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La transition énergétique confrontée à la crise mondiale



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La transition énergétique confrontée à la crise mondiale

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Le rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) publié fin mai lance un cri d'alarme. « La pandémie de Covid-19 a des effets généralisés et souvent dramatiques sur les investissements dans le secteur de l'énergie », explique le document. « Covid-19 est un énorme choc pour le système énergétique, mais la réponse offre également une opportunité d'orienter le secteur de l'énergie sur une voie plus résiliente, sûre et durable ».
 
Publié chaque année, le World Energy Investment ne se contente pas d'établir un bilan de 2019. Le rapport prend également en compte les cinq premiers mois de 2020.
 
L'AIE estime que la récession économique va se traduire par une baisse de 11% des investissements dans les technologies liées aux énergies renouvelables, à l'efficacité énergétique, au stockage de l'électricité. Pour tenir les engagements pris afin de réduire le réchauffement climatique, l'AIE affirme qu'il faudrait au contraire les doubler. Les réseaux, indispensables en matière d'énergies renouvelables, souffrent également avec une réduction de 9% des investissements.
 
Seule note optimiste d'un point de vue écologique, le confinement a provoqué une chute des cours de pétrole et en cascade un recul jamais observé des investissements dans la recherche et l'extraction d'énergies fossiles, avec par exemple -50% pour le pétrole et le gaz de schiste aux USA ou encore -50% en Algérie.

Centrales à charbon

La transition énergétique confrontée à la crise mondiale

Dans le secteur de l'électricité, la demande a reculé de plus de 20% pendant les périodes de confinement, « mais la part des énergies renouvelables dans l'approvisionnement en électricité a augmenté, car leur production n'est pas affectée par la demande » selon l'agence. « Les décisions finales d'investissement (FID) pour les nouveaux projets éoliens et solaires à échelle industrielle ont ralenti au premier trimestre de 2020, pour revenir aux niveaux de 2017. La crise entraîne un nouveau recul de 9% des dépenses mondiales estimées pour les réseaux électriques, qui avaient déjà baissé de 7% en 2019.

En 2020, « les émissions mondiales de CO 2 devraient diminuer de 8%, soit près de 2,6 Gt, par rapport aux niveaux d'il y a dix ans », affirme l'AIE. « Une telle réduction en glissement annuel serait la plus importante jamais enregistrée, six fois plus importante que celle causée par la crise financière mondiale de 2008 ».

Mais l'AIE constate parallèlement un doublement du nombre de nouvelles centrales électriques à charbon. « Bien que les investissements dans le charbon soient en baisse dans de nombreuses régions du monde, les approbations mondiales de nouvelles centrales au premier trimestre 2020 (principalement en Chine) étaient deux fois plus élevées qu'en 2019, et il y a un long pipeline de projets en construction ».

Compte tenu de ces évolutions, l'AIE prévoit que les émissions de CO2 mondiales vont repartir à la hausse dès 2021 si les États laissent faire le marché et si les plans de relance économique ne donnent pas la priorité à la transition énergétique.
 
L'avenir s'annonce compliqué. « Les recettes publiques liées à l'énergie - en particulier dans les principaux pays exportateurs de pétrole et de gaz - ont été profondément affectées, avec des répercussions sur les budgets disponibles pour les entreprises énergétiques publiques » averti l'AIE.
 

Vendredi 17 Juillet 2020


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