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Le FMI demande aux autorités libanaises de se mettre d'accord sur un plan de sauvetage


Le Liban s'enfonce dans la crise économique et sociale et ne peut recevoir l'aide du Fonds monétaire international car les acteurs politiques et financiers n'arrivent pas à s'accorder sur le plan de sauvetage présenté par le gouvernement.


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Le premier ministre libanais Hassan Diab n'arrive pas à imposer son plan de sauvetage indispensable pour obtenir l'aide du FMI (photo : Gouvernement libanais)
Le premier ministre libanais Hassan Diab n'arrive pas à imposer son plan de sauvetage indispensable pour obtenir l'aide du FMI (photo : Gouvernement libanais)
LIBAN. Défaut de paiement depuis mars 2020   et pour la première fois de son histoire (avec une dette à l'époque de 166% de son PIB), cours de la monnaie au plus bas sur le marché des changes, explosion de l'inflation, gestion des 1,5 million de réfugiés syriens, restrictions bancaires drastiques sur les retraits et transferts à l'étranger... le Liban ne cesse de s'enfoncer dans la crise économique et sociale, sans trouver de parade. En cause, le système particulier de gouvernance du pays marqué par les luttes incessantes entre les différentes factions au pouvoir rendant difficile toute prise de décision. 45% des Libanais vivent au-dessous du seuil de pauvreté et 35% de la population active du pays se trouve au chômage. Au point qu'un mouvement de contestation, débuté en octobre 2019, se poursuit, réclamant le départ des politiques accusés de corruption. Sans compter, bien entendu, que les conséquences de la Covid-19 se sont ajoutés à cette situation déjà catastrophique.

Selon une étude de la Berd, publiée en mai 2020, le PIB 2020 du Liban pourrait chuter à -11% contre -6% prévu avant l'arrivée du coronavirus.

Le Fonds monétaire international (FMI) est venu au chevet de ce pays de 4,5 millions d'habitants à la demande du nouveau premier ministre Hassan Diab, nommé fin décembre 2019. Il tient à sa disposition un chèque, dont la signature demeure conditionnelle, d'environ 10 mrds$ (8,7 mrds€).

Un plan de sauvetage acté mais pas actif

Depuis fin avril 2020, un plan de sauvetage a même été proposé et voté par le gouvernement. Mais, depuis le début des négociations voici deux mois, les dissensions internes ne permettent pas d'avancer et empêchent l'application des réformes nécessaires pourtant urgentes. Principal point d'achoppement, la répartition des pertes entre l'Etat (banque centrale) et ses créanciers (banques locales particulièrement). Le gouvernement libanais les estime à 241 000 milliards de livres libanaises (quelque 60 mrds€).
Au point qu'Alain Bifani, directeur général du ministère libanais des Finances, en charge des négociations avec le FMI, a démissionné en juin 2020 face à l'impasse. Il a justifié cette décision en évoquant des "intérêts particuliers" pour faire échouer le plan du gouvernement. Dans un entretien accordé au Financial Times, Alain Bifani révélait que 6 mrds$ avaient été sortis de manière illégale du Liban par des responsables bancaires depuis octobre 2019.
L'acceptation de sa démission a encore été différée mardi 14 juillet 2020 en conseil des ministres.

Lundi 13 juillet 2020, le FMI a donc tapé du poing sur la table en exigeant une entente au plus vite, alors que le pays se trouve au fond du gouffre. "Il est très important que les autorités s'unissent autour du plan du gouvernement. De notre côté, nous sommes prêts à travailler avec les autorités pour améliorer le plan là où c'est nécessaire", souligne Athanasios Arvanitis. Le directeur adjoint de l'institution pour le Moyen-Orient et l'Asie centrale avoue craindre que "les tentatives pour réduire le montant des pertes et pour reporter à plus tard les décisions difficiles ne fassent qu'augmenter le coût de la crise en retardant la reprise."

Une dette à 183% du PIB

Déjà, en juillet 2019, dans les conclusions de sa mission de consultation 2019, le FMI indiquait que "le nouveau gouvernement a l’opportunité de mettre en œuvre des réformes fondamentales pour rééquilibrer l'économie du Liban. Sa position de départ est difficile, avec notamment un double déficit important, une dette publique élevée et une faible croissance. Il a déjà adopté un projet crucial de réforme du secteur de l'électricité et travaille maintenant sur un budget qui réduira le déficit budgétaire. Ces premières initiatives très louables s'inscrivent dans une longue trajectoire vers la viabilité et la croissance qui devra passer par d’importants ajustements budgétaires supplémentaires et des réformes structurelles radicales afin d'améliorer la gouvernance et le climat des affaires au Liban."

Voici un an, l'institution de Bretton-Woods conseillait alors an aux autorités libanaises d'agir sur trois leviers : "un plan budgétaire à moyen terme crédible visant à dégager un excédent primaire élevé et durable qui permettrait de réduire de façon continue le ratio dette publique/PIB;  des réformes structurelles fondamentales pour stimuler la croissance et la compétitivité extérieure, en commençant par une amélioration de la gouvernance et la mise en œuvre du plan de réforme du secteur de l'électricité et des recommandations formulées dans la Vision économique du Liban; des mesures destinées à accroître la résilience du secteur financier en renforçant le bilan de la Banque du Liban et en continuant à augmenter les volants de fonds propres des banques."

Aujourd'hui, selon le FMI, le ratio dette/PIB du pays atteindrait les 183%. Les négociations entre l'institution et le gouvernement libanais ont reprises vendredi 10 juillet 2020 après une suspension due à une divergence sur les chiffres estimés des pertes.

Mercredi 15 Juillet 2020

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