Econostrum | Toute l'actualité économique en Méditerranée


Le Conseil de sécurité de l'Onu retarde le vote d'une résolution sur le Sahara occidental


Les États-Unis, rédacteurs d'une résolution sur le Sahara occidental, ont décidé de reporter son vote au Conseil de sécurité de l'Onu pour poursuivre les négociations sur ce texte. Il vise notamment à renouveler la mission de la Minurso, force de paix des Nations unies.


            Partager Partager

SAHARA OCCIDENTAL. Le Conseil de sécurité de l'Onu devait procéder mercredi 25 avril 2018 au vote d'une résolution concernant le Sahara occidental. Les États-Unis, rédacteurs du texte et négociateurs sur ce dossier, ont décidé de le reporter sans donner de date.

Selon plusieurs médias marocains (Telquel, Le Desk...), l'Ethiopie et la Russie auraient dénoncé un texte "manquant d'équilibre" car "donnant plus d'importance à la position marocaine".

Au centre de la résolution proposée figurait le renouvellement pour un an de la Minurso, la mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental dont le mandat s'achève le 30 avril 2018.
Créée le 29 avril 1991 (résolution 690), cette force de paix est basée à Laayoune depuis septembre de la même année pour surveiller le cessez-le-feu entre le Front Polisario et le Maroc et, comme son nom l'indique, organiser un référendum pour décider du futur statut du territoire (indépendance ou intégration au Maroc). Elle dispose d'un effectif de 483 personnes - dont 245 en uniforme - et d'un budget annuel de 52,51 M$.

Le report du vote de la résolution est motivé par la volonté de "poursuivre les consultations" selon des diplomates cités par l'AFP. Ce texte demande "aux Etats voisins d'accentuer leur implication dans les négociations et de remplir leur rôle essentiel et spécial en soutien du processus politique". L'Algérie, soutien du Front Polisario est clairement visée. Le pays frontalier a toujours refusé de prendre part à des négociations directes jugeant, comme l'indique Abdelkader Messahel, qu'il s'agit "d'une affaire entre le Maroc et le peuple sahraoui (...) et entre le Maroc et les décisions des Nations unies." Le chef de la diplomatie algérienne affirme "soutenir les droits légitimes du peuple sahraoui" mais insiste sur le fait que ce dossier "n'est pas un affaire entre l'Algérie et le Maroc."

L'Onu - qui sollicite la "reprise des négociations sans préconditions et de bonne foi" - entend parvenir à une "solution politique mutuellement acceptable".

Sur le terrain la tension continue

Un mur de sable sépare le Sahara occidental dusud-est marocain (photo : ONU Evan Schneider)
Un mur de sable sépare le Sahara occidental dusud-est marocain (photo : ONU Evan Schneider)
Jeudi 19 avril 2018, la Minurso indiquait refuser de rencontrer les responsables du Polisario en dehors de Rabbouni (Algérie), lieu où se tiennent habituellement ces réunions. Les Sahraouis proposaient les villes de Bir Lahlou ou Tifariti, situées en dehors de la zone tampon, à l'Est du dispositif de défense. Le 16 mars 2018, à proximité du site de la base d'opérations de Tifariti, des observateurs militaires de la Minurso avaient été stoppés par des membres armées du Front Polisario par des coups de feu tirés en l'air. Puis avaient pu reprendre normalement leur patrouille après discussion. Une incartade condamnée par le commandant local du Front Polisario dénonçant "une action non autorisée des soldats impliqués" contre lesquels des mesures disciplinaires seraient prises.

Territoire non autonome au statut non encore défini selon l'Onu et partie intégrante du Maroc selon Rabat, le Sahara occidental (266 000 km²) se déchire depuis la fin de la colonisation espagnole et sa prise de contrôle en 1975 par le Maroc. En 1976, le Front Polisario a proclamé une République arabe sahraouie démocratique (RASD) et s'est engagé dans un conflit contre le troupes marocaines. Sous l'impulsion de l'Onu, un cessez-le-feu a été signé entre les deux adversaires en 1991. Il a connu plusieurs entorses depuis quelques années et la tension est au plus haut depuis quelques semaines.

Début avril 2018, Rabat s'est plaint d'une nouvelle incursion de combattants du Front Polisario dans la zone tampon définie comme neutre et plus précisément dans la ville de Mahbes au Nord-Est du Sahara occidental. Cette accusation démentie par les représentants de la RASD ainsi que par la Minurso a déclenché de nouveau une guerre verbale entre le Maroc et l'Algérie.

Fin février 2017, les troupes marocaines avait évacué unilatéralement la zone tampon entre le poste frontalier de Guerguerat et la Mauritanie alors qu'elles se trouvaient à moins de 120 mètres de celles du Front Polisario sous la surveillance de la Minurso depuis septembre 2016. Ceci avait évité toute escalade militaire.

Les dernières négociations directes entre les parties remontent à 2012. En août 2017, un nouvel émissaire de l'Onu, Horst Koehler, est en charge de les reprendre d'ici la fin 2018.


Mercredi 25 Avril 2018

Lu 3448 fois




Droits d'auteur et/ou Droits sur les Dessins et Modèles
Le présent site constitue une œuvre dont Econostrum.info est l'auteur au sens des articles L. 111.1 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. La conception et le développement dudit site ont été assurés par la société Econostrum.info. Les photographies, textes, slogans, dessins, images, vidéos, séquences animées sonores ou non ainsi que toutes œuvres intégrées dans le site sont la propriété d'Econostrum.info. Les reproductions, sur un support papier ou informatique, du dit site et des œuvres qui y sont reproduits sont interdites sauf autorisation expresse d'Econostrum.info.



Suivez-nous
Facebook
Twitter
Rss
YouTube


Actus par zones

Algérie Bosnie-Herzégovine Égypte Espagne France Grèce Israël Italie Jordanie Liban Libye Maroc Portugal Syrie Tunisie Turquie Europe MENA



RÉFLEXION

La Syrie, symbole du retour triomphant de la Russie au Moyen-Orient...
et après ?

Roland Lombardi, consultant indépendant, associé au groupe d’analyse de JFC Conseil
avis d'expert


LE Guide euroméditerranéen des financements et de la coopération 2019
Guide euroméditerranéen des financements et de la coopération
 30,00 € 
  Prix Spécial | 19,00 €
FICHES FINANCEMENT - FICHES PAYS - ANNUAIRE