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Le spectre d'une troisième guerre civile libyenne hante les faubourgs de Tripoli


Rédigé par , le Vendredi 26 Août 2022 - Lu 755 fois


Le Premier ministre du Gouvernement d'union nationale libyen,Abdelhamid Dbeibeh, refuse de céder sa place à un nouveau chef de gouvernement désigné par le Parlement (photo: GNU)
Le Premier ministre du Gouvernement d'union nationale libyen,Abdelhamid Dbeibeh, refuse de céder sa place à un nouveau chef de gouvernement désigné par le Parlement (photo: GNU)
LIBYE. Le face-à-face continue depuis le début de la semaine dans les faubourgs de Tripoli entre les partisans du Premier ministre du gouvernement d'unité nationale (GNU), Abdelhamid Dbeibeh, et ceux du Premier ministre Fathi Bashagha, désigné en février 2022 par le Parlement siégeant à Tobrouk, à l'est du pays.

Cette concentration d'hommes armées s'est encore renforcée vendredi 26 août 2022, alors que la veille, dans son intervention en conseil des ministres, Abdelhamid Dbeibeh indiquait que son gouvernement "poursuit ses activités normalement, en bénéficiant de la reconnaissance internationale, et ce, jusqu'à la tenue d'élections".

Fathi Bashagha a envoyé, mercredi 24 août 2022,  un courrier au chef du gouvernement d'unité nationale pour lui demander de céder sa place. Il considère son gouvernement comme "obsolète et illégitime".

Depuis la nomination de celui qui aurait dû être son successeur, du moins selon la volonté du Parlement siégeant à Tobrouk, Abdelhamid Dbeibeh s'accroche au pouvoir obtenu en mars 2021 des mains du Forum de dialogue politique libyen sous l'égide de l'Onu. Il ne cesse de répéter qu'il ne partira que pour laisser son siège à un Premier ministre élu par le peuple libyen. Il a d'ailleurs répondu à son interlocuteur par l'intermédiaire des réseaux sociaux, "évitez d'envoyer des messages et des menaces redondantes d'un déclenchement de la guerre et du ciblage des civils".

Fathi Bashagha veut siéger à Tripoli

Le 16 mai 2022, lors de la précédente escarmouche à Tripoli, Fathi Bashagha, ancien ministre de l'Intérieur, avait renoncé à vouloir siéger dans la capitale. Il avait pris ses quartiers avec son gouvernement parallèle à Syrte. Le 22 juillet suivant, des combats s'étaient soldés par seize morts et une cinquantaine de blessés.

La Mission d'appui des Nations unies en Libye (Manul) s'est, une nouvelle fois, mardi 23 août 2022, déclarée "profondément préoccupée" par cette menace. Elle a appelé à "une désescalade immédiate" et redit que les problèmes politiques de ce pays "ne peuvent être résolus par la confrontation armée". Déjà, en juillet dernier, le Conseil de sécurité de l'Onu s'inquiétait de la "volatilité de la situation sécuritaire".

Selon les propos d'Abdelhamid Dbeibeh, jeudi 25 août 2022, le maintien de son gouvernement "est le seul moyen de faire pression sur toutes les parties pour qu'elles se soumettent aux élections, faute de quoi elles continueront à conclure des accords de prorogation."

Rappelons qu'une élection présidentielle, la première de toute l'histoire de la Libye, devait se dérouler le 24 décembre 2021, avant d'être repoussée au 24 janvier 2022, mais n'a finalement, jamais pu se tenir. Elle demeure pourtant la clef de la résolution du problème libyen, une décennie après la destitution et l'assassinat de Mouammar Kadhafi suivie par deux guerres civiles fratricides.

Les élections comme solution au conflit de gouvernance

Abdelhamid Dbeibeh demande désormais au président du Parlement, Aguila Saleh, et à celui du Haut Conseil d'Etat, Khaled Mechri, de "libérer les Libyens en publiant les nouvelles règles constitutionnelles qui conduiront le pays aux élections". Il insiste: "personne ne peut croire qu'il faille autant de temps pour trouver un accord concernant un article controversé, alors qu'ils ont privé le peuple libyen de son droit de vote pendant huit ans."

Selon le Premier ministre du GNU, "il n'existe aucune division en Libye, toutes les institutions, les municipalités, l'administration, les ministères et les instances sont sous le contrôle du Gouvernement d'Union nationale. Il y a cependant un différend politique qui ne trouvera sa solution qu'à travers les élections."

Le 18 août 2022, les membres de l'Assemblée générale de Cour suprême libyenne ont voté à l'unanimité la réactivation du circuit constitutionnel pour examiner et décider des appels. Cette institution ne s'est pas prononcée sur ces affaires depuis 2014 lorsqu'elle a jugé inconstitutionnels certains éléments de la déclaration constitutionnelle ayant conduit à l'élection de la Chambre des représentants. Ce retour sur le terrain pourrait s'avérer décisif si des scrutins, présidentiel et législatifs, pouvaient enfin se dérouler dans ce pays.




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