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Les Marocains balaient les réserves sur les accords pêche et agriculture Maroc/UE


L'accord agricole et pêche entre l'Union européenne et le Maroc a été validé par le Parlement européen jeudi 16 février 2012. Les agriculteurs français et surtout espagnols craignent les conséquences d'une concurrence accrue des produits marocains d'autant plus que ces derniers ont réalisé d'importants progrès en matière de traçabilité.


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Fruits et légumes de l'exportateur marocain Matysha (photo Matysha)
Fruits et légumes de l'exportateur marocain Matysha (photo Matysha)
MAROC / UE. Les Marocains étaient confrontés à trois types d’arguments de la part des opposants à l’accord agricole : phytosanitaires, économiques, juridiques.
 
Hassan Lyoussi, président de l’Association des Producteurs d’Agrumes du Maroc (ASPAM), considère que le premier argument n’est pas fondé : « Nos fruits et légumes destinés au marché  européen sont soumis à des contrôles très stricts, au départ du Maroc, par des  organismes officiels comme l’ONSSA et l’EACCE, ce dernier étant dûment accrédité par les instances européennes spécialisées. A l’entrée sur les marchés européens, nos produits sont aussi soumis à des contrôles draconiens, tant pour l’aspect phytosanitaire et de qualité qu’en ce qui concerne la sécurité alimentaire

Patrick Brouard, directeur de la plate-forme commerciale de l’exportateur marocain de tomates Matysha, implanté depuis un an et demi au cœur du M.I.N Saint-Charles à Perpignan, précise : « Nous savons bien que nous sommes dans le viseur, plus que d’autres ! Notre production est bien sûr “100 % lutte intégrée”, avec zéro pesticides et zéro résidus. »

Les tomates marocaines ne représentent que 2% de la production totale européenne

Le second argument – la préservation des marchés et emplois –, avancé notamment par l’association Asaja, n’apparaît guère plus crédible, estime Hassan Lyoussi : « La part de marché détenue par le Maroc est très faible. Pour la tomate, par exemple, qui est le produit le plus décrié, nos exportations vers l’UE, soit 350 000 tonnes, ne représentent qu’environ 2 % de la production totale de tomate de l’Union européenne. Et le Maroc est tenu de respecter des quotas, ainsi qu’un calendrier. A tout cela s’ajoute la fameuse clause de sauvegarde, qui peut être mise en œuvre à tout moment par l’UE pour protéger ses marchés des importations de pays tiers, dont le Maroc. »
 
Reste le dernier argument, « juridique », dont le Français José Bové, député européen et rapporteur de la Commission de l’agriculture, s’est fait le héraut : José Bové estime que si le Maroc est considéré par l’ONU et l’UE comme la puissance administrative « de facto » du Sahara occidental, il reste à savoir quelle serait la puissance administrative « de jure », avec laquelle l’UE pourrait conclure un accord international fondé en droit. A défaut, le territoire du Sahara occidental devrait rester « extérieur » à l’Accord UE-Maroc…
 
Le Parlement européen n'a finalement pas suivi les recommandations de la Commission de l’agriculture.

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Voir l'ensemble de notre dossier sur la traçabilité des fruits et légumes méditerranéens


Article réalisé en partenariat avec le Medfel .

Mardi 10 Avril 2012


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