Econostrum | Toute l'actualité économique en Méditerranée
Econostrum.info


         Partager Partager

Le texte de la nouvelle constitution tunisienne se trouve entre les mains du Président de la République


Rédigé par , le Lundi 20 Juin 2022 - Lu 769 fois


Kaïs Saïed va devoir soumettre à référendum le nouveau texte de la Constitution (photo archives: Présidence tunisienne)
Kaïs Saïed va devoir soumettre à référendum le nouveau texte de la Constitution (photo archives: Présidence tunisienne)
TUNISIE. Kaïs Saïed s'est vu remettre, officiellement lundi 20 juin 2022, le projet de nouvelle constitution en discussion depuis le 4 juin 2022.

Samedi 18 juin 2022, le constitutionnaliste Amine Mahfoudh et Sadok Belaïd avaient précisé cette date, indiquant que le texte était prêt. Sadok Belaïd, coordinateur de la Commission nationale consultative pour une nouvelle République, en charge de l'élaboration de la Constitution affirmait alors que "la différence entre la nouvelle Constitution et celle de 2014 est que cette dernière n'a pas prêté attention aux questions économiques."

Ce professeur de droit constitutionnel déclarait: "nous voulons mettre en place un régime qui porte le pays et son économie vers l'avant. Nous avons eu à subir deux expériences de régimes présidentiels et parlementaires qui ont échoué." Il mettait ainsi en avant que le premier chapitre de la Constitution sera consacré "aux questions économiques, dans le but de promouvoir l'économie et d'améliorer les conditions sociales des Tunisiens."

Sadok Belaïd a déjà révélé que, contrairement à la Constitution de 2014 dont elle constitue l'article 1, la référence à l'Islam ne sera pas présente dans celle de 2022.

Une validation par référendum

Le texte fondamental, fusion entre la Constitution de 1959 et celle de 2014, devrait comprendre quelque 150 articles et comporter une dizaine de pages. Il n'est pas pour autant encore inscrit dans le marbre. Le Président de la République soumettra d'ailleurs son approbation à référendum le 25 juillet 2022.

Et ce n'est pas partie gagnée. Après une grève nationale initiée par l'UGTT (Union générale tunisienne du travail qui a boycotté les discussions du Dialogue national comme une bonne partie de l'opposition), jeudi 16 juin 2022, le samedi et le dimanche suivants défilaient des centaines de manifestants, notamment dans les rues de Tunis. A l'appel respectivement du Parti destourien libre (PDL) et du "Front de salut national", une coalition d'une partie de l'opposition créée le 31 mai 2022 et comprenant le parti Ennahdha, ils protestaient contre ce référendum.

Certains partis politiques tunisiens - tous non associés à la rédaction de la nouvelle constitution - demandent à leurs adhérents de ne pas se rendre aux urnes ce 25 juillet 2022. D'autres, comme Afek Tounes, ont déjà fait savoir qu'ils voteront non. Abir Moussi, présidente du PDL n'a pas encore décidé de la position de son parti. Selon elle, ce référendum a pour objectif de "falsifier la volonté du peuple et légitimer le projet politique de Kaïs Saïed."

Ne pas ramener la Tunisie à l'âge de pierre

Interrogé par la radio tunisienne Shems FM, lundi 20 juin 2022, Anouar Kaddour, secrétaire général de l'UGTT, révélait que son syndicat présentera, jeudi 23 juin 2021, ses propres propositions sur l'amendement de la Constitution de 2014. Il entend notamment pérenniser les droits syndicaux, menacés selon lui par le nouveau texte. Son secrétaire général Noureddine Taboubi avait d'ailleurs déclaré, voici quelques jours, "rejeter les réformes qui ramèneraient la Tunisie à l'âge de pierre avec des citoyens corporatifs." Dans le cadre d'un atelier, lundi 20 juin 2022, il précisait: "Nous prendrons une décision sur la participation ou non au référendum. Et ce, à travers des structures existantes, en toute indépendance des partis politiques et du gouvernement."

De plus en plus de Tunisiens qualifient de coup d'État la décision de Kaïs Saïed, en juillet 2021, de s'arroger les pleins pouvoirs. Après avoir destitué son Premier ministre Hichem Mechichi (remplacé fin septembre 2021 par Najla Bouden Rhomdane), il a suspendu puis dissout le Parlement (Assemblée des Représentants du Peuple - ARP) et prononcé la dissolution du Conseil supérieur de la magistrature. Le Président tunisien gouverne désormais par décrets-lois.

Samedi 18 juin 2022, les magistrats - cinquante-sept juges ont été révoqués par le Président de la République sous l'accusation de corruption ou outrage aux mœurs - ont voté la poursuite de leur mouvement de grève. Alors qu'il entre dans sa troisième semaine consécutive et paralyse les tribunaux, les juges limogés entament eux une grève de la faim.

Des élections législatives sont prévues le 17 décembre 2022. Elles se dérouleront selon un mode de scrutin différent, défini par la nouvelle Constitution.




Nouveau commentaire :
Facebook Twitter

A lire avant de commenter !

Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Econostrum.info.
Pour assurer des échanges de qualité, un maître-mot : le respect. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.
Il n'est pas permis de choisir comme nom d'utilisateur le nom d'une autre personne physique ou morale (entreprise, institution, etc.).
Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, reproduisant des échanges privés, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos…).
Econostrum.info se réserve le droit d'éliminer tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, répété plusieurs fois, promotionnel ou grossier, contenant des invectives et des propos agressifs visant des personnes, notamment les autres commentateurs.
Une trop mauvaise qualité d’écriture (multiplication des fautes de frappe, absence totale de ponctuation, langage SMS, etc.) peut entraîner la non-publication des messages.
Les décisions des modérateurs ne peuvent être contestées. L’auteur de la contribution est responsable de son contenu. La fiabilité de l’utilisateur, son identité et sa moralité ne peuvent être garantis par Econostrum.info. Econostrum.info ne pourra en aucun cas en être tenu responsable.
Si vous désirez signaler un contenu illicite ou abusif, merci de le faire à l'adresse suivante : redaction@econostrum.info.












Suivez-nous
Facebook
Twitter
Rss
Newsletter



Enquêtes




Actus par pays

Voir en plein écran








Le Guide de l'économie

Facebook

   Nos partenaires






À propos d'Econostrum.info


Econostrum.info est un média indépendant qui traite au quotidien l'actualité économique des pays riverains de la Méditerranée. Coopération économique, actualité des entreprises par secteur (Industrie, Services, Transport, Environnement, Société/Institutions), dossiers thématiques, actualité des aéroports, compagnies aériennes et maritimes (nouvelles destinations)... sont traités et analysés par une équipe de journalistes présents dans le bassin méditerranéen.


S'abonner à Econostrum.info