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Le chef du gouvernement italien ne veut plus du tunnel Lyon-Turin


Rédigé par le Vendredi 8 Mars 2019 | Lu 1615 commentaire(s)


ITALIE / FRANCE. La brouille devrait se poursuivre en Paris et Rome en prenant, cette fois-ci, et après les polémiques sur la colonisation de l'Afrique, les gilets jaunes et le rappel de l'ambassadeur de France en Italie, la voie du tunnel ferroviaire Lyon-Turin.

Déjà en février 2019, un rapport d'experts italiens concluait à la non-rentabilité de cette infrastructure et venait après un avis de la cour des comptes française d'août 2016 jugeant sa construction hors de portée budgétaire pour l'Etat français.
Aujourd'hui, le ton se durcit entre la France et l'Italie mais pas seulement. La polémique se propage au sein même du gouvernement italien alors que le Mouvement 5 Etoiles (anti-système) se dit contre cet ouvrage et la Ligue (extrême droite), pour. Voilà qui pourrait bien faire éclater la coalition au pouvoir.

"J'ai exprimé de forts doutes et ma perplexité sur l'opportunité de cet ouvrage. Je ne suis vraiment pas convaincu qu'il s'agisse d'un projet dont l'Italie a besoin", insistait Giuseppe Conte, président du Conseil italien, jeudi 7 mars 2019. En écho, Elisabeth Borne, ministre française des Transports, indiquait quelques heures après être "convaincue de la pertinence de ce projet majeur pour les échanges entre les deux pays et l'Europe."

Le tunnel Lyon-Turin jouerait un rôle important dans le maillage européen (carte : Transalpine)
Le tunnel Lyon-Turin jouerait un rôle important dans le maillage européen (carte : Transalpine)
Reste que Giuseppe Conte a demandé à l'Europe, qui finance à 40% le projet, mais aussi à la France, de rediscuter de ce dossier objet pourtant d'un traité bilatéral signé en 2017. Il souhaite une réévaluation en matière de volume de trafic sur les rails pour "vérifier s'il est (NDLR : le tunnel ferroviaire) toujours pertinent", souligne un communiqué de la présidence du Conseil italien. "Et si tel est le cas, (étudier) la possibilité de répartir différemment ses coûts économiques", poursuit le texte. Le 21 février 2019, la Chambre italienne des députés votait d'ailleurs une motion réclamant au gouvernement de revoir intégralement le projet Lyon-Turin.

Le chantier, qui a débuté en 2018, se trouve désormais à l'arrêt depuis six mois à cause du gel de l'attribution de nouveaux contrats. Des appels d'offres doivent pourtant être validés d'ici le 11 mars 2019 par l'Italie sous peine de voir 300 M€ de subventions européennes partir en fumée.
D'un coût total de 8,6 mrds€, le tunnel (57,5 km de long) a commencé à être creuser dans les Alpes italiennes et françaises avec un état d'avancement de 15%. Il permettrait à un TGV de mettre Turin à deux heures de Lyon et désengorgerait le trafic poids-lourds des tunnels de Fréjus et du Mont-Blanc.

Selon Armando Siri (La Ligue), secrétaire d'Etat italien aux Infrastructures, qui s'exprimait dans un entretien, vendredi 8 mars 2019, dans le journal Corriere della Sera, la renonciation à ce chantier coûterait plus de 3 mrds€ à l'Italie. Ce chiffre faramineux, l'autorise à penser qu'un arrêt des travaux "n'aura pas lieu." Matteo Salvini, ministre italien de l'Intérieur, affirme que son parti La Ligue "ne signera jamais un décret" bloquant le projet. Une déclaration qualifiée de "comportement irresponsable" par Giuseppe Conte.










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