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La richesse mondiale des nations a progressé deux fois plus vite que celle des habitants en 20 ans


Dans son rapport sur la richesse mondiale des nations 2018, la Banque mondiale intègre pour la première fois le capital humain. Ce document révèle la poursuite des inégalités mais aussi balaient aussi certaines idées sur le capital naturel.



La richesse des nations a progressé de 66% entre 1995 et 2014 (graphique : Banque mondiale)
La richesse des nations a progressé de 66% entre 1995 et 2014 (graphique : Banque mondiale)
MONDE. La Banque mondiale révèle, mardi 30 janvier 2018 dans un rapport édité sous la direction de Glenn-Marie Lange, Quentin Wodon et Kevin Carey, qu'entre 1995 et 2014 la richesse mondiale est passée de 690 000 mrds$ (553 563 mrds€) à 1 143 000 mrds$ (917 000 mrds€).
En vingt ans, elle a donc augmenté de 65,65 %. Par contre, la richesse par habitant n'a connu qu'une hausse de 31% sur la même période.

Le rapport 2018 de la Banque mondiale, intitulé "The changing wealth of nations : building a sustainable future" ("L'évolution de la richesse des nations : Construire un avenir durable"), s'appuie sur l'étude de 141 pays. Ce pavé de 235 pages en Anglais prend en compte le PIB (Produit intérieur brut) mais également la production de capital (machines, équipements, bâtiments...), le capital naturel (forêts, terres arables, mines, hydrocarbures...) et les actifs nets à l'étranger.
Selon le document, le capital humain - pour la première fois pris en compte - représente environ 70% de la richesse dans les pays à revenu élevé et seulement 40% dans les pays à faible revenu. Les inégalités persistent, ainsi, dans les pays de l'OCDE à revenu élevé, la richesse par habitant se trouve cinquante deux fois supérieure à celle des pays à faible revenu.

Prendre mieux en compte le capital humain

La Banque mondiale suggère de renforcer le capital humain (photo : F.Dubessy)
La Banque mondiale suggère de renforcer le capital humain (photo : F.Dubessy)
Les pays de l'Afrique subsaharienne représentent l'exemple type de ce décalage à cause principalement d'une croissance démographique dépassant la croissance de l'investissement. Résultat, la richesse par personne n'a pratiquement pas évolué depuis 1995. Mais ceux du Moyen-Orient, principalement es monarchies pétrolières à cause de la baisse du prix du brut, commencent à connaître les mêmes problèmes. "Le déclin de la richesse par habitant est le signe d’un risque d’épuisement des actifs essentiels pour générer les revenus futurs, un point dont ne rendent bien souvent pas compte les chiffres de la croissance du PIB national", note la Banque mondiale.

Certaines nations riches de l'OCDE frappées par la crise financière de 2009 subissent le même phénomène avec une richesse par habitant qui se trouve même en baisse. Selon Jim Yong Kim, "si les pays renforcent et valorisent leur capital humain et leur capital naturel, tous pourront s'enrichir et progresser." Et le président de la Banque mondiale d'ajouter, "il ne peut y avoir de développement soutenu et solide si l'on ne considère pas le capital humain comme la composante principales de la richesse des nations.

Le capital naturel apporte la plus grande part de richesse dans les pays à faible revenu. Dans dix des vingt-quatre pays étudiés de l'OCDE, il contribue à plus de la moitié de la richesse du pays, principalement grâce aux terres agricoles et aux forêts. D'où "la nécessité de gérer le capital naturel afin qu'il augmente sa valeur pour les générations futures", précise le rapport. Dans les pays à revenu élevé de l'OCDE, la valeur du capital naturel s'affiche trois fois supérieure à celle des pays à faible revenu alors qu'il ne pèse que 3% de la richesse totale.

"En l’espace de deux décennies, plus d’une vingtaine de pays à faible revenu, dont la richesse se composait essentiellement de leur capital naturel en 1995, sont devenus des pays à revenu intermédiaire. Ils y sont parvenus en investissant les recettes issues du capital naturel dans des secteurs tels que l’infrastructure, mais aussi dans l’éducation et la santé, des secteurs qui accroissent le capital humain", précise le rapport. Selon Karin Kemper, directrice principale du pôle mondial d’expertise en Environnement et ressources naturelles de la Banque mondiale, "si la croissance repose sur la destruction progressive du capital naturel, tel que les forêts et les réserves halieutiques, alors elle ne sera pas durable. Nos recherches montrent que la valeur du capital naturel par habitant augmente à mesure que le revenu progresse. Cette observation contredit la vision traditionnelle selon laquelle le développement passe nécessairement par l'épuisement des ressources naturelles."

Le Maroc et son capital immatériel

La richesse du Maroc comparée à d'autres pays (graphique : Banque mondiale)
La richesse du Maroc comparée à d'autres pays (graphique : Banque mondiale)
Dans son chapitre 8, le rapport réalise un focus sur le capital immatériel comme moteur du développement du Maroc. "De 2005 à 2014, le Maroc a enregistré une forte croissance de la richesse par habitant de 45%, le positionnant au-dessus de bon nombre de pays de la région Mena (Moyen-Orient - Afrique du Nord) de niveaux de développement économique similaires", indique le document.

Cependant, pour la Banque mondiale, cette croissance masque des faiblesse. Lorsque l'augmentation de la population est prise en compte (Epargne nette ajustée - ENA), "la variation nette de la richesse réelle par habitant passe de 400 $ en 2005 à moins de 100 $ en 2014", souligne le document. Les rédacteurs suggèrent que si les inégalités de genre étaient corrigées (les femmes ne pèsent qu'environ 1/5e du capital humain total du Maroc), le niveau de richesse en capital humain pourrait augmenter de plus d'un tiers dans ce pays. Ils conseillent au Maroc d'investir davantage dans le développement de la petite enfance et dans l'amélioration de la qualité de son système éducatif.

Lire le rapport 2018 de la Banque mondiale sur la richesse des nations




Mercredi 31 Janvier 2018



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