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Le nouveau gouvernement libanais au pied du mur face aux enjeux cruciaux du pays




Le nouveau gouvernement libanais a tenu sa première réunion autour du président Michel Aoun (photo : Présidence libanaise)
Le nouveau gouvernement libanais a tenu sa première réunion autour du président Michel Aoun (photo : Présidence libanaise)
LIBAN. Le temps est compté pour le nouveau Président du Conseil des ministres libanais. Désigné le 26 juillet 2021 par le président de la République Michel Aoun, Najib Mikati a présenté, vendredi 10 septembre 2021, son équipe composée de vingt-quatre ministres. Dès lundi 13 septembre 2021, il les réunissait au palais présidentiel en présence de son locataire. "Nous allons faire face à de grandes difficultés et nous allons travailler pour trouver des solutions possibles", assure ce dernier. Il reste en effet une étape à franchir, obtenir le vote de confiance du Parlement. Et donc présenter une feuille de route, la déclaration ministérielle, acceptable par la majorité des partis présents dans cette chambre. Nabih Berri, président du Parlement a déjà adoubé la nouvelle équipe, tout comme le président Michel Aoun, sinon, ce gouvernement n'aurait pas pu voir le jour. Najib Mikati entend proposer un "plan complet de sortie de crise."

La composition de la nouvelle équipe a été vite critiquée. Issue, comme d'habitude, des tractations entre les différentes communautés, dont n'arrive pas à se détacher le Liban malgré plusieurs déclarations, dont celle du président voici plus d'un an, elle demeure loin du "gouvernement de mission" prôné par l'initiative d'Emmanuel Macron pour mener les réformes structurelles. Le pays vient au moins de régler une instabilité politique en se dotant du premier gouvernement après treize mois d'attente depuis la démission d'Hassan Diab suite à l'explosion du port de Beyrouth (200 morts et des quartiers détruits) en août 2020.

Le FMI en soutien

Il reste cependant encore deux gros chantiers très intimement liés : le social et l'économique. Avec un enjeu de taille : Agir vite pour réussir à, enfin, débloquer les aides conditionnelles promises par les donateurs internationaux. Ainsi que celles, indispensables pour relever le Liban, du Fonds monétaire international (FMI) avec qui il va falloir vite reprendre les négociations interrompues en juillet 2020. Michel Aoun le souhaite fortement, comme il l'a rappelé lundi 13 septembre 2021.

Parallèlement, le pays du Cèdre va pouvoir compter sur 1,135 mrd$ (0,97 mrd€) au titre des droits de tirage spéciaux (DTS) alloués par le FMI, comme l'a annoncé le nouveau ministre libanais des Finances, Youssef Khalil, également lundi 13 septembre. Cette somme devrait être virée le 16 septembre 2021 sur un compte spécial de la Banque centrale du Liban (BDL). Début août 2021, Kristalina Georgieva prévenait : "Il est impératif que les DTS soient utilisés de manière responsable et éclairée. Cela est vrai partout, mais c’est particulièrement important pour le Liban, qui connaît une situation très difficile.  L’allocation de DTS est précieuse. Elle doit être mise à profit dans l’intérêt suprême du pays et de sa population. La manière de l’utiliser relève bien sûr d’une décision souveraine, mais il faut absolument prendre une bonne décision. Le peuple libanais a le droit de savoir en quoi ces DTS vont lui être utiles." La directrice générale du FMI suggérait fortement quatre actions : s'attaquer de front au problème fondamental de la gouvernance (lutte contre la corruption, gestion des entreprises publiques, réaliser un audit de la banque centrale et de la compagnie d'électricité); mettre en œuvre une stratégie budgétaire prévoyant une restructuration profonde de la dette et des réformes visant à restaurer la crédibilité du pays; procéder à une restructuration complète du secteur financier en reconnaissant les pertes des banques privées et de la banque centrale; mettre en place un système monétaire et de change crédible étayé par une unification des taux de change.

Najib Mikati, milliardaire, qui a fait fortune dans les télécoms, a déjà dirigé le Liban par deux fois d'avril à juillet 2005 puis entre juin 2011 et février 2014. Sa tâche demeure cependant rude pour ce troisième mandat avec une dette atteignant les 100 mrds$ (la troisième mondiale), une monnaie, la livre libanaise, qui a perdu plus de 90% de sa valeur et un pays en situation de cessation de paiement depuis le 7 mars 2020. Il convient d'ajouter les conséquences de la pandémie de Covid-19, le manque de devises étrangères, les pénuries de carburant et de médicaments ainsi que les coupures d'électricité. Le Liban traverse, depuis l'été 2016, l'une des pires crises économique au monde depuis 1850 selon une déclaration de la Banque mondiale.

Lundi 13 Septembre 2021

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