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Le "califat" autoproclamé de Daech n'existe plus mais la guerre civile continue


Les derniers rescapés de feu l’État islamique du réduit de Baghouz en Syrie, cachés dans des tunnels, se sont rendus aux Forces démocratiques syriennes. Les FDS appellent maintenant les autorités syriennes et la Turquie à un dialogue.


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Baghouz, dernier bastion de Daech est désormais entre les mains des FDS (photo : FDS)
Baghouz, dernier bastion de Daech est désormais entre les mains des FDS (photo : FDS)
SYRIE. Dimanche 24 mars 2019, plusieurs dizaines d'hommes se sont rendus aux Forces démocratiques syriennes (FDS). Il s'agit des rescapés des combats, qui se trouvaient retranchés dans des tunnels du désormais ancien califat autoproclamé par l'Etat islamique (EI) le 29 juin 2014.

Samedi 23 mars 2019, les FDS - créées en octobre 2015 - proclamaient la victoire définitive sur l'EI avec la prise de son dernier réduit de Baghouz de l'EI, un village à l'Est de la Syrie proche de la frontière avec l'Irak. "Nous annonçons aujourd'hui la destruction de la soi-disante organisation de l'Etat islamique et la fin du contrôle de son territoire dans sa dernière poche de la région de Baghouz", indiquait un communiqué.
La veille au soir, Donald Trump avait précédé cette annonce, mais tout le monde attendait cette confirmation venue du terrain.

La prise de ce dernier bastion met un terme définitif au règne de Daech sur un territoire qui occupa, en 2014, jusqu'à la surface de la Grande-Bretagne, à cheval sur la Syrie et l'Irak. Le conflit a changé de profil dès l'arrivée, en août 2014, de la coalition internationale (22 pays occidentaux et arabes réunis) venue prêter main forte aux combattants de la force arabo-kurde des FDS animée notamment par les Kurdes des Unités de protection du peuple (YPG). Fin janvier 2015 c'est Kobané, proche de la frontière turque, qui est perdu par l'EI. En mars 2016 puis en mars 2017 (la cité antique a été reprise par Daech entre les deux avec la destruction de trésors archéologiques), c'est Palmyre. Puis viendront Mossoul en juillet 2017 et Raqqa en octobre 2017 marquant la fin de sa présence en Irak déclarée en décembre 2017.

Selon les FDS, 11 000 d'entre eux (soldats et civils compris) ont péri durant ce long combat et 21 000 soldats ont été sévèrement blessés. L'organisation veut désormais "poursuivre sa guerre contre le terrorisme de Daech jusqu'à ce que la victoire soit complète et que son existence soit totalement éliminée". Elle annonce dans le même communiqué, "une nouvelle phase de la lutte contre les terroristes en poursuivant des campagnes militaires et de sécurité précises en coordination avec les forces de la coalition internationale avec comme objectif d'éliminer complètement la présence militaire de l'EI dans les cellules dormantes, qui représentent une grave menace pour notre région et le monde entier".

Au total, la guerre civile en Syrie affiche, depuis mars 2011, un bilan de quelque 370 000 morts, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Les FDS appellent la Turquie à quitter la Syrie

La question de l'après Daech en Syrie se pose désormais. Selon un communiqué du commandant général des FDS, "Le facteur déterminant du succès des forces démocratiques syriennes dans leur lutte contre le terrorisme a été l’adoption de l’approche démocratique, des principes de la nation démocratique, de la liberté de la femme, des principes de la coexistence et de la fraternité des peuples, qui ont réuni kurdes, arabes, syriaques, assyriens, turkmènes, tchétchènes, circassiens et combattants internationaux sous le pavillon des forces démocratiques syriennes". Les FDS entendent encore jouer un rôle dans le futur.

Le texte publié l'affirme : "Tout comme les forces démocratiques syriennes ont aidé les habitants des zones libérées à mettre en place leurs institutions administratives et de sécurité, elles créeront également la stabilité des régions afin que ces zones puissent reconstruire leurs conseils administratifs et législatifs lors d'élections démocratiques et transparentes. Dans ce contexte, nous appelons le gouvernement central de Damas à préférer le processus de dialogue et à entamer des démarches concrètes en vue de parvenir à une solution politique reposant sur la reconnaissance des administrations autonomes élues dans le nord-est de la Syrie et l'acceptation de la spécificité des forces démocratiques syriennes".

En outre, les FDS demandent à la Turquie - dont les autorités considèrent les Kurdes de l'YPG comme une organisation terroriste -  "de cesser de s'ingérer dans les affaires intérieures de la Syrie, de cesser de menacer constamment sa sécurité et de quitter la Syrie, en particulier Afrin, ainsi que d'adopter le dialogue comme moyen de résoudre les problèmes en suspend dans la région, fondé sur le respect mutuel et les relations de bon voisinage".

Les Kurdes de Syrie restent un problème pour la Turquie

Le problème EI réglé, la paix reste donc loin d'être signée en Syrie. Les forces gouvernementales, soutenues par la Russie et l'Iran, continuent leurs offensives contre leurs opposants et principalement l'Armée syrienne libre (ASL). Formée depuis fin juillet 2011 par différentes factions et d'anciens officiers de l'armée syrienne, l'ASL a pour unique objectif de faire tomber Bachar el-Assad pour établir une démocratie. Elle est également équipée et financée par une quinzaine de pays occidentaux et arabes.

De son côté, la Turquie, qui soutient l'ASL et donc pas le régime actuel- qui demande d'ailleurs son retrait de Syrie depuis début février 2017 -, demeure bien décidée à ne pas laisser s'installer les Kurdes près de sa frontière. Depuis octobre 2018, Ankara a prévenu à de multiples reprises que son armée mènera une offensive au sol contre eux.
Jusqu'alors protégés par les Etats-Unis et la coalition internationale au nom de leur combat commun contre Daech, les Kurdes vont devoir sécuriser leur territoire d'où leur main tendue aux autorités syriennes.

Dimanche 24 mars 2019, l'OSDH faisait état de l'entrée d'un nouveau convoi militaire turc sur le territoire syrien ainsi que de patrouilles militaires turques dans la banlieue ouest d'Alep.


Lundi 25 Mars 2019

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