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Le chef d'état-major de l'armée algérienne balaie les principales revendications des manifestants


Ni report de l'élection présidentielle, ni retrait du nouveau chef de l'Etat et de son premier ministre. L'homme fort de l'Algérie, le général Ahmed Gaïa Salah, refuse en bloc les deux principales revendications des manifestants et justifie sa décision par sa volonté d'"éviter de tomber dans le piège du vide constitutionnel."


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Ahmed Gaïa Salah reste ferme sur le respect de la Constitution algérienne (photo : ANP)
Ahmed Gaïa Salah reste ferme sur le respect de la Constitution algérienne (photo : ANP)
ALGÉRIE. Sa réponse aux revendications des manifestants, qui occupent le pavé depuis le 22 février 2019, était attendue. Le général Ahmed Gaïd Salah a rejeté, dans un discours à Ouargla lundi 20 mai 2019 au soir, la demande de report de l'élection présidentielle algérienne prévue le 4 juillet 2019 ainsi que les mises à l'écart du chef de l'État par intérim, Abdelkader Bensalah, et de son premier ministre Noureddine Bedoui.
"La tenue de l'élection présidentielle permettra d'éviter de tomber dans le piège du vide constitutionnel et de tout ce qui s'en suivra comme dangers et dérapages aux conséquences désastreuses", explique le chef d'état-major de l'armée algérienne qui est également vice-ministre de la Défense nationale.

Le général en appelle à "accélérer la création et l'installation de l'instance indépendante pour l'organisation et la supervision" de cette élection.
Mardi 21 mai 2019, dans un entretien au journal Tout sur l'Algérie, Mohamed Djemai, secrétaire général du Front de libération nationale, réclamait "une élection crédible et transparente", tout en précisant que "pour que l'élection soit ainsi, il lui faut une commission indépendante d'organisation et de supervision." Il plaide également pour la révision de la loi électorale. "Pour l'heure, on ne peut donc pas aller à une élection présidentielle sans ces deux conditions sine qua none", lance Mohamed Djemai. Il ne souhaite néanmoins retarder trop ce scrutin. "L'Algérie a besoin d'une stabilité et d'une sérénité pour protéger notre économie ainsi que nos frontières", précise-t-il.

Selon le site du ministère algérien de l'Intérieur, au lundi 20 mai 2019, "le bilan provisoire de la remise des formulaires de souscription de signatures individuelles pour les postulants à la candidature à l'élection de la Présidence de la République (...) compte soixante-seize lettres d'intention déposées". Par contre, boycott de l'opposition oblige, seuls les dirigeants de trois petits partis auraient pour l'instant retiré un dossier de candidature pour ce scrutin. Pourtant, la date limite de leur dépôt a été fixée au jeudi 23 mai 2019.

Ne pas déposséder les institutions de l’État de ses cadres

S'exprimant également sur l'autre principal point de contestation, Ahmed Gaïa Salah qualifie "l'exigence du départ collectif de tous les cadres de l'État, sous prétexte qu'ils représentent les symboles du système" de "revendication (...) irraisonnable, voire dangereuse et malveillante, qui vise à déposséder les institutions de l'État de ses cadres."
Abdelkader Bensalah, président du Conseil de la Nation (Sénat), occupe son poste depuis le 9 avril 2019 en vertu de l'article 102 de la Constitution algérienne. Un texte auquel veut s'accrocher le nouvel homme fort du pouvoir, alors que la rue entend faire table rase du passé avant de se rendre aux urnes. Le président par intérim ne peut exercer sa fonction que pour une durée maximale de quatre-vingt-dix jours. D'autre part, il n'a pas le droit de se présenter à l'élection présidentielle.

Artisan du renoncement d'Abdelaziz Bouteflika à briguer un cinquième mandat mais aussi de sa démission, le général Ahmed Gaïa Salah a fait procédé à de nombreuses arrestations d'hommes d'affaires et de politiques pour corruption ou abus de pouvoir. Ceci lui avait valu dans un premier temps le soutien des manifestants. Mais, la foule, qui craint l'installation d'un pouvoir militaire, s'est retournée contre lui depuis qu'il refuse de sortir du cadre de la Constitution.

"En somme, ceux qui veulent maintenir le pays dans l’impasse sont des individus et des entités qui tentent sciemment de nous mener vers le vide constitutionnel avec tous les risques et menaces qu’il peut comporter. L’impasse politique et le vide constitutionnel planifiés de manière délibérée par ces entités est un parcours aux conséquences désastreuses sur les plans économique et social du pays, notamment dans le domaine des investissements et la préservation des postes d’emploi et du pouvoir d’achat des citoyens, voire sur tous les autres plans ayant un lien avec le processus de développement de manière générale. Il parait que certains sont dérangés de voir l’État préserver sa notoriété et que ses institutions continuent à s’acquitter normalement de leurs missions, en dépit de cette crise", souligne Ahmed Gaïa Salah. Il réclame désormais l'émergence d'une élite pour jouer le rôle d'interlocuteurs avec le pouvoir en place.

Mardi 21 Mai 2019

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