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Le capital investissement au secours de la PME tunisienne


Conect, la confédération des entreprises citoyennes de Tunisie, entend promouvoir le capital-risque. Les chefs d'entreprises restent divisés sur cette alternative permettant de financer en haut de bilan les entreprises.


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TUNISIE. La Tunisie vit depuis le déclenchement de la révolution du 14 janvier 2011 une période de transition décisive tant à l’échelle politique qu’à l’échelle économique et sociale. Deux ans après, le constat est amer : la situation socio-économique du pays n’a cessé de se dégrader, sans parler de l’extrême lenteur des changements politiques à même justement de donner une visibilité aux acteurs économiques notamment pour réaliser les objectifs premiers de la révolution à savoir l’emploi et l’amélioration des conditions de vie des Tunisiens en général et celles des populations démunies des régions intérieures en particulier.

Dès lors la réflexion s’est focalisée certes sur les actions conjoncturelles et l’amorce de réformes économiques structurelles apanage du secteur public, mais aussi sur le rôle du secteur privé en tant que dynamiseur de la relance tant attendue. Aussi l’entreprise privée reste-t-elle au cœur même du débat et des actions qui en découlent notamment en termes de création de richesses et d’emplois conséquents.

C’est dans cette dynamique que s’est inscrit l’atelier de travail organisé par la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (Conect) et ses partenaires, jeudi 20 décembre 2012 à Tunis, avec pour thème « la private equity pour le financement de la PME moderne et transparente. » Et le contexte s'avère des plus favorables. Il se caractérise, comme l’a souligné le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT) Chedly Ayari, par des difficultés d’accès de l’entreprise, souffrant de sous-capitalisation, à l’intermédiation bancaire et à celle du marché financier. Ceci handicape sa création, son développement, sa transformation… Dès lors le recours au capital-investissement ou private equity, constitue une alternative efficiente pour compléter le concours des institutions de crédit au financement des PME.

A ce propos Chedly Ayari relève que « le nombre de Sicar (ndlr : sociétés d'investissement à capital risque) actives dans le pays s’élève actuellement à 43 regroupés en 4 catégories : les Sicar bancaires (17), les Sicar régionales (7), celles de groupes privés (4) et les indépendantes (15). À fin septembre 2012, les approbations des Sicar ont concerné 3 762 projets pour un montant de 1 677 millions de dinars (environ 840 M€), mais les décaissements effectués se sont élevés à 1081 MD (environ 540 M€) seulement pour 2 427 projets. Ainsi, et par comparaison au financement bancaire, le capital investissement n’arrive à assurer que près de 3% du total des financements bancaires. » Selon le gouverneur de la BCT, « Ceci témoigne du fort potentiel de développement de ce secteur surtout dans un nouvel environnement économique caractérisé par une meilleure gouvernance. »


Les chefs d'entreprise tunisiens partagés sur l'intérêt des sicar

Chedly Ayari, gouverneur de la BCT, se dit favorable au capital risque (photo F.Dubessy)
Chedly Ayari, gouverneur de la BCT, se dit favorable au capital risque (photo F.Dubessy)

Reste qu’un tel apport du capital investissement ne fait pas l’unanimité. Certains entrepreneurs, rencontrés par econostrum.info en marge de cet événement, y adhèrent totalement, d’autres lui préfèrent le financement classique bancaire. Pour le président de la Conect, Tarek Chérif, « les entrepreneurs devraient sortir des sentiers battus et penser à s’ouvrir sur leur environnement, s’agrandir, se développer… Ce qui ne peut pas se faire par les banques déjà sous-capitalisées, ni par les Sicar bancaires qui font aussi du crédit. Nous voulons du capital-risque qui s’implique avec nous, qui nous apporte un concours en fonds propre, de vrais fonds propres avec une vraie prise de risque et pas du portage qui n’est qu’une forme d’endettement encore plus handicapante. D’autre part, le capital risque favorise un accompagnement stratégique et financier à tous les stades de la vie de l’entreprise, apporte son savoir-faire, son coaching… »

Slim Zeghal, PDG d’Altea packaging, affirme aussi être « très convaincu du rôle du capital investissement pour le développement de l'entrepreneuriat en Tunisie ». Et de préciser qu’il préfère aujourd’hui perdre sa majorité et « avoir une part du gâteau que tout garder et le gâcher ». Grâce au private equity, ce chef d'entreprise a pu s’implanter à l’étranger en Afrique du Nord (Algérie et Égypte) et compte partir à la conquête du continent africain.

En revanche Mouldi Attia, industriel en plasturgie, avoue une préférence pour le crédit bancaire. « Reste que les banques ne financent pas réellement les projets, mais cherchent surtout le gain, l’intérêt. Nous n’avons malheureusement pas de banques d’affaires qui accompagnent l’industriel et le conseillent, voilà ce qu’il nous faut. Quant aux sicar elles ne partagent pas en fait le risque, elles accompagnent l’entreprise c’est tout… »

Abderrazak Sassi, gérant d’une entreprise totalement exportatrice (Fonderie Sassi et Fils), se range au même avis : « Les Sicar doivent participer à la gestion de l’affaire, se comporter comme un actionnaire et non pas comme un banquier. Donc, elles doivent prendre réellement des risques, ce qui n’est pas toujours le cas. Sans parler des intérêts qu’elles engrangent en fin de parcours et qui sont parfois plus élevés que ceux des banques. »


Vendredi 21 Décembre 2012

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