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Les États-Unis veulent finalement temporiser leur retrait de Syrie


La situation reste tendue dans la région de Manbij où les soldats kurdes s'attendent à une offensive turque et au retrait des troupes alliées américaines (plus lent que prévu initialement), tout en continuant à affronter l’État islamique et les milices pro-turques.


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La région de Manbij devient un Carrefour des derniers combats entre toutes les forces présentes en Syrie (photo : OSDH)
La région de Manbij devient un Carrefour des derniers combats entre toutes les forces présentes en Syrie (photo : OSDH)
SYRIE. S'il refuse de donner un calendrier du retrait des troupes américaines en Syrie, Mike Pompeo se veut plus rassurant que son président Donald Trump. Le chef de la diplomatie américaine indique, jeudi 3 janvier 2019 au site Newsmax, qu'il pourrait s'étendre sur plusieurs mois contre trente jours initialement annoncés. Aucune date n'est donnée. "Je ne veux pas que les adversaires sachent précisément quand nous allons partir."

Donald Trump avait communiqué, unilatéralement le 19 décembre 2018, sur le départ immédiat des 2 000 soldats américains déployés sur le sol syrien. Avant de se raviser et de ne plus parler que d'un retrait progressif : "nous partons, mais nous partons intelligemment (...) Je n'ai jamais dit que nous allions partir demain", précisait-t-il. Le président américain a fait, une nouvelle fois, sensation en indiquant "nous voulons cependant protéger les Kurdes, mais je ne veux pas rester en Syrie pour toujours. C'est le sable et c'est la mort ! (...) Nous ne parlons pas de vastes richesses."

De son côté, Recep Tayyip Erdogan, après avoir reçu le feu vert des Américains, tente d'obtenir celui des Russes. Les deux pays, avec l'Iran, se réuniront prochainement, en janvier 2019 en Russie dans le cadre du processus de pais d'Astana, pour discuter de l'après conflit en Syrie.

Crainte d'un retrait américain

Le président turc menace depuis plusieurs mois de chasser définitivement les Kurdes présents en Syrie. Participant à la lutte contre Daech aux côtés des Américains et au sein de la FDS (Forces démocratiques syriennes engagées contre l'Etat islamique), les Kurdes de l'YPG (Unités de protection du peuple) sont considérés comme une organisation terroriste par Ankara. 

C'est justement la désapprobation de ce retrait qui se trouvait à l'origine de la démission - juste après l'annonce de Donald Trump - de Jim Mattis, ministre américain de la Défense, mais aussi de Brett McGurk, envoyé spéciale des États-Unis auprès de la coalition internationale. La prudence est désormais de mise sur ce dossier. Mike Pompeo souligne "l'importance de faire en sorte que les Turcs ne massacrent par les Kurdes, la protection des minorités religieuses en Syrie, tout ça fait partie de la mission américaine", confie-t-il à Newsmax.

Mike Pompeo tentait, voici deux jours, de rassurer aussi Israël en lui réaffirmant son soutien. "La décision que le président a prise au sujet de la Syrie ne change absolument rien au fait que cette administration travaille aux côtés d'Israël', indiquait-t-il avant de rencontrer Benjamin Netanyahu, premier ministre israélien, en marge de la cérémonie d'investiture de Jair Bolsonaro, président brésilien. "Le combat contre le groupe État islamique continue, ainsi que notre engagement pour la stabilité du Moyen-Orient et la protection d'Israël, de la même façon qu'avant cette décision", précisait-t-il.

Situation explosive

Mercredi 2 janvier 2019, Emmanuel Macron, inquiet du retrait américain, soulignait, dans un entretien téléphonique avec Vladimir Poutine, "ce combat n'est pas terminé et se poursuit sur le terrain dans le cadre de la coalition internationale." Le président français demandait à son homologue russe, très présent sur le conflit syrien et allié de Bachar al-Assad, d'agir pour préserver les forces antidjihadistes dont les Kurdes.

L'armée syrienne constate elle, mercredi 2 janvier 2019, un retrait. Mais pas américain. Selon elle, "près de 400 combattants kurdes" commenceraient à quitter la région de Manbij visée par la future offensive turque". Bachar al-Assad, opposé à toute incursion de la Turquie sur son sol, vient en effet d'y déployer ses troupes à la demande des forces kurdes. Au nord du pays, à la frontière avec la Turquie, se concentrent désormais les forces pro-gouvernementales syriennes, les rebelles syriens soutenus par la Turquie, les forces kurdes, sans oublier les membres de l'Etat islamique toujours actifs dans quelques poches. Une situation explosive.

D'après le site du ministère syrien de la Défense, mercredi 2 janvier 2019, "un convoi des unités de combat kurdes comprenant plus de trente véhicules a quitté la région de Manbij, se dirigeant vers la rive Est de l'Euphrate". L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) réfute cette information. Il ne s'agirait pas de soldats des YPG mais d'hommes appartenant à des milices de la coalition arabo-kurde des FDS.

L'OSDH révélait, vendredi 4 janvier 2019, que des combats à la mitrailleuse moyenne et lourde se déroulaient dans cette région (vers Arab Hassan et Al-Mohsenli) entre des factions pro-turques et les forces du Conseil militaire de Manbij opérant sous la bannière des FDS.

Parallèlement, l'association notait, jeudi 3 janvier 2019, le départ de plusieurs centaines de civils de la province de Deir Ezzor (Est de l'Euphrate), enclave encore contrôlée par l'Etat islamique. Ceci porterait à 12 450 les personnes exfiltrées de cette zone par les FDS depuis décembre 2018. Parmi eux, se glissaient plus de 500 membres de l'EI (Syriens, Maghrébins, Russes, Somaliens, Philippins, Irakiens...) dénoncés et arrêtés. Les FDS envisagent de chasser définitivement l'EI de cette poche au début 2019.

Lire aussi : Le conflit syrien enregistre son année la moins meurtrière en 2018


Vendredi 4 Janvier 2019

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