Econostrum | Toute l'actualité économique en Méditerranée

            partager partager

Le Hamas et le Fatah signent un accord historique de réconciliation


Un accord d'étape marque le début de la réconciliation entre Hamas et Fatah, les deux frères ennemis palestiniens. L'Autorité palestinienne se prépare à reprendre le contrôle de la bande de Gaza avec l'accord de l'organisation islamiste qui la dirigeait de fait.



Le président de l'Autorité palestinienne reprend le contrôle de la bande de Gaza (photo : Prachatai - Licence Creative Commons)
Le président de l'Autorité palestinienne reprend le contrôle de la bande de Gaza (photo : Prachatai - Licence Creative Commons)
AUTORITÉ PALESTINIENNE. Saleh al-Aruri pour le Hamas et Azam al-Ahmad pour le Fatah ont paraphé, jeudi 12 octobre 2017 au Caire après deux jours de discussion, un accord d'étape marquant le premier acte d'une réconciliation de ces deux factions palestiniennes.

Tout a commencé par le retour, voici dix jours, du gouvernement de Rami Hamdallah dans la bande de Gaza. Par cet acte symbolique, l'Autorité palestinienne (AP) enclenchait le processus de reprise de contrôle de l'ensemble des territoires palestiniens qui devrait s'achever au 1er décembre 2017. Le Hamas dirigeait de fait la bande de Gaza et ses deux millions d'habitants depuis 2007 après en avoir expulsé le gouvernement de l'Autorité palestinienne et ses forces de sécurité. Depuis, l'AP ne contrôlait plus que la Cisjordanie.

Changement de donne aujourd'hui, le Hamas accepte donc de remettre le pouvoir à l'Autorité palestinienne pour favoriser l'unité nationale. Il faut dire également que la politique de fermeté du président de l'AP a fini par payer. Depuis mars 2017, Mahmoud Abbas n'acquitte plus le paiement des factures pour l'électricité (10,1 M€ par an) fournie par Israël à la bande de Gaza - conduisant Israël depuis juin 2017 à restreindre encore plus la fourniture d'électricité aux Gazaouis - ni les salaires des fonctionnaires présents dans ce territoire. Ces mesures sont maintenues pour l'instant dans l'attente d'un accord global entre les parties.

Le président de l'AP devrait se rendre à Gaza dans les prochaines semaines alors qu'il n'a pas foulé, depuis dix ans, son sol. Dès le 1er novembre 2017, son gouvernement contrôlera à nouveau les points de passage entre Gaza et Israël.

"Il n'y a pas de temps à perdre, et l'histoire ne sera pas clémente avec ceux qui manqueront la chance d'une paix", soulignait le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi, artisan de ce rapprochement.

Israël parle d'obstacle à la paix

Si l'accord va permettre aux Palestiniens de parler d'une seule voix, la création d'un Etat palestinien semble encore loin (photo : F.Dubessy)
Si l'accord va permettre aux Palestiniens de parler d'une seule voix, la création d'un Etat palestinien semble encore loin (photo : F.Dubessy)
La prochaine étape est fixée le 21 novembre 2017. A cette date, une nouvelle réunion entre tous les mouvements palestiniens devrait déboucher sur la préparation d'un gouvernement d'unité palestinien. Les Palestiniens pourraient ainsi parler d'une seule voix. Des élections se tiendraient en 2018.

Si tout le monde semble se féliciter de cette avancée, Israël vient doucher l'enthousiasme. Ce pays, avec l'Union européenne et les Etats-Unis, considère toujours les Islamistes du Hamas comme une organisation terroriste. Israël voit dans cet accord un nouvel obstacle à la paix. Benjamin Netanyahou a d'ailleurs tout de suite exigé de la part du Hamas, une reconnaissance d'Israël (déjà reconnue par l'Organisation de libération de la Palestine - OLP- dirigée par Mahmoud Abbas), son désarmement (sa branche armée, les brigades Ezzedine al-Qassam, compte 25 000 hommes), la libération de deux civils israéliens détenus et la restitution des corps de deux soldats.

Des conditions, au moins pour les deux premières, qui semblent difficiles à réunir pour le moment. Le premier ministre israélien les tient pourtant comme un préalable obligatoire avant de traiter avec le futur gouvernement d'unité palestinien. Si la réconciliation entre les deux frères ennemis palestiniens ouvre un nouveau chapitre, indispensable, du dossier sur la création d'un Etat palestinien indépendant, le chemin pour y parvenir reste encore long et passera de toute façon par Israël, pour ne pas dire par Jérusalem.




Vendredi 13 Octobre 2017



Lu 2868 fois


Les articles qui devraient vous intéresser
< >
Droits d'auteur et/ou Droits sur les Dessins et Modèles
Le présent site constitue une œuvre dont Econostrum.info est l'auteur au sens des articles L. 111.1 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. La conception et le développement dudit site ont été assurés par la société Econostrum.info. Les photographies, textes, slogans, dessins, images, vidéos, séquences animées sonores ou non ainsi que toutes œuvres intégrées dans le site sont la propriété d'Econostrum.info. Les reproductions, sur un support papier ou informatique, du dit site et des œuvres qui y sont reproduits sont interdites sauf autorisation expresse d'Econostrum.info.







RÉflexions

Réflexion

La corruption, l’autre grand fléau oublié du monde arabo-musulman…


avis d'expert

Roland Lombardi, consultant indépendant, associé au groupe d'analyse de JFC Conseil

 









Actus par zones

Algérie Bosnie-Herzégovine Égypte Espagne France Grèce Israël Italie Jordanie Liban Libye Maroc Portugal Syrie Tunisie Turquie Europe MENA