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Le Femise passe à la loupe les difficultés du secteur privé en Méditerranée


Comme le souligne un rapport du Femise, "Le secteur privé dans les pays méditerranéens - Principaux dysfonctionnements et opportunités de l'entreprenariat social", seul le développement du secteur privé permettra de créer des emplois au Sud de la Méditerranée. Le texte préconise également de favoriser l'essor de l'entrepreneuriat social dans cette région. English version


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Le Femise passe à la loupe les difficultés du secteur privé en Méditerranée
 
 

 

De gauche à droite, trois auteurs du rapport : Sami Mouley, Patricia Augier et Constantin Tsakas (photo : F.Dubessy)
De gauche à droite, trois auteurs du rapport : Sami Mouley, Patricia Augier et Constantin Tsakas (photo : F.Dubessy)

"La priorité majeure pour les jeunes de ces pays reste la création d'emploi. Le secteur public se trouve déjà en suremploi et compte tenu de la situation des finances publiques, nous savons désormais qu'elle ne viendra que du secteur privé", souligne Patricia Augier, présidente du Conseil scientifique du Femise et de l'Institut de la Méditerranée et co-rédactrice du rapport Euromed 2019. Publié par le Forum économique des instituts de science économique (Femise)*, il livre "une synthèse entre les écrits de la littérature académique, les rapports des institutions internationales et le témoignage d'opérateurs", explique l'économiste provençale.

Après un diagnostic démontrant le manque de dynamisme du secteur privé dans les pays du Sud de la Méditerranée, ce rapport pointe les principales raisons de blocage  : un mauvais climat des affaires, malgré une amélioration des indices dans les classements, un investissement privé insuffisant et non générateur de productivité, donc des pays qui n'innovent pas assez. Il note également un manque de financement et des problèmes de délais de paiement. Ceci cumulé à des investissements directs étrangers peu présents, et pourtant nécessaires, qui ne trouvent pas un terrain favorable, que ce soit pour la main d'oeuvre qualifiée et les accords de transferts de technologie. "Les IDE n'apportent pas forcément la croissance. Il faut des conditions et des engagements des entreprises pour que les IDE accompagnent la création d'un écosystème et permettent des effets positifs", commente Patricia Augier.


L'entrepreneuriat social doit créer son écosystème au Sud de la Méditerranée

Autre aspect souligné dans ce rapport, le potentiel de l'entrepreneuriat social dans les pays du Sud de la  Méditerranée en termes de création d'emplois et d'inclusivité. "Les entreprises sociales sont dynamiques et portées par des créateurs proposant des solutions innovantes pour répondre à des problèmes d'inclusion que parfois les États sont incapables de solutionner eux-mêmes", souligne Constantin Tsakas. Si le co-auteur de l'enquête, secrétaire général du Femise et délégué général de l'Institut de la Méditerranée constate "une émergence accrue de cette culture", il remarque que le cadre réglementaire fait défaut, tout comme l'accès à la finance. "Un entrepreneur social créé de l'emploi, réduit les inégalités, mais n'est pas forcément un entrepreneur au sens classique du terme. Ne pouvant montrer un business plan et des profits, sa seule solution reste de se tourner vers des acteurs de la finance durable", explique Constantin Tsakas. Lesquels ne sont pas très visibles dans les pays du Sud de la Méditerranée.


Ceci identifié, le Femise recense les acteurs existants (banques participatives, financement participatif, micro-finance et finance islamique...). "Il faut les valoriser, capitaliser sur la coopération Nord-Sud et Sud-Sud, en agissant sur trois niveaux : sur le plan macroéconomique, en rendant tous ces acteurs visibles des responsables politiques, sur le plan meso, en permettant un rapprochement entre eux et les entrepreneurs, et sur le plan microéconomique en formant les entrepreneurs sociaux, mais aussi les entrepreneurs classiques à des pratiques inclusives, grâce à des dispositifs de mentorat, des modèles positifs relevés en Méditerranée", détaille Constantin Tsakas.

Le rapport recommande notamment la création d'un Erasmus de l'entrepreneuriat social en Méditerranée et d'une plate-forme à impact social euroméditerranéenne. Elle permettrait aux différents acteurs de s'inscrire en ligne pour faciliter leurs relations.


Le rapport est disponible ici : Rapport-FEMISE-2019

* "Le secteur privé dans les pays méditerranéens - Principaux dysfonctionnements et opportunités de l'entreprenariat social."Patricia Augier, Constantin Tsakas, Sami Mouley, Karine Moukaddem, Jocelyn Ventura.


Mercredi 3 Juillet 2019


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