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Le FMI veut renforcer l'équité dans la croissance économique en Afrique du Nord


Dans une note concernant l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient, le Fonds monétaire international préconise aux gouvernements de "s'efforcer de mener les réformes en veillant à l'équilibre social, de façon progressive",



Le FMI veut relever le niveau de vie des habitants d'Afrique du Nord (photo : F.Dubessy)
Le FMI veut relever le niveau de vie des habitants d'Afrique du Nord (photo : F.Dubessy)
AFRIQUE DU NORD. Ne souhaitant pas que "le processus de réforme économique en cours fasse marche arrière", le Fonds monétaire international (FMI) va organiser une conférence régionale à Marrakech (29 et 30 janvier 2018) en coopération avec le Fonds monétaire arabe pour le développement économique et social et les autorités marocaines.

Publiée jeudi 18 janvier 2018 et concernant l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient, une note de Jihad Azour, directeur du département Moyen-Orient et Asie centrale au FMI, laisse déjà appréhender les lignes directrices du discours de l'institution.

Le FMI préconise "aux gouvernements de s'efforcer de mener les réformes en veillant à l'équilibre social, de façon progressive, et surtout, ils doivent tenir la promesse d'une vie meilleure pour tous, et plus particulièrement pour les personnes pauvres et vulnérables." Tout en insistant au préalable sur le fait que "les réformes sont essentielles pour régler les problèmes fondamentaux qui minent depuis très longtemps de nombreux pays de cette région : croissance faible, chômage élevé et corruption endémique".

Facteur aggravant, "la faiblesse persistante de la productivité et l’omniprésence de la corruption entravent également les performances économiques de la région. En conséquence, de nombreux pays connaissent une situation budgétaire extrêmement compliquée, qui les oblige à faire des choix très difficile". Selon Jihad Azour, ancien ministre libanais des Finances (entre 2005 et 2008), "l’irresponsabilité budgétaire n’est pas seulement déraisonnable : elle est aussi injuste. La difficulté est de mener les ajustements nécessaires de façon équilibrée, à un rythme approprié, et en tenant compte des circonstances propres à chaque pays. Le FMI peut y contribuer", insiste-t-il.

Un socle sain pour une croissance économique durable

Les habitants réclament plus d'équité (photo: F.Dubessy)
Les habitants réclament plus d'équité (photo: F.Dubessy)
Le FMI veut aider les gouvernements d'Afrique du Nord à créer des emplois (en particulier dans le secteur privé), relever le niveau de vie de leur population et promouvoir une croissance économique durable et l'équité que réclament les habitants de la région. "Mais, pour obtenir ces résultat, les pays doivent se doter d'un socle économique sain, ce qui implique de maîtriser l'endettement et l'inflation, ainsi que d'encourager l'investissement et l'activité économique".

Pour Jihad Azour, cinq types de réformes demeurent prioritaires : réduire le corruption, promouvoir une concurrence loyale grâce au commerce extérieur et à une meilleure réglementation, et améliorer l'accès au crédit pour permettre aux Pme et aux nouvelles entreprises de se développer; investir dans les compétences nécessaires pour la nouvelle économie, en particulier chez les jeunes travailleurs, en modernisant l'enseignement et la formation et les aider à trouver un emploi; offrir des perspectives à chacun au moyen de politiques budgétaires équitables et porteuses de croissance, ainsi que d'une fiscalité juste; renforcer les droits des femmes et répondre aux besoins des réfugiés en matière d'alimentation, de logement, d'éducation et de travail.

La méthode diffère cependant selon les pays. Ainsi en Algérie, où les marges de manoeuvre reste importantes, le FMI recommande de réduire les déficits à une cadence modérée. Par contre, dans ceux où le dette publique se trouve déjà élevée - et poursuit sa progression -, comme la Tunisie et l'Égypte, l'institution fournit des financements pour aider à atteindre un ajustement budgétaire plus progressif que ce qui aurait été possible autrement, et à un taux d'intérêt plus bas. Le FMI attend aussi que d'autres créanciers étrangers s'impliquent dans la fourniture de fonds, de préférence sous forme de dons pour dégager des marges supplémentaires.

Le FMI se réjouit cependant de la progression des pays d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient depuis le Printemps arabe. "Globalement, la région a maintenu la stabilité macroéconomique, en dépit de circonstances très difficiles, la croissance est en hausse, l'inflation se stabilise et, dans la plupart des pays, l'endettement ralentit. (...) autre bon signe, les dirigeants de la région donnent de plus en plus la priorité à la croissance et à l'emploi ", précise la note publiée.

L'exemple du Maroc

Dans un autre rapport, paru vendredi 19 janvier 2018, le FMI a félicité les autorités marocaines pour leur politique économique. " La récente introduction d'une plus grande flexibilité dans les taux de change va permettre de renforcer davantage la position extérieure du Maroc, d'améliorer la capacité de l'économie a absorber des chocs extérieurs et préserver sa compétitivité", indique le texte.

Mitsuhiro Furusawa, directeur général adjoint du FMI, insiste cependant sur la nécessité de "rendre plus inclusive" la croissance. "Pour "réduire les niveaux toujours élevés de chômage, notamment chez les jeunes, augmenter la participation des femmes à la population active et réduire les disparités régionales, il faudra de nouvelles mesures pour développer l'éducation, la gouvernance et les réformes du marché du travail tout en améliorant le climat des affaires et soutenir une croissance davantage tirée par le secteur privé".





Lundi 22 Janvier 2018



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