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Le premier ministre palestinien furieux contre le plan de paix de Trump


Rédigé par le Lundi 27 Janvier 2020 | Lu 1391 commentaire(s)


Mohammad Shtayyeh et Mahmoud Abbas demeurent opposés au plan américain (photo : Fatah)
Mohammad Shtayyeh et Mahmoud Abbas demeurent opposés au plan américain (photo : Fatah)
ISRAËL / PALESTINE. Le plan de paix, qui devait être officiellement révélé mardi 28 janvier 2020 par Donald Trump en présence de Benyamin Netanyahou, mais aussi de son adversaire Benny Gantz aux prochaines législatives, fait déjà bondir Mohammad Shtayyeh. Le premier ministre palestinien n'a pas hésité à lancé, lundi 27 janvier 2020, que "ce plan vise à protéger Trump de la destitution et à protéger Netanyahou de la prison ." Il appelle la communauté internationale à boycotter ce projet qui "contrevient au droit international" alors que "les droits des palestiniens ne sont pas à vendre."

Aucun membre de l'autorité palestinienne ne sera présent à Washington à cette occasion, ses dirigeants ayant décidé de ne plus avoir de relations avec les Américains depuis le transfert de leur ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem en mai 2018, reconnaissant ainsi la ville trois fois sainte comme capitale de l'Etat israélien. La presse israélienne évoque le refus de Mahmoud Abbas, le président palestinien, de prendre au téléphone Donald Trump, lundi 27 janvier 2020.

Selon l'Autorité palestinienne, le plan, qu'Israël qualifie d'"accord du siècle", prévoit notamment l'annexion par Israël de la vallée du Jourdain et des implantations israéliennes en Cisjordanie. Il entérinerait également Jérusalem comme capitale du pays. Un accord donc très favorable à Israël et ne prenant pas en compte les revendications palestiniennes. Laissant à la Palestine une autonomie politique sur le reste de leur territoire, donc Gaza et une maigre partie de la Cisjordanie.

"Transformer l'occupation temporaire en occupation permanente"

Déjà en novembre 2019, Mike Pompeo, chef de la diplomatie américaine, préparait le terrain en déclarant que "l'établissement de colonies de civils israéliens en Cisjordanie n'est pas en soi contraire au droit international". Ces propos avaient alors provoqué de nombreuses réactions négatives en provenance de cinq pays, tous membres du Conseil de sécurité des Nations unies. Mais aussi de l'Onu. Quelques mois avant, en mai 2019, l'administration américaine dévoilait que la solution à deux Etats ne serait pas retenue dans le futur plan.

Selon Saeb Erekat, secrétaire général de l'Organisation pour la libération de la Palestine (OLP), ce texte "va transformer l'occupation temporaire en occupation permanente."

Ce plan de paix concocté par Jared Kushner, gendre du président américain, est le volet politique d'un ensemble destiné à régler le conflit israélo-palestinien. Il a été précédé par un volet économique présenté en juin 2019 à Bahreïn et prévoyant des investissements de 50 mrds$ (45 mrds€) pour le développement des infrastructures en Cisjordanie et à Gaza. Une enveloppe principalement abondée par les pays arabes et destinée à doubler en dix ans le PIB de l'Autorité palestinienne et de créer un million d'emplois pour les Palestiniens.