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Le FMI préconise ajustement et réformes structurelles à l’Algérie


Rédigé le Mercredi 16 Mars 2016 à 09:25 | Lu 3251 commentaire(s)

A l’issue de la mission du FMI qu’il a conduite à Alger du 1er au 14 mars 2016, le conseiller au département Moyen-Orient et Asie auprès de l’institution de Bretton Woods conseille à l'Algérie de réduire ses mesures d'ajustement des prix de certains produits.


Jean-François Dauphin, nouveau chef de mission en Algérie du FMI. (photo JFD)
Jean-François Dauphin, nouveau chef de mission en Algérie du FMI. (photo JFD)
ALGERIE. Face aux difficultés financières auxquelles l’Algérie doit faire face, la FMI salue la loi de Finances 2016 et, plus généralement, les efforts fournis par le gouvernement en matière de réformes et de consolidation budgétaire.

Fidèle au crédo libéral de l’institution de Washington, le chef de sa mission, Jean-François Dauphin, a incité les autorités algériennes à profiter de l’aisance financière relative du pays pour réformer progressivement et "amortir les effets de l’ajustement" .

Rappelant que l’équilibre du budget algérien implique que le baril de pétrole atteigne 110 dollars, soit près de trois fois son prix actuel, il a appelé à "refonder le modèle de croissance… avant qu’un ajustement plus rapide devienne inévitable".

Dans ce cadre, le FMI réitère son engagement en faveur d’une réforme des subventions aux catégories sociales les plus pauvres, une ouverture plus profonde de l’économie algérienne aux produits étrangers, une amélioration du climat des affaires et "un meilleur alignement du dinar sur les fondamentaux" .

La politique d’endettement interne du gouvernement Sellal qui s’apprête à lancer un emprunt obligataire d’Etat au mois d’avril n’enthousiasme pas Jean-François Dauphin qui craint que les capitaux engrangés ne servent qu’à couvrir le déficit budgétaire. Il préfère un recours à l'endettement extérieur qui permettrait de "minimiser cet effet d'éviction sur l'économie".

Une situation financière dégradée

Entamée en juillet 2014, la courbe descendante des cours pétroliers sur le marché mondial s’est poursuivie et accentuée en 2015. Elle a entrainé une chute de 40% des revenus d’exportation de l’Algérie qui ont atteint 37,787 mds $ en 2015. Le maintien concomitant d’un niveau élevé d’importation de l’ordre de 51,501 mds $ débouche sur un déficit de la balance commerciale de 13,71 mds $.

Le déficit du compte courant de la balance des paiements atteint 20,05 mds $ pour les seuls neuf premiers mois de 2015. Le déficit budgétaire a lui doublé par rapport à l’année 2014, pour atteindre 16% du PIB en 2015.

Les réserves de change de l’Algérie, 195 mrds $ en mars 2014, ont amorcé depuis une inexorable chute: 179 mds $ à la fin de 2014, puis 143 mds $ à fin décembre 2015, soit un recul de 36 mds $.
Le FMI demande à l'Algérie d'améliorer "d'améliorer le climat des affaires". Photo GT
Le FMI demande à l'Algérie d'améliorer "d'améliorer le climat des affaires". Photo GT

Vers un "nouveau modèle économique"

Le gouvernement reprendra-t-il à son compte toutes les suggestions du FMI ? Le premier ministre Abdelmalek Sellal a annoncé récemment que son gouvernement mettrait en œuvre un nouveau modèle économique à compter du mois d’avril 2016.

Si la loi de Finances 2016 constitue indéniablement un tournant libéral qui va dans le sens du souhait du FMI, il semble peu probable que l’exécutif algérien suive toutes les recommandations de l’institution de Bretton Woods. Pris entre le marteau et l’enclume, il envoie des signaux différents. Affirmant plus que jamais le caractère libéral de sa politique à travers la nouvelle Constitution de février 2016, le gouvernement entend parallèlement préserver son caractère social ainsi que la propriété de la puissance publique sur les richesses et secteurs stratégiques du pays.

Pour lutter contre l’évasion et la fraude fiscale, la Banque d’Algérie a émis une directive visant à contrôler et réduire de 15% en 2016 les importations qui ont explosé depuis une dizaine d’années. Le ministre des Finances, Abderrahmane Benkhalfa, a tenté de son côté de rassurer le FMI en précisant le 15 mars 2016 que l’argent de l’emprunt obligataire serait utilisé à des fins économiques.
 




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