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Le Président du Conseil italien Mario Draghi poussé vers la sortie par ses principaux alliés


Rédigé par , le Jeudi 21 Juillet 2022 - Lu 956 fois


Mario Draghi n'a pas réussi à convaincre les principaux sénateurs de sa majorité (photo: Présidence du Conseil des ministres de l'Italie)
Mario Draghi n'a pas réussi à convaincre les principaux sénateurs de sa majorité (photo: Présidence du Conseil des ministres de l'Italie)
ITALIE. En refusant, mercredi 20 juillet 2022 en fin de journée au Sénat, d'accorder leur confiance au président du Conseil des ministres italien Mario Draghi, trois partis de la coalition gouvernementale provoquent une nouvelle crise politique.

Dans son discours devant les sénateurs, il avait pourtant été clair. En rappelant d'abord son bilan: "Le mérite de ces résultats vous revient, grâce à votre volonté de mettre de côté vos différences et de travailler pour le bien du pays… L'Italie est forte quand elle sait être unie  (...)  Malheureusement, au fil des mois, avec la distanciation des partis et leur division… la volonté d'avancer ensemble s'est estompée, et avec elle la capacité d'agir efficacement. " Puis en appuyant là où ça fait mal, sans ménager ses alliés: "L'Italie n'a pas besoin d'une confiance cosmétique, qui disparaît face à des mesures incommodes. Elle a besoin d'un nouveau pacte de confiance, sincère et concret, comme celui qui nous a permis de changer le pays pour le mieux jusqu'à présent."

Mario Draghi appelait de ses vœux "un gouvernement réellement fort et cohérent et un Parlement qui l'accompagne avec conviction". Son ton dur, sa volonté affirmée de poursuivre les réformes malgré des désaccords sur celles-ci, ont été mal digérés par ses partenaires au gouvernement.

Des abstentions trop nombreuses pour rester en poste

Le Mouvement Cinq étoiles (M5S - populistes), la Ligue (extrême-droite)  et Forza Italia (le parti de droite de Silvio Berlusconi) ont préféré ne pas participer au vote. Les deux derniers n'assistant même pas au discours. Il ne reste plus aux côtés du Président du Conseil que le centre et la gauche, avec notamment le Parti démocrate (PD).

La motion de confiance de Mario Draghi n'obtient donc que quatre-vingt-quinze voix pour (la majorité absolue théorique se situe à 161 sièges) et trente-huit contre. Elle passe donc, mais les abstentions sont trop nombreuses pour que le Président du Conseil n'en tienne pas compte. D'autant plus qu'il est lâché par les trois partis les plus importants de sa coalition. Légalement, il peut continuer son travail. Mais politiquement...

Le Président de la République italienne, Sergio Mattarella, avait refusé sa démission le 14 juillet 2022. Cette fois, il lui sera difficile de conserver son poste. Alors qu'il était passé pour le sauveur du gouvernement en acceptant son poste le 13 février 2021 en pleine crise sanitaire et économique. Et surtout en réussissant le tour de force de rassembler sur son nom une coalition aussi hétéroclite, allant de la gauche à l'extrême-droite. L'état de grâce de celui que la presse nommait "Super Mario" n'aura pas duré.

Vers de nouvelles élections

Les prochaines élections parlementaires n'étaient prévues qu'au printemps 2023. Après un discours à la Chambre des députés, jeudi 21 juillet 2022 au matin, le Président du Conseil doit rencontrer Sergio Mattarella. Sans doute pour, une nouvelle fois, proposer sa démission. Même si les appels à Mario Draghi à conserver son poste se multiplient urbi et orbi.

Il appartiendra alors au Président de la République d'accepter ce départ puis de dissoudre les deux chambres et de convoquer les Italiens aux urnes début octobre 2022. Mario Draghi pourrait alors expédier les affaires courantes jusqu'à ce que son successeur soit désigné.

Le président du Conseil italien en sursis avait déjà eu la déconvenue de ne pas être élu président de la République fin janvier 2022, alors qu'il était largement favori et que Sergio Mattarella (80 ans) avait indiqué ne pas être candidat à sa succession. La majorité des 1009 grands électeurs (députés, sénateurs, délégués régionaux) préférait alors que Mario Draghi demeure à la tête du gouvernement. Ils jugeaient l'ex-président de la Banque centrale européenne (BCE) comme le plus compétent pour mettre en œuvre les réformes promises en échange de la manne de 191,5 mrds€ du fonds de relance européen.




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