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Les banques grecques aux abois


La fin du mois d'août 2011 aura été propice à de forts bouleversements dans le monde bancaire grec. Ces difficultés minent la confiance des agences de notation et durcit encore les accords de sauvetage de la Grèce par l'Union européenne et le FMI.


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Les banques grecques tentent de maintenir la tête hors de l'eau (photo F.Dubessy)
Les banques grecques tentent de maintenir la tête hors de l'eau (photo F.Dubessy)
GRECE. A l'heure où l'Union européenne, la Banque centrale européenne et le FMI demandent à Athènes d'accélérer ses réformes économiques pour recevoir la sixième tranche du prêt de 110 mrds€ jeudi 1er septembre 2011, les institutions financières affichent un bilan plus que maussade de leurs résultats financiers. En effet, la crise de la Grèce entraîne des répercussions notables sur les banques grecques, mais aussi des polémiques quant aux institutions financières d'autres pays.

Les banques du pays réagissent à cette crise pour maintenir la tête hors de l'eau. Certaines fusionnent d'autres revoient leur stratégie. La banque du Pirée (Piraeus Bank) pour maintenir sa solvabilité a annoncé son intention de vendre sa filiale en Égypte, mercredi 31 août 2011 et annonçait mardi 30 août 2011, une perte de 820 m€ au premier semestre 2011 en raison des provisions pour pertes qu'elle subira lors de l'échange des obligations grecques.

La fusion de la deuxième banque grecque EFG Eurobank, et de la numéro trois, Alpha Bank, lundi 29 août 2011, reflète de l'état financier des banques du pays. “L’opération est conçue pour protéger les deux banques dans la période difficile qui les attend”, soulignait l’analyste Takis Zamanis, interrogé sur la chaîne de télévision Antenna.

Mais la polémique surgit lorsque l'Institut international des normes comptables (IASB ), accuse et affirme que certains établissements financiers auraient dû enregistrer des dépréciations et des provisions plus importantes sur leurs titres de dette souveraine grecque lors de la publication de leurs derniers résultats.

Que peut-on apprendre de ces états de fait et controverses, ces difficultés qui minent la confiance des agences de notation et durçit encore les accords de sauvetage de la Grèce par l'UE et le FMI  ?


Une crise de confiance, de liquidité et trop de provisions

La raison principale du mauvais état financier des banques provient bien entendu de leurs expositions à la dette grecque mais aussi du fait de provisions destinées à couvrir les pertes lors de l'opération d'échange des obligations d'État grecques.

En effet, les banques et assurances privées détentrices de titres émis par l'État grec avaient collectivement accepté de perdre 21% sur leur mise lors du sommet du 21 juillet 2011, dans le cadre d'un plan de sauvetage financier du pays mis sur pied par la zone euro.

Les résultats sont concrets : depuis l'année 2011, Alpha Bank voit son titre reculer de 50% et Eurobank de 51%. Sans ces provisions de 1 mrd€, la banque de Pirée aurait pu réaliser un profit net de 372 M€ sur 2011.

Même la Banque nationale de Grèce (BNG), première banque commerciale du pays, vient d'annoncer mardi 31 août 2011 une perte de 1,31 mrd€ pour le premier semestre 2011. En cause une provision de 1,64 mrd€ pour couvrir les pertes des obligations souveraines grecques qu'elle détient. Sans cette contrainte, la BNG aurait affiché un bénéfice net de 29 M€.

Suivant la tendance générale à la baisse provoquée par la récession du pays, les dépôts ont par ailleurs fondu de 11% sur un an, à 26,35 mrds€ et les prêts se sont tassés de 5%, à 36,65 mrds€.

L'institut international des normes comptables accuse

Dans une lettre adressée à l'Autorité européenne de contrôle des marchés, relayés par le Financial Times, lundi 29 août 2011, l'institut international des normes comptables accuse certaines banques de jouer sur la comptabilité pour baisser la valeur des provisions.

La Royal Bank of Scotland a utilisé des bases de calcul en fonction de la valeur de marché des titres grecs et donc choisit de passer des provisions plus élevées et une décote de 50 %, selon le quotidien britannique. L’IASB estime que les pertes auraient dû être calculées de cette manière-là, en fonction de la valeur actuelle de ces actifs sur le marché obligataire par la méthode dite du "mark to market".

Ou alors, comme ce fût le cas pour la banque BNP Paribas et CNP Assurances, le calcul se fait en appliquant la décote de 21 % visible dans le compte de résultat aux seuls titres éligibles au plan d'échange de dette. Une méthode dite du "mark to model", qui consiste à estimer le prix d’un actif en fonction de modélisations financières selon les estimations de l’International Institute of Finance (IIF), le lobby mondial banquier. L’organisme avait alors estimé la décote des titres grecs à 21%.

Le président de l'IASB, Hans Hoogervorst estimait sous certaines "subtilités comptables" que certaines banques et certains assureurs auraient dû avoir des provisions pour les obligations grecques bien supérieures à ce qu’elles ont annoncé.

Ces polémiques viennent à rappeler la fragilité du secteur bancaire en Europe, dont l’indice de référence, le Stoxx 600 banks, a perdu près de 32% depuis le début de l’année 2011.

Voir aussi : EFG Eurobank et Alpha Bank fusionnent pour contrer ensemble la crise grecque

Jeudi 1 Septembre 2011

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