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Le Sommet des deux rives à Marseille se dévoile petit à petit


Marseille accueillera en juin 2019 un Sommet des deux rives. Cette conférence internationale de haut niveau sur la Méditerranée sera organisée par thématiques sur le modèle du Dialogue 5+5 qui a fait ses preuves.


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Jean Roatta, entouré d'Anne-Marie Mevel-Reingold et de l'ambassadeur marocain Chakib Benmoussa (photo : F.Dubessy)
Jean Roatta, entouré d'Anne-Marie Mevel-Reingold et de l'ambassadeur marocain Chakib Benmoussa (photo : F.Dubessy)
MEDITERRANEE. En août 2018, Emmanuel Macron lors d'un discours face aux 250 ambassadeurs de France annonçait la tenue d'une grande réunion en France pour "retrouver le fil d'une politique méditerranéenne." Le président de la République française l'avait déjà dévoilé en février 2018 lors d'une visite à Tunis, voilà désormais que les contours commencent à se dessiner. Désormais, le lieu, le Palais du Pharo à Marseille, et la date, lundi 24 juin 2019, sont connus.

A l'occasion de l'Assemblée générale de Cités unies France (CUF), Anne-Marie Mevel-Reingold, chargée de mission auprès de la Déléguée pour l’action extérieure des collectivités territoriales (Ministère français des Affaires étrangères et de l'Europe), a précisé que ce Sommet des deux rives, puisque tel sera son nom, se déroulera dans le cadre du dialogue 5+5. Instauré en 1990, ce dispositif réunit cinq pays du Nord de la Méditerranée (Espagne, France, Italie, Malte et Portugal) et cinq pays du Sud de la Méditerranée (Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie et Tunisie) lors de réunions thématiques*.

Le même schéma sera appliqué. La préparation du Sommet des deux rives sera donc précédé par des forums thématiques qui se dérouleront dans plusieurs pays. Le Maroc prendra en charge l'économie et l'innovation, l'Algérie le climat et le développement durable, l'Espagne, la jeunesse et l'éducation, l'Italie, la culture et la Tunisie la société civile. Reste l'agriculture pour laquelle aucun pays hôte n'a encore été désigné. "Ceci se trouve encore en discussion", précise la chargée de mission. "Le Sommet devra parler de projets concrets mais raisonnables sur la forme", poursuit-elle.

L'UpM présentée comme un échec

La formule en 5+5 apparaît comme un véritable camouflet pour l'Union pour la Méditerranée (UpM). "Après dix ans, l'UpM n'a pas offert toutes les espérances attendues", souligne, sobrement mais efficacement, Anne-Marie Mevel-Reingold. Un avis très partagé à Marseille lors de l'Assemblée générale de CUF. Dans la même veine, Chakib Benmoussa, ambassadeur du Maroc en France, parle ainsi d'"un espace méditerranéen qui a perdu au fil du temps de sa centralité, de son ambition. Il est difficile aujourd'hui de présenter à la jeunesse un projet. Ceci se reflète dans un nombre d'institution. L'UpM fait de son mieux...Mais ce n'est pas suffisant." Selon lui, il faut "une Méditerranée de projets."

Fin septembre 2018, lors des 9e Rencontres de Cybèle à Marseille, Jean-François Daguzan, directeur adjoint de la Fondation pour la Recherche Stratégique (FRS), n'hésitait pas à qualifier, ironiquement, l'Union pour la Méditerranée de "sympathique secrétariat de gestion de projets à Barcelone."

Jean Roatta, adjoint au maire de Marseille, délégué aux Relations internationales et européennes, craint que, sans l'intégration à la réflexion des collectivités locales et territoriales auprès des Etats, ce sommet débouche sur "une UpM bis". Autrement dit, dans sa bouche, un échec. "Le 5+5 existe déjà mais entre les pays et pas avec les collectivités locales. Les villes, les collectivités de chaque côté de la Méditerranée rencontrent les mêmes problèmes", insiste-t-il.

Le Sommet doit faire la place aux collectivités locales et territoriales

Pour Rami Adwan, ambassadeur du Liban en France, "L'intérêt des villes d'aller l'une vers l'autre s'est délité" (photo : F.Dubessy)
Pour Rami Adwan, ambassadeur du Liban en France, "L'intérêt des villes d'aller l'une vers l'autre s'est délité" (photo : F.Dubessy)
"La réponse aux défis ne peut pas être une réponse isolée d'un pays sans que d'autres y soient associés", lance Chakib Benmoussa. Et de poursuivre, "cette réalité interpelle l'Europe, comme l'Afrique et chaque Etat méditerranéen. Il faut aller bien au-delà des Etats, avec les acteurs économiques, la société civile et les territoires." L'ambassadeur du Maroc en France caresse l'"espoir que le prochain sommet puisse aller dans cette direction, car il existe une occasion à saisir. La place des collectivités est une place importante dans cette dynamique de par leur proximité avec leur population et du fait qu'elles traitent ses problèmes au quotidien." Un véritable plaidoyer pour le renforcement de la coopération décentralisée.

"L'intérêt des villes d'aller l'une vers l'autre s'est délité. Pourtant la coopération locale répondrait à une double volonté : la décentralisation chez vous et le bénéfice du transfert de compétences chez nous", souligne Rami Adwan, ambassadeur du Liban en France. "Pour partager ces intérêts communs, il faut les institutions idoines pour les mettre en oeuvre. La Méditerranée est un espace commun. il serait dommage de le détruire par des politiques à géométries variables", complète-t-il.

* Intérieur, Transports, Défense, Migration, Education, Finances, Enseignement supérieur et Recherche scientifique, Eau, Tourisme, Environnement et Energies renouvelables, Culture, Développement durable de l'Economie bleue.

Lire aussi : Les collectivités françaises s'interrogent sur leur place dans la coopération avec la Méditerranée


Mercredi 17 Octobre 2018

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Henry Marty-Gauquié, directeur honoraire de la BEI, membre du groupe de réflexion et d'analyse JFC Conseil.
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