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Le Maroc choisit l'offensive face à la crise


Epargné par les turbulences financières, le Maroc a en revanche subi les revers de la crise dans l'immobilier, le tourisme et les secteurs tournés à l'export.



Medina, baie de Tanger (photo Christelle Marot)
Medina, baie de Tanger (photo Christelle Marot)
MAROC. Peu exposé aux marchés de capitaux internationaux, le Maroc a été relativement épargné par la crise financière. Les principaux groupes bancaires, Attijariwafa bank, BMCE bank, groupe Banque Populaire, ont continué d’enregistrer de belles performances et ont accéléré leur développement sur le continent africain.

En revanche, le royaume a subi le contrecoup de la crise dans l’immobilier et le tourisme, avec une baisse importante des investissements directs étrangers (IDE). Dans le tourisme, les IDE chutaient de 54% en 2008 et de 45,7% en 2009.

Plus globalement, les flux d’IDE, majoritairement drainés par la France, l’Espagne et les Emirats arabes unis, ont connu deux années et demi de baisse consécutive : -26% en 2008, -27% en 2009 et -20% au premier semestre 2010.

Côté entreprises, la crise a affecté les secteurs tournés vers l’export, comme le textile, la sous-traitance automobile et l’électronique.

Nombres d’opérateurs étrangers se sont retirés : Nissan du complexe automobile de Tanger, Thomas & Piron de ses projets hôteliers à Larache et Essaouira, Telefonica et Portugal Telecom du groupe Méditel, etc.

Mais face à la défaillance des grands groupes étrangers, le Maroc assure la continuité des projets, grâce au rôle de locomotive de la Caisse de dépôt et de gestion (CDG).

La CDG est notamment entrée au capital de Renault Tanger Med à hauteur de 48%.

Stratégie anti crise

« La méthodologie et le mode opératoire au Maroc restent toujours les mêmes. Que nous retrouvons dans la mise en place des grands plans stratégiques, Azur, Emergence, Halieutis… C’est d’abord une analyse sans complaisance de la situation, puis la mise en place d’un plan stratégique avec des objectifs fixés, une feuille de route, des étapes de benchmark. Avec la crise, cela s'est confirmé », analyse Dominique Brunin, directeur de la Chambre française de commerce et d’industrie du Maroc (CFCIM).

Un comité de veille stratégique mis en place par le Maroc a analysé les répercussions de la crise et proposé des mesures d’urgence. Parmi elles : le plan Cap 2009 doté de 10 M€ pour booster le secteur touristique.

Un plan anti crise de 1,3 milliard Md de MAD (environ 115 M€) a par ailleurs été annoncé début 2009 pour soutenir les entreprises exportatrices, assurant notamment : la prise en charge par l’Etat des cotisations sociales, l’appui commercial à l’export et la garantie de l’Etat pour le financement du besoin en fonds de roulement.

Pour encourager les investissements des Marocains résidant à l’étranger (MRE), grands pourvoyeurs de devises, le fonds MDM Invest a vu le jour durant l’été 2009. Ce mécanisme prévoit une subvention de l’Etat de 10% et l’octroi d’un crédit de 65% maximum, pour un montant d’investissement minimum d’un million de dirhams.

Dans ce contexte de crise, le Maroc a également fait preuve d’audace, imaginant de nouvelles opportunités créatrices d’emplois : place financière de Casablanca, mégaprojet solaire, création de plateformes logistiques spécialisées sur l’ensemble du territoire, plan Maroc Numeric.

Conforté par une demande intérieure soutenue, le pays enregistrait un taux de croissance de 5,6% en 2008. En 2009, la campagne agricole exceptionnelle permettait d’atteindre 5,3%. Pour 2010, la croissance devrait s’établir à 4%.

« Aujourd’hui, le textile marocain apparait en pleine recomposition, indique Dominique Brunin. De nouveaux acteurs prennent le relais. Certaines entreprises de la région de Casablanca affichent des carnets de commande pleins ».

« Grace aux donneurs d’ordre espagnols, nous bénéficions d'une visibilité sur trois-quatre ans », affirme de son côté Omar Moro, président de la Chambre de commerce, d’industrie et de services de la Wilaya de Tanger.

Pour les IDE, les clignotants sont au vert, en même temps que la protection des investisseurs s’améliore, souligne le dernier rapport Doing Business.

« Nous sommes dans le creux de la courbe, confirme Fathallah Sijilmassi, directeur de l’ Agence marocaine de développement des investissements (AMDI).

Les fragilités ? « Elles existent. Ce sont les délais de paiement, le fonctionnement de la justice, l’acquisition du foncier », reconnaît Dominique Brunin.

Reste que les perspectives sont bonnes. Crise ou pas crise, le Maroc connait un trend de 4-5% de croissance.

En 2011, le Haut commissariat au plan (HCP) table sur un taux de 4,3%.


Vendredi 19 Novembre 2010




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