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Le renouvelable tunisien dans l'attente des réformes


Plus de quatre ans après la révolution, le nouveau gouvernement tunisien entré en fonction en février 2015 se lance dans des grands chantiers de réformes économiques. C’est dans ce contexte qu’une conférence internationale consacrée à l'investissement en Afrique du nord s’est tenue jeudi 5 mars 2015 à Tunis. Parmi les thèmes abordés, les énergies renouvelables.


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La Tunisie doit miser sur l'énergie renouvelable (photo F.Dubessy)
La Tunisie doit miser sur l'énergie renouvelable (photo F.Dubessy)
TUNISIE. Le président Barak Obama a encouragé, dans un message vidéo, la Tunisie à mener ses réformes économiques « pour que les citoyens constatent que la démocratie peut conduire à une vie meilleure » à l’occasion de la « Investment and Entrepreneurship Conference » organisée, jeudi 5 mars 2015 à Tunis. 

Un panel était consacré aux énergies renouvelables. Leur développement n’en est encore qu’à ses débuts en Tunisie. Pourtant, le pays ambitionne d’augmenter leur part dans son approvisionnement électrique de 4 à 30% à l’horizon 2030.

L’Opic (Overseas Private Investment Corporation), agence publique américaine pour le financement du privé à l’étranger, classe le domaine du renouvelable dans ses priorités.  Elle apporte chaque année en Afrique un million de dollars de financement accompagnant 2 à 3 M$ (1,8 à 2,7 M€) d’investissements privés. Le secteur des énergies vertes est passé ces quatre dernières années de centaines de millions de dollars d’investissements annuels à près d’un milliard de dollars. Elizabeth Littlefield, Pdg de l’Opic, encourage les investisseurs à s’y intéresser en Tunisie car le pays, souligne-t-elle, « possède beaucoup de ressources naturelles à exploiter : 8 000 mégawatts de potentiel en énergie éolienne et 3 000 jours de soleil chaque année. » Malgré la concurrence régionale, elle se dit certaine que le marché tunisien demeure important.

Attente d’un cadre légal

La STEG ne réalise que 6% de sa production en renouvelable (photo STEG)
La STEG ne réalise que 6% de sa production en renouvelable (photo STEG)
Seulement, les investisseurs attendent un cadre légal, à l’heure où le nouveau gouvernement, entré en fonctions en février 2015, doit détailler son programme de réformes pour les cinq années à venir. « Les investisseurs ont hâte de voir les codes d’investissement et de partenariat public-privé », assure Elizabeth Littlefield. 

Sophian Ben Tounes, Pdg de la section Afrique du Nord du groupe américano-canadien General Electric, le confirme. Les investisseurs attendent ce feu vert. « Des sites ont été identifiés, des travaux démarrés, les finances et études sont là, plusieurs grands projets  de milliers de mégawatts sont prêts à commencer demain », affirme-t-il. General Electric poursuivrait ainsi des pourparlers avec plusieurs investisseurs tunisiens mais aussi étrangers.

Le seul cadre existant se trouve remis en cause. Une loi relative à la production d’électricité à partir d’énergies renouvelables, adoptée en septembre 2014, ouvrait pour la première fois le secteur aux investisseurs privés. Jusqu’alors il entrait dans le seul ressort de la STEG (Société tunisienne de l’électricité et du gaz). Un texte contesté par les syndicats l'accusant de contredire la souveraineté de l’État sur ses ressources naturelles, inscrite dans la Constitution. Il devrait donc être révisé. 

L’ouverture au privé divise

Plusieurs acteurs présents à la conférence internationale sur l’investissement défendent, eux, au contraire cette ouverture. Hedi Larbi, ex-ministre tunisien de l’équipement et du développement durable (de 2014 à février 2015) estime ainsi que les besoins en investissement dans les énergies renouvelables s’élèvent à 5 mrds$ (4,5 mrds€) si l’objectif des 30% veut être atteint. 
Selon lui, le partenariat public-privé dans ce secteur s’impose car « il s'agit d'un investissement lourd qui doit être apporté par le privé,  l’Etat ne disposant pas des ressources nécessaires. Il devra par contre apporter des garanties comme l’achat de cette électricité avec des tarifs permettant un certain rendement. » 

La STEG ne doit pas s'inquiéter, veut-il croire, car, « elle conservera environ 70% du marché et ne sera donc pas menacée, même si les prochaines réformes doivent ouvrir les secteurs sous monopole. »

La STEG dispose pour l’instant de centrales éoliennes dans le Nord-Est du pays. Le renouvelable représente aujourd’hui 6% de sa production, l’équivalent de l’accroissement annuel de la demande en électricité.  « La STEG a montré sa capacité à réaliser un investissement de centrales électriques de 500 mégawatts tous les sept ans, or, les besoins de croissance correspondent au double », s’exclame Radhi Meddeb, Pdg du groupe tunisien d’ingénierie et de conseil COMETE. « Allons nous accepter de freiner la croissance ou bien plutôt mobiliser d’autres financements pour appuyer les efforts de la STEG ? », s’interroge-t-il. Et d’ajouter, confiant : « La STEG gardera le monopole sur le transport et la distribution de l’électricité mais la production doit être libéralisée


Vendredi 6 Mars 2015

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