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Le budget de l'Union européenne pour la période 2014-2020 doit servir à la relance économique

Par Martin Schulz, président du Parlement européen



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Le budget de l'Union européenne pour la période 2014-2020 doit servir à la relance économique

Le Conseil européen des 22 et 23 novembre permettra de déterminer si l'Union a la volonté de se doter d'un budget ambitieux pour la période 2014-2020. Le Parlement européen, qui doit approuver le budget proposé, n'est pas prêt à accepter un cadre financier pluriannuel (CFP) dont le montant serait inférieur au CFP actuel. Cette position pourrait apparaître illogique, voire irresponsable, au vu du climat d'austérité qui prévaut dans une partie de l'Union européenne. Ce n'est pas du tout le cas. Il est peut-être de bon ton de réclamer à cor et à cri une diminution du budget de l'Union, mais rien ne serait plus dommageable pour l'économie. En effet, toute réduction du budget européen signifierait une réduction du principal instrument de stimulation de l'économie dont dispose l'Union européenne. En temps de crise, cette stimulation est plus indispensable que jamais pour relancer la croissance et l'emploi.

Le budget de l'Union n'est pas très important, mais il est essentiel. Il ne représente que quelque 2 % de la totalité des dépenses publiques dans l'Union et il est 45 fois moins important que les dépenses publiques totales des États membres. Le budget de l'Union est avant tout un budget d'investissement et 94 % des ressources qui l'alimentent sont investies dans les États membres ou pour des priorités extérieures de l'Union. Pour nombre de régions et d'États membres, l'investissement public serait réduit au minimum, voire impossible, sans la contribution du budget européen.


Doter le plan de croissance des moyens nécessaires

Le budget de l'Union fait partie de la solution qui permettra à l'Europe de sortir de la crise actuelle en encourageant les investissements dans la croissance et l'emploi et en aidant les États membres à relever les défis structurels actuels, en particulier la perte de compétitivité, l'augmentation du chômage et la pauvreté. Si nous voulons vraiment mettre en œuvre un plan directeur pour la croissance, il faut le doter des moyens nécessaires. Le budget de l'Union est un outil d'investissement qui permet de redynamiser la croissance économique et la création d'emploi. Ainsi, dans les secteurs des transports et de l'énergie, il finance des liaisons paneuropéennes d'importance capitale. Il contribue à promouvoir l'innovation et à stimuler la recherche-développement. Enfin, il soutient les investissements, permet des économies d'échelle et ne peut connaître aucun déficit.

La stratégie Europe 2020, destinée à la relance de l'économie européenne et approuvée par tous les États membres, demande à l'Union d'agir davantage à l'échelon de l'Union. Les chefs de gouvernement ne peuvent pas continuer à confier de plus en plus de missions à l'Union tout en réduisant son budget: c'est tout simplement impossible. En d'autres termes, pour une Europe ambitieuse, il faut un budget ambitieux. Tous les États membres de l'Union, ainsi que le Parlement européen, se sont engagés en faveur d'une stratégie de croissance commune, la stratégie Europe 2020, appelée à être la réponse globale aux défis auxquels l'Union est confrontée. Le cadre financier pluriannuel est l'un des principaux instruments de réalisation de cette stratégie. C'est un budget de croissance et d'investissement. On ne peut sans cesse évoquer le besoin de croissance sans proposer ensuite les moyens indispensables aux investissements.

La croissance passe en partie par une politique de cohésion européenne vigoureuse, qui doit rester un des grands instruments d'investissement pour nos pays. D'ailleurs, dans la mesure où elle renforce le marché intérieur, améliore la convergence économique et canalise les investissements dans les régions de croissance potentielle tout en soutenant les réformes structurelles des États membres, la politique de cohésion bénéficie à toute l'Union.


Et du côté des recettes?

Le Parlement européen est convaincu que le clivage qui oppose pays contributeurs nets au budget de l'Union et pays bénéficiaires nets de ce budget dans le cadre d'un système purement comptable de "juste retour" n'intéresse guère le citoyen européen, qui n'y comprend pas grand-chose.

Le financement du budget de l'Union doit revenir à un vrai système de ressources propres. À moyen terme, il faudra mettre fin aux divers rabais et autres mécanismes de correction. Dès lors, on ne peut que se réjouir des propositions visant à instaurer, comme ressources propres, une taxe sur les transactions financières et une nouvelle TVA européenne afin de réduire à 40 % d'ici 2020 la part des contributions des États membres (qui sont fonction de leur PIB). La taxation des transactions financières n'est pas un simple signal à l'adresse de la société; elle pourrait également procurer de nouvelles recettes permettant de réduire la contribution des États membres au budget de l'Union.

Les négociations du cadre financier pluriannuel indiqueront si l'Union européenne est capable d'agir dans l'intérêt des citoyens européens et de tenir ses promesses. S'ils proposent un budget ambitieux lors du sommet des 22 et 23 novembre, les chefs de gouvernement de l'Union européenne feront ce qu'il faut en faveur de l'Europe; ils recevront le soutien du Parlement européen et ils montreront au reste du monde que l'Europe est capable de prendre des décisions difficiles.

English version  


Vendredi 16 Novembre 2012









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