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Le Premier ministre grec se dit prêt à "accueillir" l'armée turque


Rédigé par , le Mardi 13 Septembre 2022 - Lu 859 fois


Le Premier ministre grec s'est vu confirmer le soutien du Président français dans son conflit avec la Turquie (photo: Extrait vidéo du gouvernement grec)
Le Premier ministre grec s'est vu confirmer le soutien du Président français dans son conflit avec la Turquie (photo: Extrait vidéo du gouvernement grec)
GRÈCE / TURQUIE. En visite à Paris pour rencontrer Emmanuel Macron, Kyriákos Mitsotákis a évoqué dans son discours la guerre en Ukraine et la position commune avec la France. "Nous nous sommes battus du côté de la liberté, du côté du droit international. Non seulement parce que l'inviolabilité des frontières et toutes les valeurs européennes y sont mises à l'épreuve, mais aussi parce qu'au XXIe siècle, un despotisme autoritaire accompli ne doit en aucun cas être légalisé",  soulignait le Premier ministre grec.

Face au président français, il a poursuivi de façon alarmiste en parlant de ce conflit comme d'"un précédent qui pourrait volontiers être imité demain par n'importe quel malaise local dans d'autres régions de notre planète. En outre, mon pays est bien conscient des menaces voisines, c'est pourquoi je partagerai avec le président Macron des réflexions sur la position provocatrice continue de la Turquie en mer Égée et en Méditerranée orientale".

Le Premier ministre grec a affirmé à Paris, que sa "réponse à cette agression est la préparation". Il a opportunément rappelé que "les premiers Rafale français volent déjà dans le ciel grec et que les deux premières frégates Belharra sont déjà en construction dans les chantiers navals de Lorient. Mais notre bouclier n'est pas seulement nos armes, c'est aussi nos alliances fortes. Mais surtout, nous avons pour nous la force de la légitimité et nos arguments".

Athènes bénéficie du soutien de la France dans cette période mouvementée des relations entre la Grèce et la Turquie dont le président s'est dit prêt à récupérer les îles de la mer Égée, très proches de ses côtes.

"Portes fermées au défi, mais fenêtres ouvertes au dialogue"

Samedi 3 septembre 2022, Recep Tayyip Erdogan avait lancé un message menaçant au gouvernement grec. "Votre occupation des îles ne nous lie en rien. Le moment venu, nous ferons le nécessaire. Nous pouvons arriver subitement la nuit", affirmait alors le président turc. Emmanuel Macron a tout de suite dénoncé des "provocations et propos inacceptables remettant en cause la souveraineté de la Grèce". Le Président français a prévenu qu'il ne "laisserait s'installer aucun désordre, en particulier en Méditerranée orientale".

A Paris, Kyriákos Mitsotákis a donc pu répliquer fort de la communauté de vue avec la France sur ce dossier. "Nous attendons ceux qui menacent de venir soudainement une nuit dans nos îles. Nous les attendons à la lumière du jour pour voir clairement qui a raison et a le vrai pouvoir de son côté". Et d'ajouter, "notre position reste active: nous gardons nos portes fermées aux défis, mais gardons toujours la fenêtre ouverte au dialogue et aux discussions. La Grèce n'est pas seulement une force de dissuasion, c'est avant tout une force de coopération".

Lundi 12 septembre 2022, Hulusi Akar a appelé à la prudence le gouvernement grec. "Tirez les leçons de l'histoire et ne vous lancez pas dans de nouvelles aventures. Vous avez vu dans l'histoire que ces provocations ne sont pas en votre faveur, ne répétez pas la même chose", a prévenu le ministre turc de la Défense et référence notamment à la prise d'Izmir, en septembre 1922 déjà évoquée par son président. Hulusi Akar a cependant assuré que son pays "poursuivait ses efforts pour résoudre tous les différends avec la Grèce par des moyens pacifiques et diplomatiques et traitait les actions d'Athènes avec patience".

La crise séculaire entre les deux pays ne cesse de s'aggraver depuis deux ans. Elle a repris de la vigueur après la découverte de gaz naturel en Méditerranée orientale et la difficulté de mener des explorations à cause de frontières maritimes contestées. Durant l'été 2020 et en octobre 2020, après l'arrivée d'un navire turc de prospection sismique, l'Oruç Reis, près de l'île grecque de Kastellorizo, la Turquie avait été sévèrement tancée et sanctionnée par l'Union européenne. La délimitation des frontières aériennes fait aussi l'objet de frictions récurrentes ainsi que le statut de l'île méditerranéenne de Chypre et notamment de sa population turcophone.




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