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Le financement de l'innovation en Méditerranée fait débat à Luxembourg


MEDITERRANEE. Réunie au siège luxembourgeois de la Banque européenne d'investissement (BEI), la 15e Facilité euroméditerranéenne d'investissement et de partenariat (Femip) a permis aux fonds d'investissement et aux entreprises innovantes d'échanger sur le financement de l'innovation en Méditerranée.


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La 15e Femip réunissait financeurs et développeurs (photo F.Dubessy)
La 15e Femip réunissait financeurs et développeurs (photo F.Dubessy)
MEDITERRANEE. Rôle des produits de prêts directs et intermédiés, conseils techniques, capital de croissance, nouveaux segments de marché, extensibilité et reproductivité, le financement de l'innovation se trouvait au coeur des discussions de la 15e Femip (Facilité euroméditerranéenne d'investissement et de partenariat) qui se tenait à Luxembourg, lundi 27 octobre 2015.

"Les gouvernements ne créent pas d'emploi, le secteur privé oui !" lance d'emblée Roman Escolano, vice-président de la Banque européenne d'investissement, dont le bras armé financier, la Femip, a financé depuis cinq ans le secteur privé à hauteur de 5 mrds€. "Le crédit direct reste la principale source de financement des entreprises, d'où leur fort endettement" poursuit Mohammed Habib Ben Saad, pdg de la Banque de Tunisie. En Tunisie, le crédit aux entreprises représente 75% du total des engagements bancaires et les deux tiers du revenu du secteur bancaire.

Comme l'indique Heinz Olbers, directeur du département Pays Voisins à la BEI, "les coûts de financement demeurent très élevés dans cette région Mena." Même si, dans certains pays, "l'Etat intervient pour réduire le coût des crédits aux entreprises avec notamment une garantie de change" pondère Mohamed Habib Ben Saad.

Hagop Taminian et Yousef Wadi, le premier finance, le second développe (photo F.Dubessy)
Hagop Taminian et Yousef Wadi, le premier finance, le second développe (photo F.Dubessy)
Ces prêts restent indispensables pour permettre aux entreprises innovantes de se développer.

Yousef Wadi a co-fondé la société ArabiaWeather en Jordanie. Tout a commencé par un site Internet en arabe sur la météo lancé par ce passionné du climat depuis son plus tendre âge. Un jour, il annonce une tempête de neige en Jordanie. La météo nationale n'a rien vu venir... Le gouvernement signe alors avec lui un contrat. Et tout s'enchaîne avec la création d'une société à Aman dont il devient le directeur technologique et le lancement d'une application pour mobile.

Aujourd'hui, ArabiaWeather travaille avec vingt-deux pays arabes sur les secteurs de l'aéronautique et de l'agriculture, a levé 7 M$ (6,3 M€) et emploie soixante-dix salariés. "Il n'existe pas de pénurie d'idées mais elles ne sont pas toujours structurées. Ceci s'explique par la jeunesse de la génération qui lance les innovations" soulève Yousef Wadi.

"Nous avons étudié plusieurs centaines de dossiers. Il faut investir dans des entreprises visant de grands marchés. Si nous trouvons un dossier avec une bonne équipe, nous faisons tout pour structurer le projet et réussir à le financer" commente Hagop Taminian, responsable de Badia Impact Fund. Lancé en février 2015 en Jordanie, ce fonds est intervenu en capital investissement dans ArabiaWeather mais aussi dans huit autres entreprises.

"La question clef reste de soutenir le bon entrepreneur" explique Hatim Ben Ahmed. Associé de Mediterrània Capital Parners au Maroc, il investit sur "des entreprises au modèle déjà éprouvé, qui connaissent la croissance et présentent des opportunités de développement. Ceci va des couches-culottes en Algérie, à la banque au Maroc, en passant par la téléphonie en Tunisie." Le capital-risqueur marocain dispose d'un portefeuille de quinze entreprises pour un investissement de 100 M€.

"Nous proposons un modèle nous permettant de financer, à hauteur de 10 à 15% du capital, les hommes qui ont des idées !" Président de Sawari Ventures (Le Caire, Beyrouth, Tunis), Ahmed El Alfi affirme "fonctionner comme une entreprise lucrative. Nous avons fait beaucoup d'erreurs mais nous apprenons de nos erreurs. Pour notre premier accélérateur en 1988, il fallait des sommes considérables. Mais maintenant, les innovations dans les nouvelles technologies restent plus abordables."

Lire aussi notre dossier sur la 15e Femip

Frédéric Dubessy, au LUXEMBOURG
Mardi 27 Octobre 2015

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