Econostrum | Toute l'actualité économique en Méditerranée

            partager partager

Les Égyptiens voteront fin mars 2018 pour (sans doute) réélire le président Abdel Fattah al-Sissi


Les élections présidentielles se dérouleront fin mars 2018 en Égypte. Si l'actuel chef d'Etat Abdel Fattah al-Sissi n'est pas encore officiellement candidat, il dispose d'un boulevard devant lui depuis le retrait surprise de son principal adversaire sitôt revenu au Caire, et les ennuis avec la justice de deux autres prétendants depuis qu'ils ont annoncé leur intention de briguer le poste.



Abdel Fattah al-Sissi lors de sa dernièer campagne électorale en 2014 (photo : site Facebook du candidat)
Abdel Fattah al-Sissi lors de sa dernièer campagne électorale en 2014 (photo : site Facebook du candidat)
ÉGYPTE. L'Autorité nationale des élections indique que le premier tour de la présidentielle en Égypte se déroulera du 26 au 28 mars 2018. Si nécessaire, un second tour sera organisé du 24 au 26 avril 2018. Il s'agit du troisième scrutin présidentiel depuis 2011 et la chute d'Hosni Moubarak suite à la révolution égyptienne. Après un peu moins de trente ans de règne, il avait été emprisonné et remplacé par Mohamed Morsi. Ce dernier, président élu en juin 2012 sous l'étiquette du Parti Liberté et Justice (Frères Musulmans), n'aura joui de son pouvoir qu'un an et trois jours, avant sa destitution par les militaires en juillet 2013.

Mohamed Morsi se trouve toujours incarcéré et croule sous les condamnations, notamment deux peines de mort consécutives cassées par la Cour constitutionnelle en novembre 2016. La dernière date du 30 décembre 2017 avec comme motif "outrage à magistrat" et trois ans supplémentaires de geôle prononcés.

Les Égyptiens sont appelés aux urnes mais il faudra attendre le 31 janvier 2018 pour connaître les candidats, date à laquelle l'Autorité nationale des élections publiera une liste provisoire des prétendants. Abdel Fattah al-Sissi, à la tête du pays depuis 2014, devrait y figurer alors qu'il a déjà précisé qu'il ne briguerait pas un troisième mandat en 2022. Cela laisse sous-entendre qu'il se présentera en mars 2018.

Erosion du nombre de candidats

Élu avec 96,9% des voix en 2014 (avec seulement 38% de votants), l'actuel président pourrait même être le seul nom porté sur cette liste. L'ancien et dernier premier ministre d'Hosni Moubarak, candidat malheureux à l'élection de 2012, Ahmed Chafiq a finalement et soudainement jeté l'éponge, malgré une candidature le 29 novembre 2017. Il faut préciser qu'en exil aux Émirats arabes unis, il avait annoncé durant sa déclaration que les autorités l'empêchait de quitter le pays. La sanction a été immédiate avec une expulsion vers le Caire pour "ingratitude" dès le 2 décembre 2017. Ce retour forcé sur ses terres aurait provoqué un revirement subit et sans doute subi.

Un autre candidat sous l'étiquette du parti "Pain et liberté", l'avocat des droits de l'homme Khaled Ali, a été condamné en septembre 2017 à une peine de trois mois de prison pour "atteinte à la décence publique". La justice lui reproche d'avoir fait un doigt d'honneur pour fêter sa victoire après le verdict invalidant la décision du gouvernement égyptien sur l'affaire de la cession de deux îles Tiran et Sanafir à l'Arabie saoudite (finalement le président al-Sissi était passé outre en ratifiant cette cession). Cette figure de la révolution de 2011 a fait appel. Toute condamnation l'empêcherait de briguer un mandat. En 2012, il n'avait obtenu que 0,58% des voix aux élections présidentielles, mais il était alors quasi-inconnu.

Quant au colonel de l'armée de l'air Ahmed Konsowa, autre prétendant, il a écopé de six ans de prison ferme fin décembre 2017 pour "comportement nuisant aux exigences militaires", un mois après sa déclaration de candidature. Il avait publié une vidéo sur You Tube décrivant son programme avec comme leitmotiv : "il y a de l'espoir pour un avenir meilleur."




Mardi 9 Janvier 2018



Lu 2146 fois


Les articles qui devraient vous intéresser
< >
Droits d'auteur et/ou Droits sur les Dessins et Modèles
Le présent site constitue une œuvre dont Econostrum.info est l'auteur au sens des articles L. 111.1 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. La conception et le développement dudit site ont été assurés par la société Econostrum.info. Les photographies, textes, slogans, dessins, images, vidéos, séquences animées sonores ou non ainsi que toutes œuvres intégrées dans le site sont la propriété d'Econostrum.info. Les reproductions, sur un support papier ou informatique, du dit site et des œuvres qui y sont reproduits sont interdites sauf autorisation expresse d'Econostrum.info.







RÉflexions

Réflexion

La corruption, l’autre grand fléau oublié du monde arabo-musulman…


avis d'expert

Roland Lombardi, consultant indépendant, associé au groupe d'analyse de JFC Conseil

 









Actus par zones

Algérie Bosnie-Herzégovine Égypte Espagne France Grèce Israël Italie Jordanie Liban Libye Maroc Portugal Syrie Tunisie Turquie Europe MENA