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Le secteur bancaire espagnol se refait une virginité


Les banques espagnoles poursuivent leurs restructurations, ceci se traduit notamment par une réduction sensible des effectifs et des agences. Un tiers des vitrines ont disparu au cours des sept dernières années, et au cours des douze derniers mois, 7 000 postes ont encore été supprimés. 1,7 mrd€ ont encore été consacrés en 2015 à ces efforts d'assainissement. Mais le risque de « rechute » n'est pas totalement exclu.


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Le siège de CaixaBank sur l'avenue Diagonal de Barcelone (photo F. Matéo)
Le siège de CaixaBank sur l'avenue Diagonal de Barcelone (photo F. Matéo)
ESPAGNE. Avec la croissance retrouvée de l'économie espagnole, les banques du pays renouent avec une activité qui laisse penser à une récupération durable d'un secteur au bord du crash voici quelques années. C'est évidemment le résultat d'une longue -et coûteuse- restructuration, supervisée par le FROB (Fonds de Restructuration Ordonnée Bancaire), sous l'autorité de la Banque d'Espagne. Avec à la clé la disparition des caisses d’épargne, et la création de la « banque toxique » Sareb pour regrouper tous les actifs immobiliers les plus problématiques.

Désormais, les grands groupes bancaires espagnols s’appuient donc sur le regain de consommation interne pour développer une nouvelle stratégie de croissance. Le « robinet » des prêts est à nouveau ouvert, confirme Jordi Fabregat, professeur en Finances à l'école de commerce ESADE : « Nous pouvons dire en tout cas que la situation va de mieux en mieux pour les banques espagnoles ; c’est évidemment en lien direct avec la restructuration des établissements, mais aussi avec la conjoncture européenne et la baisse des taux directeurs de la BCE. Aujourd’hui, l'activité hypothécaire est revenue à une situation à peu près normale avec des taux de 2 à 3% pour des projets de deux à trois ans. »

La dernière étude publiée sur le sujet cet été 2015 par la Banque d’Espagne précise que, pour les principales entités bancaires espagnoles, « les critères d'attribution se sont assouplis légèrement sur le segment des prêts à la consommation entre avril et juin 2015, en raison notamment de la plus forte concurrence entre les banques et des perspectives d'amélioration économique ».

Des efforts supplémentaires d'ajustement des réseaux

Un « retour à la normalité » selon le professeur Jordi Fabregat (photo ESADE)
Un « retour à la normalité » selon le professeur Jordi Fabregat (photo ESADE)
Très concrètement , l'activité hypothécaire a augmenté de 37,6 % au cours du premier semestre 2015 (par rapport à la même période l'an dernier), ce qui représente un volume global de prêts de 60,9 mrds €, selon les données de BBVA Research diffusées par la Banque d'Espagne.

Le segment immobilier profite lui aussi de ce nouveau dynamisme, puisque les transactions immobilières ont augmenté de 26,3% en un an (de juin 2014 à juin 2015), selon les derniers chiffres de l'INE (Institut National de la statistique). Même s'il n'y a « pas eu de relâchement sur les critères de ces prêts immobiliers », note le rapport de la Banque d'Espagne. C'est sans doute le signe d'une suspicion persistante vis-à-vis d'une activité immobilière à l’origine de la crise économique et financière en Espagne. Car, si les banques espagnoles vont mieux, elles n'ont pas pour autant complètement tourné la page de cette crise : « Il existe encore beaucoup de possibilités de fusions dans l'organisation du système bancaire espagnol, dans l'optique de l’intégration des plus petites et moyennes entités bancaires issues des anciennes caisses d'épargne. Il est donc évident que nous allons encore assister à des réductions de réseaux », ajoute Jordi Fabregat.

Cette tendance ne s'est d’ailleurs pas arrêtée depuis sept ans. Au cours des douze derniers mois, le secteur bancaire espagnol a dû encore supprimer 7 000. Et plus de 1,7 mrd € ont été consacrés par les principaux acteurs du marché à ces efforts de réduction des réseaux, uniquement au cours du premier semestre 2015.
Dans ce tableau, seule Bankinter fait figure d'exception. Il faut dire que c'est la seule enseigne qui ne se soit pas engagée dans la logique effrénée des prêts à l’immobilier avant l'effondrement de 2008.

La recherche d'économies passe aussi par d'autres stratégies. C'est ainsi que les banques ont préparé ces dernières semaines leurs clients à la facturation des retraits aux distributeurs automatiques des réseaux concurrents. CaixaBank, Santander, BBVA qui regroupent 20 360 distributeurs automatiques (soit 44 % de la totalité en Espagne) ont ouvert cette voie qui va désormais devenir une règle. 

Un tiers des prêts aux PME sous surveillance

« Ce sont finalement des problématiques qui se posent partout en Europe », note Jordi Fabregat, comme pour souligner le retour à la normalité de la banque espagnole, qui n’est plus considérée comme un secteur à risque. « Le seul vrai problème qui s’est posé au cours des deux dernières années, demeure l’augmentation des placements en bourse pour pallier la baisse de rémunération des comptes ; avec à la clé un risque de volatilité des placements pour les clients en cas de crise boursière, mais rien qui puisse là déstabiliser les établissements eux-mêmes », ajoute le professeur de Finances.

Reste tout de même le problème, qui avait été pointé par le FMI (Fonds Monétaire International), dès 2014, et qui vise le risque élevé des prêts accordés aux PME, auquel les banques espagnoles pourraient être confrontées. « C'est un risque toujours réel », concède Jordi Fabregat, « dans la mesure où il concernerait plus d'un tiers des prêts accordés aux PME, ce qui représente donc un volume d'affaires conséquent. » Tout l'enjeu étant de savoir quelle va être l'influence de la conjoncture macroéconomique. Avec une croissance de 3% du PIB en Espagne, comme cela est aujourd'hui envisagé, le problème se résoudra de manière organique ; en cas de ralentissement de cette croissance, il en ira tout autrement…


Lundi 7 Septembre 2015

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