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Les Etats-Unis quittent l'Unesco en l'accusant d'être anti-israélienne




Irina Bokova regrette la décision de Washington de quitter son institution (photo : Unesco / Ania Freindorf)
Irina Bokova regrette la décision de Washington de quitter son institution (photo : Unesco / Ania Freindorf)
FRANCE / ETATS-UNIS. Rex Tillerson, secrétaire d'Etat américain, a notifié officiellement, jeudi 12 octobre 2017, le retrait des Etats-Unis de l'Organisation des Nations-Unies pour l'éducation, la science et la culture, plus connue sous le nom d'Unesco.

Créée en novembre 1945, l'institution basée à Paris se voit reprocher par les Américains "ses partis pris anti-israéliens persistants". Les partants réclament également d'importantes réformes. Selon le département d'Etat américain, le retrait sera effectif au 31 décembre 2018 et les Etats-Unis (membres depuis octobre 2003) conserveront un statut d'observateur.

Washington ne finançait plus l'Unesco depuis 2011 (décision de Barack Obama) et l'admission de la Palestine (via l'Autorité palestinienne) au sein des Etats membres de l'organisation et accumulait les arriérés de paiements (542 M$ à ce jour). La situation avait causé en 2013 la perte de son droit de vote. Mais, les Etats-Unis continuaient néanmoins à siéger au comité exécutif. Leur contribution représentait 22% du budget de l'Unesco, ce qui en faisait le plus gros contributeur.

La menace d'un retrait a débuté en juillet 2017 après l'inscription par l'Unesco, comme "zone protégée", de la vieille ville d'Hébron en Cisjordanie qualifiée de "site du patrimoine mondial palestinien". Déjà, les Américains, tout comme leurs alliés Israéliens, avait été choqués, en octobre 2016, par une résolution de l'Unesco sur Jérusalem-Est ne faisant notamment référence qu'aux noms musulmans des sites religieux.

L'Unesco regrette la décision américaine

Co-fondateurs de l'Unesco dès l'après-guerre, les Etats-Unis l'avaient déjà quitté en 1984 sous l'administration Ronald Regan pour critiquer la gestion de l'institution. Le pays y était revenu en 2003.

Irina Bokova, directrice générale de l'Unesco depuis novembre 2009, a indiqué regretter la décision américaine et qualifie ce retrait de "perte pour l'Unesco, de perte pour la famille des Nations Unies, de perte pour le multilatéralisme". Elle rappelle également que "la Statue de la Liberté est un site du patrimoine mondial de l'Unesco comme symbole constitutif des Etats-Unis et aussi pour ce qu'elle incarne des aspirations des peuples du monde."

"Je suis convaincue que le travail de l'UNESCO pour promouvoir l'alphabétisation et l’éducation de qualité répond aux préoccupations du peuple américain. Je suis convaincue que l'action de l'UNESCO visant à mobiliser les nouvelles technologies pour améliorer les apprentissages répond aux préoccupations du peuple américain. Je suis convaincue que l'action de l'UNESCO pour renforcer la coopération scientifique, pour la durabilité de l’océan, répond aux préoccupations du peuple américain. Je suis convaincue que l'action de l'UNESCO pour promouvoir la liberté d'expression, défendre la sécurité des journalistes, répond aux préoccupations du peuple américain. Je suis convaincue que l'action de l'UNESCO pour l’autonomisation les filles et les femmes comme actrices du changement et créatrices de paix, répond aux préoccupations du peuple américain. Je suis convaincue que l'action de l'UNESCO pour soutenir les sociétés en situation d'urgence, face aux catastrophes et aux conflits répond aux préoccupations du peuple américain", souligne-t-elle dans un communiqué.

L'institution se trouve en plein vote pour élire son futur directeur général. Les cinquante-huit membres du Conseil exécutif devront choisir parmi plusieurs candidats : la Française Audrey Azoulay, ancienne ministre de la culture de François Hollande, et le Qatari Hamad bin Abdulaziz Al-Kawari, sont tout deux arrivés ex-aequo (avec 18 voix chacun) lors du troisième scrutin du 11 octobre 2017. Se présentent également l'Egyptienne Moushira Khattab, le Chinois Qian Tang et la Libanaise Vera El-Khoury.




Jeudi 12 Octobre 2017



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Razika Adnani Philosophe et écrivaine. Associée au groupe d'analyse de JFC Conseil

 









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