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La rue algérienne réclame d'urgence une deuxième République



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ALGÉRIE. Etudiants, lycéens, enseignants, salariés du secteur pétrolier et gazier, journalistes, enseignants, fonctionnaires, avocats, magistrats ... pour la quatrième journée de grandes manifestations hebdomadaires débutées le 22 février 2019, les Algériens se sont pressés dans les rues des principales villes en ce vendredi 15 mars 2019. Mis à part le traditionnel panneau avec un "5" barré remplacé par un "4+" barré - pour protester contre le prolongement du quatrième mandat d'Abdelaziz Bouteflika - les mots d'ordre restent semblables. Tous réclament un vrai changement et une deuxième République algérienne. Maintenant, pas d'ici la fin de l'année ou dans un an comme promis.

Le message du président dès son retour de Suisse - où il a subi des examens médicaux - ne semble pas avoir porté. Il annonçait pourtant ne pas vouloir se représenter. Oui, mais dans le même temps, il repoussait l'élection présidentielle du 18 avril 2019 sans donner de date alors que son mandat doit s'achever légalement le 28 avril 2019. Après la liesse des manifestants le soir même, heureux d'avoir réussit une première victoire avec le renoncement d'Abdelaziz Bouteflika à occuper pendant encore cinq ans le fauteuil de chef de l'Etat, la gueule de bois a repris le dessus le lendemain matin. "On voulait des élections sans Boutef, on se retrouve avec Bouteflika et sans élection", souligne un manifestant. "Vous faites semblant de nous écouter, on fait semblant de vous écouter", indique un autre.

La journée de vendredi 15 mars 2019 s'avérait donc un test.

"Dégagez!"

El Watan soutient les manifestants (photo : Une de El Watan)
El Watan soutient les manifestants (photo : Une de El Watan)
L'intervention du nouveau premier ministre et de son vice-premier ministre pour justifier le report de l'élection présidentielle du 18 avril 2019 n'a pas réussi à calmer les ardeurs des opposants. Le Mouvement des Moudjahidine (anciens combattants), pourtant soutien depuis l'indépendance du pouvoir, s'est même joint au cortège des protestations.

Alors que le journal officiel publiait, jeudi 15 mars 2019, le décret annulant le scrutin, sans aucune référence constitutionnelle - et pour cause, il ne repose sur aucun fondement juridique ! -, Noureddine Bedoui et Ramtane Lamamra, lors d'une conférence de presse, ont tenté de temporiser en annonçant la formation d'un gouvernement "jeune" et "formé de technocrates". Une équipe chargée d'assurer la transition et même de rédiger une nouvelle constitution avant la fin de l'année 2019, après une conférence nationale destinée à recueillir les avis des Algériens. Le tout devant déboucher sur la fameuse élection présidentielle, à laquelle Abdelaziz Bouteflika ne se présentera pas et dont la date reste encore un mystère.

"Dégagez !". La une de El Watan du vendredi 15 mars 2019 symbolise le mécontentement de la population algérienne face à un clan qui semble prêt à tout pour conserver le pouvoir à leur chef de quatre-vingt deux ans affaibli par les séquelles d'un AVC depuis 2013. "On veut une Algérie illuminée par sa jeunesse, pas assombrie par sa vieillesse", affiche une pancarte dans la manifestation.

Le journal algérien écrit : "Toutes les manœuvres anticonstitutionnelles orchestrées ces derniers jours par les ‘décideurs’ au nom du président Bouteflika servent, au mieux, à gagner du temps pour sauver les intérêts des dignitaires du pouvoir, au pire, à tenter de confisquer la victoire de la révolution citoyenne pacifique contre l’autoritarisme et la corruption. Pour ce faire, les gens aux manettes comptent sur l’essoufflement des mobilisations".

Certains manifestants critiquent également la France. Les félicitations d'Emmanuel Macron après la décision d'Abdelaziz Bouteflika, réclamant toutefois "une transition d'une durée raisonnable", leur restent en travers de la gorge. "L'Elysée, stop ! On est en 2019, pas en 1830" indique une pancarte en référence à la date de la conquête de l'Algérie par la France.


Vendredi 15 Mars 2019

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