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Les Européens lorgnent sur les maisons en solde des Cyclades


Le rêve d'une retraite au soleil devient abordable en Grèce. Pour cause de crise de plus en plus de Grecs vendent leurs maisons. Et les agences immobilières cassent les prix.


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Maison sur les Cyclades (photo Angélique Kourounis)
Maison sur les Cyclades (photo Angélique Kourounis)
GRECE. Cela a pris deux ans, mais  finalement  la crise touche également le secteur de l’immobilier en Grèce.

Avant, acheter une maison à Athènes où les prix dépassaient les 2 000 € le m², voire le double dans certains quartiers, s'avérait impossible pour la plupart des Grecs malgré une certaine ouverture des crédits depuis la fin des années 90. Aujourd’hui, les liquidités n'existent plus.

Un tiers de la population vit sous le seuil de la pauvreté et un actif sur quatre se trouve au chômage. Résultat : les prix s’effondrent.
De plus, le nouveau système fiscal, encore plus injuste que le précédent, oblige beaucoup de Grecs à se séparer de leur maison familiale coûte que coûte, faute de pouvoir payer les nouvelles taxes.

Nikos travaille dans le bâtiment. Contremaitre à l'île de Paros dans les Cyclades, il gagnait, voici deux ans, 70 € par jour. Aujourd'hui, à peine 50 ! Et encore, quand il trouve du travail. Il doit s’occuper de ses deux filles. L’une étudie en Crète et lui coûte 600 € par mois, l’autre, son ainée, est coiffeuse. Dans les salons, elle gagnait 200 € par mois non déclarés «à prendre ou à laisser ». Maintenant, elle travaille comme caissière dans un supermarché et gagne 330 € par mois, déclarées mais pour six heures de labeur par jour, six jours sur sept, plus deux dimanches par mois en saison touristique.

Nikos voulait garder la petite maison léguée par son grand-père pour que son ainée y ouvre un salon de coiffure. Mais, comme aucun des salons où elle a travaillé ne l’a déclarée, elle ne peut prouver ses deux ans d’ancienneté obligatoire pour en ouvrir un.
Les taxes immobilières restent trop élevées et cette maison apparaît désormais comme un luxe. La mort dans l’âme, Nikos doit la vendre.
Il veut le faire "avant que les prix ne s’effondrent encore plus."
Voici un an, cette maison valait 90 000 €. Aujourd'hui, s’il la vend 55 000 € il sera content.

Les malheurs se transforment en occasions

Le bâtiment en crise à Paros (photo Angélique Kourounis)
Le bâtiment en crise à Paros (photo Angélique Kourounis)
Idem pour Petros, fonctionnaire à Kalamata. Son salaire a baissé de 40% tandis que les taxes directes ou indirectes augmentaient, elles, de 25%.
La maison familiale où il passait ses vacances en famille s'apparente, comme sa voiture achetée voici deux ans à crédit, à un signe extérieur de richesse.  
La seule nouvelle taxe immobilière lui coûte 850 € par an. « Je ne pensais pas devoir payer cette taxe, rétroactivement en plus ! Avec un salaire amputé pratiquement de moitié je ne peux simplement pas y arriver" affirme-t-il.  "Je dois  vendre". 

Tout ces malheurs se transforment en autant d’occasions à  saisir pour les acheteurs potentiels. Essentiellement des touristes en quête de retraite au soleil, ou d’une maison de vacances familiale au bord de l’eau. Les îles les plus courues sont celles qui disposent  d’un aéroport comme la Crète, Patmos dans le Dodécanèse, ou Paros et Tinos dans les Cyclades.
Les Européens du nord assoiffés de soleil, s’y bousculent dès le mois d’avril.  Maisons blanches accrochées sur les montagnes, petites chapelles  à chaque virage, petites plages de sable, mer d’un bleu intense, soleil  à volonté, le rêve désormais  à portée de presque tous.

A Paros, très prisée par les Français, les prix s'avéraient gonflés "comme pas permis" souligne Panayotis Livadias, agent immobilier et constructeur sur l’île. "Mais les gens achetaient, Grecs et étrangers"  précise-t-il. La folie immobilière de l’argent facile atteignait tout le monde. " Les habitants de l’île achetaient des terrains pour construire et revendre et se prendre un beau bénéfice au passage."


Regroupements par nationalités

Les chiffres parlent d’eux même, 6 000 maisons appartenant aux insulaires et au moins autant à vendre ! Sauf que la crise est arrivée.
Les prix se sont effondrés de 15 à 20% "ce qui les remet à la normale" reconnaît Panayotis Liyadias.
A Paros, aucun flanc de montagne ne dispose de son bâtiment à demi construit et laissé à l'abandon.

Panayiotis Liyadias a donc du réviser à la baisse les deux villas qu’il veut vendre : 100 m² habitables avec autant de terrasse, et vue imprenable et dominante sur la mer, nouvellement construites avec tout le confort souhaité. Mise en vente : 390 000 €, frais de notaire compris au lieu de 450 000 € affichés voici deux ans.
Mais, même avec cette baisse, il peinait à à trouver acheteur. Alors, il se résout à diviser en deux ces villas.
Il vient de vendre le dernier étage de l’une d’elle comme entité indépendante à 200 000 € à un Français car il avait besoin de "liquide".

Panagiotis Simirtzis, autre promoteur sur les Cyclades résume la situation : "Voici cinq ans encore,les Grecs fortunés constituaient 70% de mes clients et les étrangers 30%. Les deux cherchaient essentiellement des maisons de vacances ou de campagne. Aujourd’hui, les 70% de Grecs tombent à zéro et les étrangers se positionnent en force. Ils savent qu’ils suffit d'attendre que la crise progresse pour que les prix, qui ont déjà considérablement baissé, chutent encore davantage."

Manolis Akalestos, promoteur également, change de registre. "Nous sommes vingt quatre promoteurs sur l’île. Alors pour survivre il faut un plus !" Son plus à lui consiste à assurer tout le service de A à Z qu’il s’agisse de constructions neuves ou d’achat de vieilles maisons. "Je m'occupe de tout. De la vente du terrain à la pose de rideaux en passant par le suivi de la construction en cas de maisons neuves, à la gestion de la maison, l’hiver, lorsque les acheteurs rentrent chez eux."
Outre les maisons des particuliers Manolis Akalestos dispose dans sa besace d'îlots à vendre, d'un monastère, et de plusieurs hôtels. 
"Les personnes ne peuvent plus faire face à la situation, ce qui était jalousement gardé dans les famille est désormais à vendre" souligne-t-il.

Sur l’île de Tinos, moins cosmopolite, moins «in», plus tranquille, les prix ont baissé de 30 à 40% ! 60 000 € seulement pour une très jolie maison avec terrasse et vue sur la mer par exemple. Il semble que les acheteurs se regroupent par nationalités.Ainsi, si les Allemands envahissent le Péloponnèse et la Crête, les Européens du sud  se retrouvent sur les Cyclades et le Dodécanèse où les Français affichent une très nette préférence pour l’île Astypalaia. Les Russes et les Bulgares, eux, préfèrent acheter dans le nord du pays. En Chalcidique plus précisément où ils investissent et s’installent massivement.


Mardi 6 Novembre 2012

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1.Posté par Gérard Tur le 08/11/2012 16:52
Question de la rédaction aux lecteurs d'Econostrum.info : Acheter actuellement une maison en Grèce, est-ce profiter de la misère d'un peuple ou au contraire apporter des devises et l'aider?


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