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La seconde vie de l’eau dépend de la perception des usagers



MÉDITERRANÉE. La réutilisation des eaux usées traitées (Reut) en irrigation s’imposera comme une nécessité, au moins au Sud de la Méditerranée. Pourtant les freins aux projets de Reut sont nombreux, mais peuvent être levés, nous apprend le consultant Nicolas Condom.


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Pour le consultant Nicolas Condom la condition du succès c’est d’abord le partage de connaissances compréhensibles par tous les acteurs (photo NC)
Pour le consultant Nicolas Condom la condition du succès c’est d’abord le partage de connaissances compréhensibles par tous les acteurs (photo NC)
« La réutilisation des eaux usées domestiques traitées pour l’irrigation constitue une problématique complexe. Un des principaux freins réside dans le manque de langage communément compréhensible à la fois par les porteurs de projets et les utilisateurs potentiels. Ils ne se comprennent pas » constate Nicolas Condom.
 
Consultant international à Ecofilae  (Montpellier, France), Nicolas Condom, avec Marianne Lefebvre et Laurent Vandome, a rédigé pour le Plan Bleu pour la Méditerranée un rapport d’étude portant sur « La réutilisation des eaux usées traitées en Méditerranée : retour d’expériences et aide à l’élaboration de projets ». L’étude propose une analyse des freins et des facteurs de réussite d’un projet de réutilisation.
 
L’enjeu apparait simple : « La réutilisation des eaux usées traitées constitue une alternative aux besoins d’eau dans un contexte de pénurie. Mais les freins sont importants » souligne le consultant. Les préoccupations sanitaires, les réglementations incomplètes et parfois trop restrictives bloquent toute évolution positive dans certains pays. Mais « les prévisions sur les ressources en eau rendent la prise de conscience incontournable » estime Nicolas Condom.

Un langage commun pour se comprendre

L’eau réutilisée en irrigation a une réelle valeur économique là où la ressource est rare (photo MN)
L’eau réutilisée en irrigation a une réelle valeur économique là où la ressource est rare (photo MN)
« Les déterminants sont essentiels » soutient l'étude. « Imaginer des solutions techniques pour collecter et traiter ces eaux usées et se préoccuper ensuite de leur destination peut induire l’échec de la démarche ». Le document recommande « une logique de l’usage. Cet objectif final doit générer la démarche en amont, pas l’inverse ».
 
L’étude plaide aussi, exemples à l’appui, pour une « recherche de solutions simples, reproductibles et spécifiques aux conditions locales ». Bref une démarche territoriale. Cette approche explique par exemple le  succès de la réutilisation des eaux usées traitées en Espagne, Israël, Jordanie ou Tunisie, où fleurissent les projets, avec un consensus dans la société.
 
Le principal frein à la Reut reste l’absence de connaissances partagées. « Les différents acteurs administratifs ne partagent pas toujours les mêmes analyses. Il semble donc indispensable de favoriser l’émergence d’un langage commun, d’un savoir compréhensible par tous et d'une approche participative ».
 
Les acteurs partageront peut-être alors mieux une évidence : l’eau usée réutilisée possède une valeur, surtout là où manque la ressource. Elle permet, en plus de son utilisation en irrigation, d'arroser les espaces verts, de recharger les nappes phréatiques (notamment les aquifères côtiers) et ainsi de lutter contre l'intrusion saline, évitant alors des coûts importants à la société. Cette valeur reste encore peu étudiée par les économistes. Ils trouveront là un champ à défricher, si possible avant que le stress hydrique ne devienne permanent autour de la Méditerranée.


English version

Article réalisé en partenariat avec Plan Bleu

Mardi 10 Avril 2012


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