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« Le Liban est le pays idéal pour les PPP »

Par Ziad Hayek, Secrétaire général du Haut conseil pour la privatisation, Liban



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« Le Liban est le pays idéal pour les PPP »
Au cours des quinze dernières années, et en raison de ressources budgétaires limitées, le Liban n'a procédé à aucun investissement important en infrastructures. La croissance de son économie a donc subi de fortes limitations. 

Dans le secteur de l’électricité, par exemple, un déficit de la production de 30 % par rapport à la demande totale, associé à un manque de compteurs numériques « intelligents », implique des coupures d'électricité régulières qui découragent l'investissement dans des activités de production dépendantes de l’approvisionnement électrique. De même, l'eau est constamment gaspillée en raison d'infrastructures de distribution souffrant de fuites.
 
Un projet de réseau de 27 barrages de rétention d'eau est retardé depuis des décennies. Les infrastructures routières prévues dans les années 1960 sont maintenant incapables de faire face au nombre croissant de véhicules, dont l'acquisition a été facilitée par la mise en place de prêts automobile à bas taux. Les transports publics qui existaient avant 1975 ont été détruits au cours des trente ans de conflit internes et régionaux et n'ont pas été reconstruits. Pour finir, le manque d'infrastructures adéquates pour la gestion des eaux usées a conduit à un désastre environnemental croissant qui menace les belles vallées et les plages du pays, qui sont les grands atouts du secteur touristique. Les points ci-dessus ne représentent qu'une partie des besoins en infrastructures, mais ils montrent le besoin aigu et urgent en investissements.
 
L'aspect positif est que le Liban n'a pas à se préoccuper autant que d’autres pays pour attirer les IDE. Son secteur bancaire croule sous les dépôts, qui représentent actuellement plus de quatre fois son PIB. Les émigrés libanais ont toujours exprimé leur intérêt pour le financement de projets d'infrastructures au Liban. Ils possèdent d'importantes ressources financières et nombre d'entre eux détiennent et/ou exploitent déjà des sociétés actives dans des projets de PPP dans le Monde arabe, en Europe de l'Est, en Afrique et en Asie.
 
Le Liban est donc un pays idéal pour la mise en place de PPP. Il lui manque seulement un cadre législatif qui inspire confiance, notamment au vu des restrictions constitutionnelles actuelles, qui rendent encore plus indispensable une définition claire de l'activité des PPP.

Les PPP ne sont pas une nouveauté pour le Liban, mais il convient de souligner que la plupart des projets de PPP ont fait face à de sérieuses difficultés, que ce soit dans la phase d'autorisation préalable au projet, dans la phase d'appel d'offres, ou dans celle postérieure à la construction. Ces problèmes étaient pour la plupart liés à la conception et/ou étaient de nature politique.
 
C'est pourquoi il est important que la nouvelle législation envisagée par le Conseil des ministres et par le Parlement crée une nouvelle Unité centrale pour les PPP qui soit spécialisée. Cette Unité assurerait non seulement le déploiement d’une expertise adéquate pour la conception du projet de PPP et la négociation de ses contrats, mais serait également la garantie que tous les intervenants (divers ministères, municipalités, sociétés civiles, etc.) soient consultés de manière appropriée à l'égard de ces aspects cruciaux du projet PPP. En outre, une Unité interministérielle pour les PPP incluant des conseillers non-gouvernementaux pour les questions techniques, financières et juridiques serait mieux placée pour mener à bien un processus d'appel d'offres transparent et plus professionnel.
 
C’est ce que les membres du Haut conseil pour la privatisation cherchent à atteindre.  
 

Mardi 24 Mai 2011




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