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"Le Maroc veut sortir de la crise par la promotion du logement social"


De passage à Marseille à l'occasion de la première édition du salon SMAP Expo Midi, Ahmed Taoufiq Hejira, ministre marocain de l’Habitat, de l’Urbanisme et de l’Aménagement du territoire, fait le point sur la situation du logement au Maroc, où la demande est toujours largement supérieure à l'offre. Il lance un appel aux entreprises françaises du BTP pour qu'elles soient plus présentes dans le pays.


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Pour Ahmed Taoufiq Hejira le potentiel immobilier au Maroc est énorme (photo BC)
Pour Ahmed Taoufiq Hejira le potentiel immobilier au Maroc est énorme (photo BC)
MAROC.

econostrum.info : Quelle est la situation du logement au Maroc?

Ahmed Taoufiq Hejira : L’immobilier au Maroc n’a pratiquement pas été affecté par la crise- à l’exception de programmes de très haut standing (autour de 3.500 € le m²) à Marrakech ou à Tanger dont les prix ont baissé de 30% – car la demande est très importante. Nous devons répondre à une demande annuelle de 123 000 nouveaux ménages, dont 70.000 pour le logement social. Au total, on estime qu'un million de ménages sont mal logés.

Cette situation nous a conduit à mettre en place une nouvelle stratégie en 2010 avec la volonté de sortir de la crise par la promotion du logement social qui représente 70% de la demande globale. Cela bénéficiera à toute l’économie du pays alors que le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) emploie 906 000 personnes, soit la deuxième place derrière les services.

Outre les aides que nous avons déjà mises en place pour garantir 70% des prêts pour les ménages pauvres ou à revenus irréguliers (le programme FOGARI), nous instaurons désormais une aide frontale. Les promoteurs qui construisent au moins 500 logements sur cinq ans vont bénéficier d’une exonération fiscale totale. Cela concerne aussi bien les entreprises marocaines qu’étrangères auxquelles nous proposons de signer une convention avec l’Etat qui pourra les accompagner et faciliter toutes leurs démarches.

Les Français très absents

econostrum.info : Les promoteurs étrangers sont-ils très présents au Maroc ?

Ahmed Taoufiq Hejira : Il y a une très forte présence de promoteurs Espagnols, surtout au nord du pays, mais aussi des Italiens et même des Anglais et des Asiatiques. En revanche, étonnamment, les Français sont très absents malgré nos liens historiques. Je pense qu’ils considèrent que ce n’est pas financièrement intéressant, mais c’est faux ! Il y a chez nous de vraies opportunités et on peut gagner de l’argent.

Pas dans le logement social vraisemblablement, mais surtout dans les produits pour les classes moyennes, très demandeuses, qui faute d’offre ont souvent été obligées de se loger dans ce qui était initialement prévu pour du logement social. Il faut aussi développer des partenariats autour des nouvelles technologies de construction - nous sommes en retard sur ce point – les matériels, l’ingénierie... Les entrepreneurs français devraient monter des partenariats privé-privé, venir en touristes pour découvrir le marché, l’étudier. Le potentiel est énorme !

110 000 lits nouveaux dans le Plan Azur

econostrum.info : Depuis l’étranger, l’immobilier au Maroc est souvent synonyme de loisirs, de logements pour les retraités européens. Quelle part représente ce secteur ?

Ahmed Taoufiq Hejira : Il est difficile de l’évaluer. On estime par exemple que 6 à 7 000 retraités français vivent à Marrakech. Une étude récente réalisée en France montre que 30% des retraités voudraient vivre à l’étranger et parmi eux, 25% choisiraient le Maroc. Certainement grâce à la convention fiscale signée entre nos deux pays qui permet un abattement de 80% de l’impôt sur le revenu pour les retraités résidant au Maroc qui font un transfert intégral de leur pension. Mais la demande en matière de logements est avant tout nationale et explique tous les programmes que nous avons lancé ces dernières années : construction de cinq villes nouvelles, résorption des bidonvilles, renouvellement urbain, logement en milieu rural.

Sur le plan touristique, le Plan Azur prévoit la réalisation de six stations balnéaires avec un total de 110 000 lits dont 80 000 hôteliers, le développement de résidences touristiques et de villages de vacances familiaux pour le tourisme interne, ou encore la création de nouvelles marinas. Nous réfléchissons ainsi à transformer l’actuel port de commerce de Casablanca en une immense marina et déménager les activités commerciales sur un autre site.

Propos recueillis par Brigitte Challiol

Vendredi 12 Mars 2010

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