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Le FEMISE fait le pari de l’économie sociale et solidaire



Considérée comme une « autre voie » par rapport à l’économie de marché traditionnelle, l'économie sociale et solidaire (ESS) vise à favoriser l’employabilité et l’inclusivité. Le dernier rapport du Forum euro-méditerranéen des Instituts de Sciences économiques (FEMISE) suggère l’introduction d’un cadre réglementaire et d'une fiscalité incitative pour ce secteur prometteur dont le potentiel n’est pas suffisamment exploité.


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L’ESS pourrait générer jusqu’à 4% des emplois dans les pays du Sud de la Méditerranée. (Photo Taysir)
L’ESS pourrait générer jusqu’à 4% des emplois dans les pays du Sud de la Méditerranée. (Photo Taysir)
MÉDITERRANÉE. Injecter de la moralité, des valeurs dans une économie qui a montré ses limites… L’ESS pourrait générer jusqu’à 4% des emplois dans les pays du Sud de la Méditerranée. Le secteur se structure essentiellement autour du tissu associatif (e.g. associations de micro crédit solidaire au Maroc), coopératif (e.g. coopératives de pêche en Egypte) et des mutuelles. Cet « outil d’innovation socio-économique » permettrait de financer des projets à fort impact social dans les secteurs de l’habitat, de l’artisanat, de la formation, de l’agriculture...

Préparé dans le contexte de sa collaboration avec la BEI, le rapport du FEMISE, intitulé « Économie sociale et solidaire : vecteur d’inclusivité et de créations d’emplois en Méditerranée », analyse la situation de ce secteur dans trois pays (Egypte, Maroc, Tunisie) et explore de nouvelles voies pour le développer.   

Toutefois, favoriser l’économie sociale et solidaire constitue un processus long impliquant, selon le Femise, l’intervention des pouvoirs publics —pour bâtir un cadre juridique et fiscal— et des acteurs privés pour accompagner et financer les projets à fort impact social et de développement. 

Une banque éthique par pays et des investissements à impact social

L’« impact investing » permet de faire « coexister la création de valeur économique avec la création de valeur sociale ». (Photo Taysir)
L’« impact investing » permet de faire « coexister la création de valeur économique avec la création de valeur sociale ». (Photo Taysir)
« Nous proposons la création d’une banque éthique dans chaque pays comme catalyseur de changement (…), le développement d’outils de financement et de soutien à l’économie sociale », suggère le rapport citant l’exemple de Banca Etica en Italie, véritable interface entre les banques traditionnelles et les structures de l’ESS. Ces établissements pourraient alors disposer d’une série d’instruments de financement à rentabilité modérée (titres, contrats d’apports, fonds d’amorçage associatifs). 

Pour construire un écosystème cohérent, coordonné, efficace de l’ESS, le Femise suggère de généraliser l’« impact investing » qui permet de faire « coexister la création de valeur économique avec la création de valeur sociale ». Ceci en développant un dispositif qui permet de faire correspondre les investissements à impact social aux besoins des entreprises ESS. Ce dispositif pourrait étendre le champ des « instruments traditionnels » et financer des activités qui ont été longuement négligées. Il pourrait devenir une véritable réponse au défaut de financement des structures de l’ESS, une solution complète pour accélérer le développement de la finance sociale.


Le rapport « Économie sociale et solidaire : vecteur d’inclusivité et de créations d’emplois en Méditerranée » sera présenté le 8 novembre 2014 à Marseille lors de la Semaine économique de la Méditerranée.

Cliquez pour visualiser le programme.

Lundi 3 Novembre 2014