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Le Femise appelle la Méditerranée à se convertir au développement durable 2/2


Réunis à Bruxelles les 13 et 14 juin 2019 pour leur conférence annuelle, les membres du Forum euro-méditerranéen des instituts de sciences économiques (Femise) se sont penchés sur le développement durable au sens large du terme dans la région méditerranéenne.


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Stéphane Pouffary estime que désormais personne ne peut arguer le manque de données face au changement climatique (photo : F.Dubessy)
Stéphane Pouffary estime que désormais personne ne peut arguer le manque de données face au changement climatique (photo : F.Dubessy)
MEDITERRANEE. Avec les rapports entre l'Union européenne et son voisinage, l'intégration commerciale, la contribution du secteur privé à la croissance et à la création de travail, traitées dans la première partie de ce dossier, le changement climatique et l'inclusivité (inégalités, jeunes, entrepreneuriat social) ont été des points d'orgue de la conférence annuelle du Forum euro-méditerranéen des instituts de sciences économiques (Femise) qui se tenait à Bruxelles les 13 et 14 juin 2019.

" Notre obsession est que les jeunes du Sud de la Méditerranée apprennent pour ne pas répéter les erreurs de leurs voisins. Nous devons passer les bons relais. Et surtout, nous ne pouvons plus plaider l'absence de données !", souligne Stéphane Pouffary, directeur général et fondateur d'Energies 2050.

L'Union pour la Méditerranée (UpM) se penche aussi sur la question avec la volonté de "soutenir tous les Etats membres de l'UpM dans la mise en oeuvre de l'Accord de Paris et la préparation de leurs contributions déterminées au niveau national en promouvant une compréhension précise du contexte régional de l'UpM et des synergies et complémentarités possibles entre les politiques et les mesures nationales dans la région", commente Arnault Graves, Conseiller senior pour l'action climat à l'UpM.
Ceci passe notamment par le projet MedECC, le premier rapport d'évaluation des impacts liés au climat en Méditerranée à prendre en compte par la communauté scientifique et les décideurs, mais aussi, depuis 2019, Clima-Med. Développée dans huit pays (Algérie, Egypte, Israël, Jordanie, Liban, Maroc, Palestine, Tunisie), cette action, la première du genre labellisée UpM, soutient la transition vers un développement durable, sobre en carbone et résilient au changement climatique. Ses concepteurs entendent "améliorer la sécurité énergétique et la capacité d'adaptation des pays partenaires pour favoriser leur transition" et ainsi "contribuer à la création de contextes socio-économiques plus stables, efficaces, compétitifs". Clima-Med, dépendant du programme "Sécurité énergétique et action pour le climat dans le voisinage méridional" adopté par la Commission européenne en 2017, doit durer quarante-huit mois, jusqu'à juin 2022 pour un montant de 6,9 M€.

Convaincre les jeunes d'entreprendre de façon différente

Pour Patrick Klein, l'entrepreneuriat social est une solution pertinente (photo : F.Dubessy)
Pour Patrick Klein, l'entrepreneuriat social est une solution pertinente (photo : F.Dubessy)
Reste que "le grand retard pris sur l'Agenda 2030 est indéniable", comme l'explique la Marocaine Hajar Khamlichi. Pour la présidente de l'association Mediterranean Youth Climate Network (MYCN), "si on le veut tous, on le peut tous !" Son mouvement, né en juillet 2016 pendant la COP 22 à Marrakech, travaille au lancement d'un Observatoire de l'entrepreneuriat social et environnemental en Méditerranée qui ciblera principalement les femmes et les jeunes. Il prendra le nom de Med-Dynamics et est l'un des projets, porté en collaboration avec le Femise et Altafemina, qui sera soumis au Sommet des deux-rives (Marseille, le 24 juin 2019).

L'entrepreneuriat social se développe autour de trois réalités : l'accès au financement (avec des réseaux de banques dédiées et les fonds européens), l'accès au marchés publics avec de plus en plus de clauses sociales, et les relations de travail avec les entreprises traditionnelles passant par leur apport en innovation et l'impact de la digitalisation. "Il faut aider la jeunesse, dans le cadre de formations particulières, à les orienter vers l'entrepreneuriat sociale et solidaire, les convaincre d'entreprendre de façon différente", indique Patrick Klein, gestionnaire de politiques en charge de l'ESS à la Commission européenne. Pour lui, "l'entrepreneuriat social n'est peut être pas LA solution mais peut être une solution pertinente."

Réconcilier les jeunes avec le système éducatif

Astrid Desjobert et Samah Ben Dhia veulent renforcer l'inclusivité des jeunes et des femmes en Méditerranée (photo : F.Dubessy)
Astrid Desjobert et Samah Ben Dhia veulent renforcer l'inclusivité des jeunes et des femmes en Méditerranée (photo : F.Dubessy)
Autre thématique présente à la conférence annuelle du Femise, l'inclusivité des jeunes. Depuis vingt ans, à Marseille, l'Ecole de la seconde chance remet les personnes en échec scolaire sur les rails grâce à des modèles de formation assez courts, plus tournés vers l'apprentissage à travers des partenariats avec des entreprises. L'idée a depuis essaimé à travers neuf pays méditerranéens avec un bilan de 26 000 jeunes bénéficiaires et des échanges de bonnes pratiques d'une rive à l'autre. "Une centaine d'Ecoles existent en France, notre objectif est d'atteindre les mêmes résultats dans tous les pays méditerranéens", explique Astrid Desjobert, responsable du Réseau Méditerranée Nouvelle Chance et représentante de l'IECD (Institut européen de coopération et de développement). En France, les Ecoles enregistrent 60% de sorties positives (intégration d'une formation ou obtention d'un emploi), au Maroc, le taux atteint les 80% et au Liban les 98%. "Nous réussissons le pari des les réconcilier avec le système éducatif", se félicite Astrid Desjobert.

Samah Ben Dhia incite "la jeunesse à pousser les portes d'un réseau". Présidente d'Altafemina (400 adhérents dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur), la Marseillaise milite pour "la mixité et la solidarité dans la bienveillance et l'engagement." Son réseau, créé en 2013 dans la cité phocéenne, entend promouvoir et affirmer la place de la femme, favoriser et oeuvrer à leur présence dans les gouvernances. Il veut désormais essaimer dans les autres pays méditerranéens, à commencer par la Tunisie.

Lire : Le Femise appelle la Méditerranée à se convertir au développement durable 1/2

Mardi 18 Juin 2019

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