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Le gigawatt et l'alevin redeviennent compatibles sur le Verdon



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Chaudanne est le plus ancien et le plus haut barrage hydroélectrique sur un Verdon à haute diversité biologique (Photo DR EDF)
Chaudanne est le plus ancien et le plus haut barrage hydroélectrique sur un Verdon à haute diversité biologique (Photo DR EDF)

FRANCE. Selon les sous-espèces, les truites, poisson le plus prisé des pêcheurs provençaux, fraie de la fin de l’automne au printemps. Quand les eaux ne sont ni trop turbides, ni trop violentes.

L’envoi massif d’eaux de turbinage via un barrage hydroélectrique aura un impact forcément négatif sur la démographie de l’espèce.

En aval du plus haut et du plus ancien des barrages EDF du Verdon, Chaudanne, la construction d’un escalier à poissons devrait permettre le passage des truites vers des eaux plus calmes, légèrement en amont, plus propices au développement futur de milliers d’œufs.

« L’impact des éclusées en aval du barrage rendait la reproduction des truites problématique » résume Corinne Guin,  chargée de mission du Parc Naturel Régional du Verdon, «  les frayères étaient mises hors d’eau lors du reflux ». La violence des eaux était suivie par leur absence. Il valait mieux aider les poissons à remonter le courant à la recherche d’eaux plus stables.
 

Par paliers de 30 cm et sur 4 m de hauteur, les truites et autres poissons du Verdon, devraient demain pouvoir remonter jusqu’à un bras calme de rivière, en amont des lieux de restitution de l’eau turbinée, et s’y reproduire.
 

Le Verdon est une des rivières les plus pures et dont la biodiversité est la plus intéressantes en France méridionale. Ses eaux sont à peine filtrées et déjà potables, qui alimentent Aix-en-Provence et Marseille ; sa biodiversité est remarquable ; elle accueille des milliers de touristes, notamment sur les berges des lacs artificiels, créées par l’électricien historique français EDF  entre les années 1940 et 1980, et qui fournissent peu ou prou la moitié de l’électricité produite en Provence.


Turbiner moins mais positiver la contrainte

Un groupe de restitution, la technologie au service de l'environnement (photo DR EDF)
Un groupe de restitution, la technologie au service de l'environnement (photo DR EDF)

Les travaux de cette passe à poissons, actuellement en fin d’un chantier assuré par l’entreprise Guintoli (Aix-en-Provence), auront coûté 400 k€. Le système de financement des actions en faveur du milieu aquatique, en France, fait largement appel aux aides de l’Agence de l’Eau, qui prend en charge environ 60% des coûts. Le Conseil Général des Alpes-de-Haute-Provence lui, aura assumé 20%, et EDF le reste.

C’est à l’occasion d’un dispositif jugé pratique en France par les acteurs de l’eau, le « contrat de rivière » qu’EDF a pris des engagements, au-delà de la réalisation de cette passe à poissons : « nous allons restituer plus d’eau au Verdon pour tenir compte de sa spécificité » résume la chargée du projet à EDF, Catherine Le Normant. Ce débit réservé « écologique » passe en effet de 0,5 m3 par seconde à 3m3 par seconde, hors de la période estivale.

L’effort semble conséquent, la réglementation européenne aurait en effet imposé un débit de 0,7m3 par seconde à partir de juillet 2014. Pour l’électricien ce ne sera pas sans conséquences économiques : « la perte annuelle serait de 10 GWh, soit en moyenne la consommation domestique d’une ville de 4 000 habitants ». Et cela dans un contexte où la Provence, qui produit moitié moins d’électricité qu’elle n’en produit, connaît régulièrement des pics de consommation qui la mettent en danger de rupture électrique.

Cependant EDF a positivé la contrainte en réalisant une micro centrale électrique directement sous le barrage de Chaudanne. « Elle recevra les eaux qui vont être restituées au Verdon et permettra avec celles-ci de produire 7 GWh d’énergie renouvelable, là aussi avec des financements de l’Agence de l’Eau et d’EDF » souligne Catherine Le Normant.

Article réalisé en partenariat avec EDF


Mardi 19 Avril 2011


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