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Le Liban compte enfin un premier ministre, mais la rue continue de s'enflammer


Rédigé le Mercredi 22 Janvier 2020 à 14:34 | Lu 1696 commentaire(s)


Hassan Diab propose une liste de vingt ministres (photp : AUB)
Hassan Diab propose une liste de vingt ministres (photp : AUB)
LIBAN. La contestation se poursuit au Liban et devient de plus en plus violente, trois mois après les premières manifestations ayant forcé Saad Hariri à la démission de son poste de premier ministre, le 29 octobre 2019.

Après des semaines de tergiversation et l'échec de deux successeurs, Mohammad Safadi mi-novembre 2019 et Samir Khatib, fin novembre 2019, Hassan Diab (61 ans), désigné depuis le 20 décembre 2019 par le président libanais Michel Aoun, a enfin pu composer son gouvernement, mardi 21 janvier 2020, après 22 heures. Présenté comme "une équipe de sauvetage" par le nouveau premier ministre, la liste des membres du Conseil des ministres devra encore obtenir le vote de confiance des députés. Le Hezbollah, parti d'Hassan Diab, et ses alliés (principalement mouvement chiite Amal et Courant patriotique libre fondé par Michel Aoun) sont majoritaires au Parlement.

Le nouveau gouvernement compte vingt membres dont six femmes (contre quatre dans le précédent), dont - et c'est une première - la ministre de la Défense, Zeina Acar qui sera également vice-président du Conseil. Parmi les postes clefs figurent Nassif Hitti, ancien ambassadeur auprès de la Ligue arabe, qui prend le ministère des Affaires étrangères. L'économiste Ghazi Wazni devient ministre des Finances, Mohammad Fahmi de l'Intérieur et Marie-Claude Najm de la Justice.

"impasse financière, économique et sociale"

"Nous sommes face à une catastrophe et nous devons alléger l'impact et les répercussions de cette catastrophe sur les Libanais", annonçait dans une déclaration, mercredi 22 janvier 2020, Hassan Diab. En parlant d' "impasse financière, économique et sociale", il reconnaît "les défis immenses" qui l'attende.

La tâche s'avère effectivement ardue. Le nouveau premier ministre devra non seulement tenter de calmer les manifestants - qui réclamaient un gouvernement de technocrates et s'opposent à son gouvernement -, mais aussi réformer le pays pour espérer une aide internationale alors que sa dette (90 mrds$ soit 81 mrds€) se trouve désormais supérieure à 150% de son PIB. Il a déjà déclaré qu'il répondrait aux revendications des manifestants avec trois priorités, "l'indépendance de la justice, la lutte contre l'enrichissement illégal et la lutte contre le chômage."

Le nouveau gouvernement libanais

Premier ministre : Hassan Diab

Vice-premier ministre et ministre de la Défense : Zeina Akar
Ministre des Finances : Ghazi Wazni
Ministre de l'Intérieur et des Municipalités : Mohammad Fihmi
Ministre des Affaires étrangères et des Expatriés : Nassif Hitti
Ministre des Télécommunications : Talal Hawwat
Ministre de la Santé publique : Hamad Ali Hassan
Ministre de l'Energie et de l'Eau : Raymond Ghajar
Ministre des Travaux publics et des Transports : Michel Najjar
Ministre de l'Information : Manal Abdul Samad
Ministre des Déplacées : Ghada Chreim
Ministre de la Justice : Marie-Claude Najm
Ministre du Tourisme et des Affaires sociales : Ramzi Mcharrafieh
Ministre de l'Education et de l'Enseignement supérieur : Tarek Majzoub
Ministre de l'Industrie : Imad Hiballah
Ministre du Travail : Lamia Yammine
Ministre de l'Environnement et du Développement administratif : Demianos Kattar
Ministre de l'Economie et du Commerce : Raoul Nehme
Ministre de la Jeunesse et des Sports : Vartiné Ohanian
Ministre de la Culture et de l'Agriculture : Abbas Mortada





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