à placer des machines dans des crèches de Marseille, des écoles de Bouc-Bel-Air et Sorgues, la Principauté de Monaco et bien entendu, le village de Sambuc", indique Pierre Bellagambi.

Mercredi 5 Juillet 2017


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