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Le budget italien 2019 échoue son examen de passage à Bruxelles


La Commission européenne qualifie le budget 2019 de l'Italie de "dérapage sans précédent". Elle pourrait le retoquer sans prise en compte par le gouvernement italien de ses préoccupations. Ce qui semble probable à en croire les déclarations de Rome.


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Le budget 2019 de Giuseppe Conte continue à faire grincer des dents à Bruxelles (photo : Présidence du Conseil Italien)
Le budget 2019 de Giuseppe Conte continue à faire grincer des dents à Bruxelles (photo : Présidence du Conseil Italien)
ITALIE. "Un dérapage sans précédent dans l'histoire du Pacte de stabilité et de croissance." Telle est l'appréciation livrée, jeudi 19 octobre 2018, par la Commission européenne au gouvernement italien sur son projet de budget 2019. Le Conseil européen a donc demandé à Rome de revoir son budget.

Il est vrai que la coalition au pouvoir en Italie n'a pas fait dans la dentelle en présentant un budget en déficit de 2,4% contre les 0,8% programmés par le gouvernement précédent de centre-gauche. "Nous savions que ce budget, pensé pour satisfaire les exigences des citoyens italiens, longtemps ignorées, n'était pas conforme aux attentes de la Commission européenne", souligne, sur son compte Facebook, Giuseppe Conte. Le président du Conseil italien s'apprête donc à engager un bras de fer avec les instances de l'Union européenne arguant, par le même canal, "nous nous attendions donc à des observations et des remarques, qui sont sur le point d'arriver et auxquelles nous sommes prêts à répondre."

Bruxelles exige une réponse de Giovanni Tria, ministre italien des Finances, "avant le lundi 22 octobre à midi". C'est Pierre Moscovici qui lui a remis en main propre, vendredi 19 octobre 2018 à Rome, la lettre constatant les préoccupations de la Commission européenne. Le commissaire européen aux Affaires étrangères a cependant refusé de mettre de l'huile sur le feu. "Nous sommes en désaccord incontestablement. Mais, nous devons gérer ces désaccords avec sang-froid (...) J'ai beaucoup de sympathie pour ce pays qui est fondateur de l'Europe. Je n'imagine pas l'Italie sans l'Europe. L'Europe sans l'Italie. Ni l'euro sans l'Italie et l'Italie sans l'euro", indiquait Pierre Moscovici le même jour. La veille, sur twitter, il précisait, "Giovanni Tria et moi sommes d'accord pour poursuivre le dialogue sur le budget 2019. La Commission n'est pas l'ennemie de l'Italie."

"Le budget ne changera pas d'une virgule"

Le commissaire Pierre Moscovici tente d'arrondir les angles à Rome (photo : UE)
Le commissaire Pierre Moscovici tente d'arrondir les angles à Rome (photo : UE)
Vendredi 19 octobre 2018, Sebastian Kurz, chancelier autrichien, s'exprimait sur le sujet indiquant, "Si l'Italie s'écarte des règles de Maastricht, elle se met en danger, mais elle mais aussi d'autres pays en danger, et l'Union européenne n'est pas prête à assumer ce risque, ces dettes pour l'Italie." Il rejoignait ainsi le Premier ministre néerlandais Mark Rutte - auteur d'un tête à tête la veille avec Giuseppe Conte portant sur les vertus des règles budgétaires -, alors qu'Emmanuel Macron s'est montré plus mesuré, reconnaissant que "la France ne donne pas de leçons après dix années passées en procédure de déficit excessif." Une attitude compréhensive, car l'Italie ne se trouve pas seule dans ce cas. La France, comme l'Espagne et la Belgique, s'attendent également à recevoir une petite lettre de la Commission européenne contenant des réserves sur leurs budgets respectifs.

Sans modification du budget italien, la Commission dispose du pouvoir de le rejeter. Ceci risque fort d'arriver et marquerait une première dans toute l'histoire de l'Union européenne ! "Si nous acceptions tout ce que l'Italie nous propose, nous aurions des contre-réactions virulentes dans d'autres pays de la zone euro", précise Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne. Ce à quoi répond vite Matteo Salvini, vice-premier ministre italien, "Nous sommes responsables devant 60 millions d'Italiens, pas devant eux. Le budget ne changera pas d'une virgule. Mais qu'ils ne se permettent pas d'envoyer troïka ou commissaires !" Une belle référence à la gestion de la crise en Grèce par l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI). "Qu'ils arrêtent, et qu'ils laissent travailler le gouvernement des Italiens", conclue-t-il.

Matteo Salvini candidat putatif à la présidence de la Commission européenne

Le budget italien 2019 reste au menu de l'Union européenne et en travers de la gorge de la Commission européenne (photo : B.L.)
Le budget italien 2019 reste au menu de l'Union européenne et en travers de la gorge de la Commission européenne (photo : B.L.)
Le secrétaire fédéral de La Ligue (Extrême-droite) en a aussi profité pour lancer une petite pique, annonçant, lors d'un entretien dans le journal La Repubblica, qu'il pourrait être candidat à la présidence de la Commission européenne. Les prochaines élections au Parlement européen se dérouleront du 23 au 26 mai 2019 selon les pays (le dimanche 26 en France). Le conseil des chefs d'Etat et de gouvernement des Etats membres se réunit ensuite pour nommer le président de la Commission européenne, sur proposition du groupe majoritaire au Parlement européen.

Si une majorité souverainiste sort des urnes, Matteo Salvini affirme pour justifier sa volonté de briguer ce poste que "des amis de différents pays me le demandent, me le proposent (...) Cela fait plaisir qu'ils voient en moi un point de référence pour la défense des peuples, même en dehors de l'Italie." Le candidat putatif précise toutefois que sa décision n'est pas encore prise : "en ce moment, entre le budget, l'Europe et les immigrés, je n'ai pas eu le temps d'évaluer la proposition. Le mois de main est encore loin. Nous verrons, j'y réfléchis."

Vendredi 19 Octobre 2018

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