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Les Régions ne veulent pas d'un repreneur turc pour leurs aéroports de Lyon et de Nice


FRANCE. La reprise des 60% des parts détenues par l'Etat français dans les aéroports de Lyon Saint-Exupéry et de Nice Côte d'Azur, intéresse pas moins de six candidats internationaux pour les deux plates-formes. Les présidents des régions Provence Alpes Côte d'Azur et Auvergne Rhône Alpes refusent que le choix se porte sur le conglomérat turc Limak.


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L'aéroport de Lyon à la recherche de son repreneur (photo Aéroport Lyon Saint-Exupéry)
L'aéroport de Lyon à la recherche de son repreneur (photo Aéroport Lyon Saint-Exupéry)
FRANCE. A la clôture des offres fermes, les candidats à la reprise respective des aéroports de Nice (lundi 20 juin 2016) et de Lyon (lundi 4 juillet 2016) se comptaient onze. Six consortium ont déposé des dossiers pour la plate-forme rhodanienne et autant pour celle de la Côte d'Azur.

Vinci Airports associé à la Caisse des dépôts et à l'assureur Predica (Crédit Agricole), le groupe d'investissement français Meridiam associé au groupe espagnol de BTP et de services Ferrovial, le fonds d'investissement Ardian (avec Changi Airport qui gère l'aéroport de Singapour), le groupe italien Atlantia (Benetton), le groupe turc Limak et l'Australien Macquarie avec FPP (holding familiale de Peugeot) se disent intéressés par la reprise de 60% des parts de l'aéroport Lyon Saint-Exupéry (8,7 millions de passagers en 2015), mises sur le marché par l'Etat français.

Les cinq premiers, plus l'assureur allemand Allianz associé au fonds américain GIP candidatent pour l'aéroport Nice Côte d'Azur (12 millions de passagers en 2015). L'Etat de Monaco, tout proche, se dit prêt à rejoindre l'un des groupements pour bénéficier d'une part plus symbolique, en tout cas inférieure à 10%. Histoire de glaner une place dans le conseil d'administration.

Non au conglomérat turc

L'aéroport de Nice est le troisième français derrirèe les deux plates-formes parisiennes (photo Aéroport de Lyon Saint-Exupéry)
L'aéroport de Nice est le troisième français derrirèe les deux plates-formes parisiennes (photo Aéroport de Lyon Saint-Exupéry)
La privatisation des troisième et quatrième aéroports français, derrière les deux géants parisiens (Paris-Charles de Gaulle et ses 65,7 millions de passagers et Orly avec 29,6 millions de passagers) relève de la loi Macron pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques, votée en avril 2015. Actuellement, dans les deux plates-formes, la Chambre de commerce et d'industrie détient 25% du capital et les collectivités locales 15% (répartis entre région, département, métropole).

Le gouvernement français, via son Agence des participations de l'Etat (APE), entend par cette opération de privatisation récupérer environ 2 mrds€. Le choix interviendra durant l'été 2016.

Une seule candidature semble faire l'unanimité contre elle. Du moins de celle des présidents de région concernés à savoir ceux de Provence Alpes Côte d'Azur et d'Auvergne Rhône Alpes. Le premier, Christian Estrosi, indiquait, vendredi 24 juin 2016 dans le quotidien Nice-Matin, "alors que nous sommes en état d'urgence, en état de guerre même, c'est tout simplement inadmissible de permettre à une puissance étrangère de s'emparer d'un tel outil stratégique de la Côte d'Azur." Il précisait, "je veux que cet aéroport demeure plus niçois que turc, saoudien ou qatari ou même parisien", réclamant que le gouvernement retienne un conglomérat possédant déjà des intérêts économiques dans la région.

Quant au second, Laurent Wauquiez, il insistait, lundi 5 juillet 2016 lors d'une interview accordée au journal Le Progrès, "il n'est pas question de céder Saint-Exupéry à un groupe étranger. Je ne suis pas favorable notamment au rachat de notre aéroport par un groupe turc. Notre aéroport est un outil de souveraineté."

Reste que l'avis des Régions, actionnaires minoritaires, ne va pas peser grand chose dans la décision. C'est, par exemple, un consortium chinois, Symbiose, qui a pris officiellement la majorité des parts (49,99%) de l'aéroport de Toulouse-Blagnac (7,6 millions de passagers en 2015) en avril 2015 pour 308 M€. L'Etat conserve 10,01% des parts aux côtés de la Chambre de commerce et d'industrie de Toulouse (25%), du Conseil régional (5%), du Conseil départemental (5%) et de la Communauté urbaine Toulouse Métropole (5%).

Limak déjà impliqué sur les aéroports de Pristina et d'Istanbul

Le conglomérat turc qui attise tant de haine proposerait, selon certaines rumeurs, l'offre la mieux disante. Le chiffre d'1,5 mrd€ et celui de 900 M€ sont respectivement annoncés pour Nice et Lyon. Oeuvrant dans de multiples secteurs du tourisme à l'énergie en passant par la construction et le ciment, Limak, fondé en 1976, gère déjà l'aéroport Adem Jashari de Pristina au Kosovo. Contrat signé en août 2010, qu'il a obtenu... avec la société Aéroports de Lyon pour vingt ans. Avec cette dernière le Turc a construit un nouveau terminal entré en service en octobre 2013 et permettant de passer d'une capacité annuelle de 2 à 5 millions de passagers.

Le groupe Limak se prépare aussi à gérer le troisième aéroport d'Istanbul (capacité annuelle de 90 millions de passagers dans une première étape, puis 150 millions), celui destiné à remplacer la plate-forme Atatürk au premier trimestre 2018, et qu'il construit. Il a emporté cet appel d'offres en mai 2013 avec Cengiz, Kolin, Ma-Pa et Kalyon pour la somme de 30 mrds€.

Le Turc vient d'emporter récemment la construction du nouveau terminal de l'aéroport du Caire.

Reste que son PDG, Nihat Özdemir, proche du président turc Recep Tayyip Erdogan, a figuré, en 2013, sur une liste de quarante et une personnes visées par des mandats d'arrêts car suspectées de corruption en Turquie. Affaire vite enterrée. Mais qui a échaudé l'aéroport de Genève, qui dans un premier temps devait s'associer à l'offre de Limak sur l'aéroport de Lyon (son concurrent !), avant d'y renoncer au dernier moment vendredi 1er juillet 2016.


Mardi 5 Juillet 2016

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