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Le tourisme en Méditerranée, un secteur à deux vitesses




Depuis les Printemps arabes et la vague terroriste, les voyageurs boudent les pays du Maghreb et du Machrek au profit de destinations sécurisantes au nord de la Méditerranée. Dans leur tout dernier rapport, les économistes du Femise dressent un état des lieux et livrent des pistes pour redresser un secteur vital pour les économies du sud. Les établissements hôteliers devraient adopter de nouveaux modes de gestion et modifier leurs approches marketing. Cependant, la principale recommandation porte sur le ciblage d’une nouvelle clientèle. Et si le Maghreb devenait la nouvelle destination à la mode des Chinois ?



Plage de l'hôtel Rammada Plaza à Gammarth Tunisie (photo : F.Dubessy)
Plage de l'hôtel Rammada Plaza à Gammarth Tunisie (photo : F.Dubessy)
Avec 250 millions de touristes dépensant 200 mrds$ par an, la Méditerranée se hisse sur le podium des destinations les plus prisées au monde. Une manne répartie de manière inégale depuis les révolutions de 2011.
 
Si les premières années, les voyageurs ont continué à fréquenter les stations balnéaires tunisiennes, le massacre djihadiste de touristes sur les plages en 2015 a porté un coup à l’activité qui représentait 10% du PIB du pays. La richesse générée par le tourisme a fondu comme neige au soleil, ne représentant plus que 7% du PIB de la Tunisie.
 
« Sept millions de touristes se sont détournés d’Afrique du Nord depuis 2010. L’Égypte a perdu cinq millions de touristes et la Tunisie deux millions et demi », constate le rapport du Femise, publié en janvier 2017, coordonné par  Doaa Salman, professeure au Caire (October University for Modern Sciences and Arts, Egypt) en collaboration avec Andrés Artal-Tur professeur a Valence (Technical University of Cartagena & Institute of International Economics (IEI-UV), University of Valencia, Spain).
 
À l'inverse, l’Espagne, l’Italie, la Grèce et le Portugal, considérés comme des destinations refuge, enregistrent des records de fréquentation. En 2011, les tour-opérateurs ont dérouté douze millions de voyages vers l’Espagne. Début 2016, la péninsule ibérique affichait une progression record : + 13,4 % pour les Baléares, + 5,1% pour l’Espagne continentale, + 6,4% pour les Canaries, et surtout + 40% pour le Portugal. 

Croissance des touristes asiatiques

L’étude analyse en profondeur les conséquences de ce report de la clientèle touristique en Tunisie et en Égypte. Un phénomène qui  fait fuir les investisseurs et aggrave le chômage.
Intitulé « Les gagnants et les perdants dans le tourisme et l’industrie hôtelière pendant la phase de transition », le rapport Femise (FEM41-04) préconise un certain nombre de pistes pour augmenter les recettes liées au tourisme.
 
Si le retour de la stabilité politique et de la paix semble indispensable, le Femise suggère d’accentuer la politique de voisinage et de développer la formation des directeurs de complexes hôteliers au sud de la Méditerranée. 
 
Des efforts ont été engagés en Tunisie et en Égypte pour attirer des touristes internationaux, mais sans grand succès. Pour l'instant, l'Europe capte ces flux.
« La croissance du nombre de visiteurs  en provenance d'Asie et d'Amérique du Nord vers les destinations européennes se poursuivra à l'avenir. La Méditerranéenne devrait conserver un haut niveau de compétitivité », indique le rapport en conclusion.
 
Le rapport est disponible (en anglais), pour y accéder, merci de cliquer sur lien.  



Mardi 31 Janvier 2017




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