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Le président algérien dissout le Parlement et remanie le gouvernement


Rédigé le Vendredi 19 Février 2021 à 10:40 | Lu 1466 commentaire(s)


Le président algérien veut reprendre la main (photo : DR)
Le président algérien veut reprendre la main (photo : DR)
ALGÉRIE. Après trois mois en tout d'hospitalisation en Algérie puis en Allemagne pour cause de covid-19 et de complications avec notamment une opération au pied, Abdelmadjid Tebboune a décidé, jeudi 18 février 2021 dans un discours télévisé à la nation, de dissoudre l'Assemblée populaire nationale (APN - assemblée nationale). Des élections législatives anticipées devraient donc se dérouler à une date non encore précisée. Le scrutin était normalement programmé en 2022 et une nouvelle loi électorale se préparait à être votée pour les élections locales et législatives.

Lors de cette prochaine consultation, le président algérien souhaite ouvrir ses portes à la jeunesse. "Les jeunes doivent intégrer les institutions politiques, et nous allons les aider, en prenant en charge une partie de leur campagne électorale."

Moins d'un quart des votants s'était déplacé lors du référendum sur la nouvelle constitution algérienne début novembre 2020.

Abdelmadjid Tebboune va parallèlement, sous 48 heures, annoncer des changements dans son gouvernement. "Ce remaniement concernera des secteurs où il existe un manque de performances, ressentis par les citoyens et nous-même", souligne-t-il. Il a d'ailleurs discuté avec six responsables de partis d'opposition.

Une situation économique et sociale des plus difficiles

Lors de son discours, Abdelmadjid Tebboune a également promis de libérer plusieurs dizaines de prisonniers d'opinion, issus du Hirak. Ce mouvement populaire a entraîné le renoncement de l'ancien président Abdelaziz Bouteflika à briguer un cinquième mandat, sa démission, et le passage devant la justice d'une partie de son clan. Le Hirak se prépare à fêter ses deux ans ce 22 février 2021. Et si les restrictions dues à la pandémie le prive juridiquement de manifestations depuis mars 2020, le pouvoir algérien craint un regain de tension. Déjà mardi 16 février 2021 à Kherrata (300 km à l'Est d'Alger), où est né ce mouvement, des milliers de personnes se sont retrouvés dans la rue pour fustiger le président et la corruption ainsi que réclamer la libération des détenus d'opinion.

Sur ce dernier point, Abdelmadjid Tebboune les aura au moins entendu : "J'ai décidé d'accorder la grâce présidentielle à une trentaine de personnes pour lesquelles une décision de justice avait été rendue ainsi qu'à d'autres pour lesquelles aucun verdict n'a été prononcé. Entre cinquante-cinq et soixante personnes rejoindront à partir de ce soir ou demain leur famille", précisait-il dans son discours.

Au pouvoir depuis décembre 2019, Abdelmadjid Tebboune affronte une situation économique et sociale des plus difficiles. Le taux de croissance de l'Algérie a plongé de 6,5% en 2020 alors que le volume global des exportations se trouve en recul de 11% en 2020 et de 40% en valeur. Le taux de chômage se situe à 15% (30% chez les jeunes). Après avoir diminuée de près de 65% (selon les chiffes de la Banque centrale d'Algérie) entre 2014 et 2019, les réserves de change devrait atteindre les -75% selon les prévisions de la loi de finances 2021 pour tomber à moins de 47 mrds$ (38,75 mrds€). "Il est temps de relancer l'économie et l'investissement, créateur de richesses et d'emplois (...) et de s'éloigner de la fausse économie basée sur l'importation et la facturation", clame le président.




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