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Le Femise appelle la Méditerranée à se convertir au développement durable 1/2


Relations entre l'Union européenne et son voisinage, entrepreneuriat social et secteur privé ont rythmé les interventions de la conférence annuelle du Femise qui se tenait à Bruxelles.


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Les membres du Femise ont abordé le développement durable durant leur conférence annuelle (photo : F.Dubessy)
Les membres du Femise ont abordé le développement durable durant leur conférence annuelle (photo : F.Dubessy)
MEDITERRANEE. Réunis à Bruxelles les 13 et 14 juin 2019 pour leur conférence annuelle, les membres du Forum euro-méditerranéen des instituts de sciences économiques (Femise) se sont penchés sur le développement durable au sens large du terme dans la région méditerranéenne. Les différents intervenants ont en effet évoqué les rapports de l'Union européenne avec son voisinage et l'intégration commerciale, la contribution du secteur privé à la croissance et à la création de travail, le changement climatique et l'inclusivité (inégalités, jeunes, réfugiés et entrepreneuriat social).

Sur le premier point, une phrase d'Henry Marty-Gauquié, pourrait, à elle seule, résumer la situation : "L'Union européenne ne sera pas capable de formuler une offre sur les voisinages Sud et Est tant qu'elle n'aura pas renforcé sa cohésion." Pour le directeur honoraire de la Banque européenne d'investissement (BEI), "ce n'est pas la faute de la Commission européenne. Tout a été proposé et pas réalisé. Car, les Etats membres n'ont pas été capables d'accepter, ou de faire accepter, leurs opinions. L'absence de vision et d'offre politique créent les incertitudes et donc les populismes." Appelant à "refaire société", Henry Marty-Gauquié, nommé au nouveau Comité consultatif du Femise, insiste : "l'Union européenne a une responsabilité essentielle en Méditerranée pour créer un espace à la taille de la mondialisation."

Le Maghreb doit devenir un partenaire industriel

Zouhair El Kadhi, directeur général de l'Institut tunisien de compétitivité et des études quantitatives (ITCEQ), constate que "la Tunisie perd des parts de marché avec l'Union européenne (NDLR : qui représente 72,5% de ses exportations)" et "concentre ses exportations sur les secteurs les moins dynamiques à l'échelle mondiale, les biens à faible technologie." Il relève que "35% des exportations tunisiennes sont réalisées en début de chaîne, donc sans transformation structurelle." Selon lui, "le renouveau des relations entre le Nord et le Sud de la Méditerranée passe davantage par des solutions au Sud avec notamment de meilleures performances logistiques pour les transports internationaux et une nouvelle image du Maghreb."

Zouhair El Kadhi affirme que "le moment est venu de voir le Maghreb changer de statut. Pendant longtemps, il a été considéré comme un marché de consommation, un lieu d'extraction des matières premières, une main d'oeuvre abondante et bon marché et, plus récemment, une région d'instabilité politique." Il recommande "une nouvelle méthode de gouvernance de la Méditerranée qui accorde un rôle moteur à la société civile et au secteur privé pour construire des ponts entre les deux rives et limiter le rôle des Etats, souvent enclins à vouloir imposer leurs intérêts politiques (...) De voisin marginal avec une population jeune et bien formée, le Maghreb peut devenir un partenaire industriel et le laboratoire d'une nouvelle approche écologique de l'habitat et de la mobilité."

"Le problème n'est pas avec le start mais avec le up"

Les responsables du Femise vont poursuiivre leurs études sur le développement durable en Méditerranée. De gauche à droite : Constantin Tsakas (secrétaire général), Maryse Louis (directrice générale), Ibrahim Elbadawi (président) et Patricia Augier (présidente du comité scientifique) - (Photo : F.Dubessy)
Les responsables du Femise vont poursuiivre leurs études sur le développement durable en Méditerranée. De gauche à droite : Constantin Tsakas (secrétaire général), Maryse Louis (directrice générale), Ibrahim Elbadawi (président) et Patricia Augier (présidente du comité scientifique) - (Photo : F.Dubessy)
Concernant le secteur privé, l'accent a été mis sur les start-up et l'innovation. Alors que Taoufik Abbad, chef de service à la Direction des études et des prévisions financières (DEPF) du ministère marocain de l'Economie et des Finances, reconnait qu'au Maroc, "le problème n'est pas avec le start mais avec le up", Samir Abdelkrim, fondateur de StartupBRICS.com et d'Emerging Valley, valide en estimant que "les start-up meurent à cause du manque d'accompagnement et du manque de financement." Pourtant, comme il le prouve, les avancées sont extraordinaires. "En 2010, l'ensemble du continent africain comptait moins de cinquante espaces d'innovations comme les incubateurs ou les accélérateurs. Aujourd'hui, il en totalise plus de 600. Un développement assuré par les entrepreneurs eux-mêmes et pas par les pouvoirs publics." De même, selon Samir Abdelkrim, "en cinq ans, le niveau des levées de fonds a progressé pour atteindre le miliard d'euros en 2018. Ceci est un premier pas mais reste insuffisant."

Patricia Augier, présidente du comité scientifique du Femise et coordinatrice Femise-Institut de la Méditerranée, note que "le secteur privé manque de dynamisme." Dans la région Méditerranée, il a progressé de 4,1% en moyenne sur vingt ans, contre 5,1% dans les autres pays en développement et 7,9% en Asie. "Le secteur privé a toujours été le parent pauvre dans les pays du Sud de la Méditerranée. Il y a urgence à créer des emplois, pour les jeunes en particulier", précise la co-auteure (avec Constantin Tsakas, Sami Mouley, Karine Moukaddem et Jocelyn Ventura) du rapport Euromed 2019 du Femise. Intitulé "Le secteur privé dans les pays méditerranéens - Principaux dysfonctionnements et opportunités de l'entreprenariat social", ce document de 179 pages a été présenté en avant-première lors de la réunion de Bruxelles.

Constantin Tsakas, secrétaire général du Femise et directeur général de l'Institut de la Méditerranée, souligne les trois challenges que permettent de relever l'entrepreneuriat social : "celui de l'emploi, de l'informalité et du manque de diversification." Il cite comme exemple la Grande-Bretagne où " En 2015, 59% des entreprises sociales ont apporté un nouveau produit ou un nouveau service contre seulement 38% des Pme." Et d'en conclure, "même si le développement des entreprises sociales relève d'un long processus, le potentiel et les opportunités offerts par les pays méditerranéens peuvent être utilisés pour faire de  l'entrepreneuriat sociale un élément essentiel de la politique de développement économique et social."

Lire la seconde partie de notre article sur la conférence annuelle du Femise à Bruxelles.


Lundi 17 Juin 2019

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