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Le concept Better Place reste toujours d'actualité


Un peu plus d'un an après la liquidation de Better Place, Shai Agassi, l’inventeur des véhicules ‘tout électrique", à batteries amovibles échangeables, revient avec une nouvelle entreprise qui compte faire rouler les transports en commun britanniques à l’électricité.


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La Renault Fluence ZE. Photo (DR)
La Renault Fluence ZE. Photo (DR)
ISRAËL. Le rêve d’un monde sans essence n’est pas mort. Shai Agassi, le fondateur de Better Place, la start-up pionnière des batteries électriques à changement rapide, revient sur le marché des véhicules sans essence avec une nouvelle entreprise appelée Newrgy.

Pour la première fois depuis la chute de Better Place, Shaï Agassi a fait une apparition publique à Londres le 26 juin 2014, à l’occasion d’une conférence de presse organisée par Frost and Sullivan consultants, sur les solutions alternatives adaptées aux transports municipaux.

Le jeune entrepreneur s’est présenté comme président et fondateur de Newrgy. "Notre compagnie va fabriquer des transports collectifs électriques à batteries amovibles, et cible avant tout les gouvernements et les clients municipaux" a-t-il annoncé.

Aucun chiffre n’a été pour le moment dévoilé au public. Mais Shaï Agassi a bien précisé: "Je ne me lancerai pas cette fois-ci sur le marché des consommateurs privés, du moins au début."  La municipalité de Londres s’est d’ores et déjà montrée très intéressée par le projet.

Renault et Better Place, une histoire qui finit mal

Mardi 26 août 2014, l’importateur de Renault et Nissan en Israël, Carasso Motors Ltd, a envoyé à la casse plusieurs centaines de Renault Fluence ZE. Les véhicules ont été conservés pendant dix-huit mois, au port d’Ashdod. Le jour même de la destruction des véhicules, Carasso Motors Ltd, déclarait au quotidien économique israélien Globes: "Nous détruisons essentiellement les Fluences ZE qui ont été détériorées par un stockage trop prolongé à Ashdod. Les véhicules qui sont encore utilisables seront bientôt mis à la vente, grâce à diverses campagnes de marketing."

Voici quelques années, Carlos Ghosn, patron de Renault-Nissan, se laisse convaincre par Shaï Agassi de l'intérêt d'un système d'échange rapide de batterie pour sa voiture familiale Fluence ZE, en Israël. Shaï Agassi voit beaucoup trop gros et promet à Renault de vendre 100 000 voitures jusqu'en 2016 en Israël (50% du marché automobile israélien annuel). Mais le chiffre des ventes israéliennes ne dépasse pas 500 véhicules, dont les trois quart sont des employés de la compagnie.

Le contrat avec Renault est peu avantageux, obligeant Better Place à lourdement subventionner les ventes. De plus, les stations d'échange ont vu passer leur prix de 500 000 $ (386 000€) à 2 M$ (1,54 M€).

Better Place est liquidé en Mai 2013. Renault cesse complètement de construire la Fluence ZE (même le modèle hybride qui fonctionne aussi à l’essence), depuis le 19 Janvier 2014. Aujourd’hui, le constructeur français réclame 65 M€ en tant que créancier garanti et étudie les autres dettes, notamment celle concernant les stocks de batteries pour la Fluence ZE qu’il fabriquait pour Better Place.

Les raisons de la chute

Selon Shaï Agassi, c’est surtout l’État israélien qui est responsable de l’échec de la compagnie, en refusant de réduire les taxes sur les voitures électriques, et de subventionner le projet.

Better place récolte dans un premier temps 200 M$ (154 M€) de fonds privés pour son projet. HSBC, UBS, Morgan Stanley, General Electric, Vantage Point Capital Partners se laissent convaincre, ainsi qu'Israël Corp, la première holding israélienne, qui devient l'actionnaire majoritaire à hauteur de 33 %.

Pour la journaliste du supplément économique du journal Haaretz, Orna Cohen «Depuis le début, Better Place n’a pas de business plan solide. De plus Shaï Agassi avait tendance à changer constamment la stratégie économique de la compagnie.»

Mais pour beaucoup, lorsqu’en octobre 2012, Shaï Agassi est démis de ses fonctions par Israel corp, c’est le début de la chute. Better Place, sans son fondateur ne pouvait pas fonctionner, car tout reposait sur le charisme du jeune entrepreneur.



Israel Corp continue à investir dans les véhicules électriques avec un constructeur Chinois

Le 27 avril 2014, les actionnaires d’Israël Corp. font appel à la justice, pour obtenir l’ensemble des rapports liés aux investissements Better Place de la compagnie de fonds. Très en colère, ils clament que le président d'Israël Corp., Nir Gilad a injecté  33.5 m$ (26M€) dans Better Place, la veille de sa liquidation.

Le 28  août 2014, dans un communiqué de presse sur  les investissements d’Israel corp en 2014, Nir Gilad le président de la compagnie, déclare : “l’aventure Better place ne nous a pas découragé. Nous venons d'investir 600 M$ (463 M€) dans la joint-venture Israélo Chinoise Qoros, qui fabrique et distribue des voitures hybrides et électriques. C’est plus du double que ce que nous avons investi dans Better Place !"

Il ajoute: "Le conseil de la direction de l’Israel Corp est entièrement satisfait de mes décisions, même celles concernant les investissements dans Better Place. La compagnie a coulé en 2013, mais le concept de Better place, est loin d’être terminé. Nous analysons et réétudions constamment l’évènement Better Place afin de l’adapter  au futur."



Lundi 15 Septembre 2014

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